9 mai 2010

Le lagon et la passe de Maupiti.

Levée à l'aube (6h), ce dimanche, je suis allée me balader sur la pointe du motu, côté océan avant le petit dej et me baigner.
Je constate les dégâts du cyclone OLI, il y a 3 mois.

Tous les cocotiers sont pliés, les miri sont grillés !

Cela a du souffler pas mal par ici.

Nelson,
le patron de la pension, nous balade sur le lagon de 9 h à 13 h ce dimanche.
Partis de la "fausse passe" au Nord, nous irons jusqu'à la passe du Sud.

Maupiti et ses rochers semble encore endormie.
En plein milieu du lagon, se trouve un banc de sable, bien découvert à marée basse.

Nelson y échoue le bateau.

et nous allons nous baigner.

Drôle d’effet d’avoir pied en plein milieu du lagon !

Attention quand même, dans le bleu plus foncé c’est 3 mêtres direct !
Mais quel bonheur de nager au milieu des grandes raies manta.

Elles se faufilent avec élégance dans les eaux peu profondes.
Nelson lâche une traîne et remonte une belle carangue bleue.

Trop jeune, il la relâche.

Un motu désert avec une belle plage, nous accueille pour le picnic.

C’est sandwich omelette-fromage. (assez courant comme sandwich dans les iles)
Avec petite Hinano bien glacée et mousseuse.
Une grue picore sur les rochers puis s’envole dès que je m’approche.

Je bavarde les pieds dans l’eau avec Nelson, qui me dit avoir créer sa première pension à Rurutu (îles Australes), avant de venir reprendre la suite de ses parents à Maupiti.
Nous naviguons vers la passe. Cela remue pas mal !

La passe de Maupiti est dangereuse et très étroite, pas facile à franchir. Très souvent le Maupiti Express fait demi-tour.

Nous ne la franchirons pas et rentrons à la pension sur le motu.
Nous repassons par le banc de sable, que la marée haute a presque recouvert en totalité.
Il ne reste qu'une petite langue de sable de quelques mètres.

Il faut faire les valises, le premier départ est pour 15 h, le mien à 17 h (avec escale à Raiatea).

Le vol se déroule bien et j’arrive à Faaa à 18h 30.
Eddy le concierge de Diva Nui vient me chercher dans son beau Scénic tout neuf.

Magnifique week-end du 1er mai 2010 à Maupiti, la Bora sauvage.

Mon prochain vol sera beaucoup plus long : le jeudi 13 mai à 23h30 (heure locale) pour arriver à Roissy le samedi 15 mai à 8h 30.
Plus de 24 heures de voyage, mais à la clé, de belles retrouvailles attendues depuis 19 mois, et 3 semaines de congé.
Le blog va continuer mais changer temporairement de nom.
"Une tahitienne en Bretagne" et non plus "une bretonne en Polynésie ".

Si le ciel de l'atlantique Nord pouvait être aussi bleu que celui de Maupiti !
hélas encore des menaces de cendres islandaises.

Nana ou Kenavo.

8 mai 2010

Le calme et la tiédeur de Maupiti

Après la balade vélo, les jeunes veulent faire de la grimpette sur la montagne.
J’ai chuté à vélo dans un sentier pierreux, alors pour moi c’est niet.
Aita pea pea (pas de problème). Albert demande à sa fille de me conduire au port et à la boutique artisanale.
Je me retrouve avec une ribambelle de gosses, tous à vélo, et nous pédalons dans le village, au milieu de la route, où aucune voiture ne circule ce samedi férié.
Je tenais à voir le bateau « Maupiti Express » qui fait la navette de Raiatea 3 fois par semaine.

Il est arrivé ce matin et repart vers 16 h.
Le frêt est chargé dans le navire qui prend aussi quelques passagers.

Ce navire est le cordon ombilical qui apporte les victuailles, le courrier et les journaux 3 fois par semaine seulement.
A la pension, ils étaient trop contents de lire la Dépèche du vendredi 30 avril que j’avais achetée à l’aéroport avant le départ.

Un tahitien quitte le port pour sa pêche du soir.

Les gamines me conduisent ensuite chez une mama qui tient une boutique de souvenirs et qui a ouvert ce samedi rien que pour nous !
Une toute petite fille se balade avec sa couche. Image classique dans les îles.

Sandrine la 5eme et dernière fille d’Albert pose avec son vélo rouge et son sourire malicieux.

Les habitants de Maupiti sont des plus accueillants.
Albert revient avec les jeunes et nous allons visiter l’expo photo à la mairie. (Albert a la clef !).

La stèle représente le symbole de Maupiti , le penu (le pilon de pierre)

17 h , Nelson revient nous chercher avec son speed boat et nous quittons le prince Albert de Maupiti sur le ponton de la mairie.
Mauruuru Albert pour tous tes récits et cette belle journée du 1er mai à Maupiti.

Nelson fait cette photo devant la pancarte de la pension de ma pomme en pareo.

C’est l’heure du coucher de soleil. Il est violet et rose ce soir, vraiment magnifique et dure longtemps !

C’est aussi l’heure des crabes terrestres, qui sortent de leurs trous.
Un gros Bernard avec sa vieille coquille d’emprunt se planque sous le tiare.

Jamais vu d’aussi gros ! de la taille d’une main environ.
Après un bon dîner très convivial, le motu s’endort.
Demain c’est balade bateau sur le lagon et dans la passe.
A suivre donc .

7 mai 2010

Un premier mai à Maupiti (suite)

Nous retrouvons Maupiti après la journée POD-Filariose du jeudi 6 mai .

Albert a prévu le picnic sur la plus belle plage de sable fin de Maupiti.
Encore plus belle que sur les cartes postales !

Nous abandonnons vite fait les vélos et courrons nous baigner dans le lagon cristallin aux eaux très chaudes.


Le lagon est peu profond à cet endroit. A marée basse de gros 4 x4 peuvent se rendre sur le motu Auira juste en face (avec de l’eau jusqu’aux portières).

Le vélo se repose pendant que je barbote dans le lagon.

Albert a eu pitié de nous et de nos parts de gâteaux.
Il a disparu 30 minutes et revient avec sur son vélo, un grand plateau rempli de bananes et de quartiers de pamplemousses frais qui vont faire passer les parts de gâteaux !

Pour la digestion, nous nous baladons sur la plage de la pointe des esprits et écoutons toutes les belles légendes, qu’Albert nous raconte avec beaucoup d’humour.

Il se faufile dans la grotte de lézard jaune (Moo rea).

Dans le purau un jeune fou de Bassan s’est réfugié, cruellement blessé.

Il n’y a rien à faire hélas, ses blessures sont trop graves.
Un filet de volley sur la plage. Difficile de rêver plus bel endroit pour faire du volley !

Nous reprenons nos montures et faisons un stop pour voir les pétroglyphes.

Ces pierres gravées me rappellent celles de Nuku Hiva aux Marquises et celles de l’île de Pâques. Ces vestiges du passé me donnent toujours un petit pincement au cœur.
J’imagine la vie de ces polynésiens avant la découverte, il y a à peine 3 siècles.
Le paradis sur terre assurément.

15h 30 : nous retrouvons le village où d’autres belles découvertes m’attendent encore !
A suivre.
Nana

6 mai 2010

Journée de Lutte contre la filariose en Polynésie française

La filariose lymphatique, ou éléphantiasis, menace plus d'un milliard de personnes dans à peu près 80 pays.

Sur les quelque 120 millions de personnes déjà affectées, plus de 40 millions sont gravement handicapées par la maladie.
Un tiers des personnes infestées vivent en Inde, un tiers en Afrique et le reste principalement en Asie du sud, dans le Pacifique et dans les Amériques.
Dans les zones tropicales et subtropicales, où la filariose lymphatique est bien établie, la prévalence de l'infestation ne cesse de progresser.
L'une des causes principales de cette augmentation est l'urbanisation rapide et sauvage, qui crée de nombreux gîtes larvaires pour les moustiques vecteurs de la maladie.

La Polynésie française n’est pas épargnée. Une étude de 2008 a montré que 11 % de la population était porteur de filaires.
Chaque année une distribution gratuite de médicaments est organisée.
La dernière journée datait de 2007 .
En 2010, la méthode de distribution a changée.
On fait de la DIMPOD pour Distribution de Masse avec Prise Observée Directe.
Ce qui signifie que les personnes n’emportent plus les comprimés chez elles pour les prendre à l’heure de leur choix (et parfois les oublier), mais doivent les avaler sur place devant les distributeurs.

C’était aujourd’hui la grande journée de distribution.
Tous les personnels de la Direction de la santé avaient été sollicités.
J’avais répondu OK et étais responsable du stand installé sur le parking du magasin Champion de Faa’a.
Dans mon équipe, Marc, un cadre de santé IDE de la direction et un couple de jeunes bénévoles. Julien et Eunice.Nous étions aussi encadrés par deux tane de la protection civile.
Présente dès 6 h45 pour réceptionner le barnum, le matériel et la fontaine à eau, j’ai commencé la distribution dès 7 h, seule et à peine installée.

L’amie Séverine qui habite à 200 mètres nous a apporté le thermos de café dès 8h30 Mauruuru copine.

Il fallait répondre aux questions relatives aux possibles effets secondaires de la prise, convaincre les personnes de prendre de suite, de l’intérêt individuel et collectif de cette journée de distribution, préparer les comprimés (de 5 à 7 selon le poids ), servir le verre d’eau, remplir le tableau statistique par tranches d’âge et sexe.
Bonne ambiance au stand et affluence soutenue toute la journée et une équipe bien organisée !
J’avais prévu la tenue short pour être à l’aise.
Nous avons toujours un peu de vent qui nous a bien ventilés et deux petites averses de pluie.
Au début j’ai revêtu le tee-shirt, mais au bout d’une heure, je l'ai enlevé car trop chaud sur les épaules !

"Venez prendre vos comprimés, c’est gratuit"
Julien s’est même déplacé au domicile des personnes du quartier qui avaient des problèmes de mobilité. Bravo !
Un petit sandwich vite fait à 12 h et c’est reparti. Je pode, tu podes, nous podons ensemble !


La filariose est une terrible maladie invalidante et il convient de traiter le plus grand nombre au même moment. Les enfants ont reçu ou vont recevoir leur prise dans les écoles.
J’avais choisi ce stand pour être au plus près de la population polynésienne des quartiers de Faa’a, auprès de laquelle je me sens à l’aise.
Avec Antonio, notre gardien de la protection civile nous avons échangé en tahitien.

Rassurer, convaincre, décider à prendre de suite ….. et c’est gagné.

Nous avons terminé à 18 h à la nuit tombée.
Nous plions le stand et rangeons le matériel, avec la sensation d’avoir été utiles et d’avoir bien agi pour la santé publique en Polynésie française.
A mon tour de prendre la dose !
Ensemble luttons contre la filariose !

Nana

Demain la suite sur mon séjour à Maupiti, mais la POD c’était plus important !

4 mai 2010

1er mai : Le tour de l’île de Maupiti à vélo

La pension "chez Jeannine" est située sur un motu (pae'ao) au milieu de la "fausse passe".
Nelson (fils de Jeannine) en assure désormais la direction.
Très jolis fare*jardin, sur pilotis très bien aménagés au milieu des plantations de tiare. L'électricité est solaire.



C’est un motu privé et familial.
Comme à Fakarava, je ne fermerais jamais, ni porte ni fenêtres.
Il n’y a pas de rats d’hôtels dans une pension surtout sur un motu privé !

Juste avant le diner, j'ai savouré mon premier coucher de soleil à Maupiti.

les nuages roses se refletent dans l'eau comme dans un mirroir.

Vendredi soir, pour le dîner c'est du thazard, un poisson du large, délicieux.
Nous avons élaboré avec Nelson, le programme du week-end.
Pour ce samedi 1er mai c’est tour de Maupiti (10 kms) à vélo avec un guide.

Levée aux aurores, j’ai admiré les couleurs du magnifique paysage et pris un bain à 6 h 30 dans le lagon immobile.
Plaisir des îles de se balader en maillot de bain sur une plage déserte dès 6 h du mat’.

Dans les îles, je me réveille très tôt et commence toujours ma journée par un bain matinal.
Le petit dèj est copieux. Je retrouve les deux jeunes couples de farani arrivés hier.

9h top départ : Nelson nous fait traverser le lagon jusqu’au village principal Farauru.

Nous débarquons au petit port,

sur lequel on trouve cote à cote la mairie, la Socredo et le comptoir ATN.
3 magasins d'épicerie et 4 églises, (protestante, catholique, mormont, adventiste.).
Ici le temple protestant :

Albert, notre guide nous attend avec les 5 vélos.
Encore un engin à rétropédalage. Il n'y a que ces machines dans les iles, car les freins rouillent rouille trop vite.
Tous les magasins sont fermés ce 1er mai.
Il nous faut pourtant assurer notre picnic ?
Albert nous conduit à la seule marchande ouverte ce 1er mai.

Le choix est le suivant : gâteau au chocolat, gâteau rose (traduire couleur fraises), gâteau au manioc, et pamplemousse frais.
Zéro sandwich, il y a plus de pain disponible sur Maupiti !
Le déjeuner sera donc des plus simples !

Les parts de gâteaux sont embarquées dans les paniers du vélo.
Nous voilà partis avec Albert en tête pour les 10 km de route bétonnée.
Albert se prénomme le "prince de Maupiti". Il chante du Tino Rossi à merveille.
Né à Maupiti et cultivateur de pastèques, Albert a du se reconvertir après les désastres du cyclone Osea , qui a dévasté totalement Maupiti en 1997.
Il est devenu guide, conteur de légendes.
Il est polyglotte désormais car il appris plusieurs langues : allemand, japonais, italien, sans compter l’anglais et le français qu’il maîtrise à la perfection.
J’avais déjà remarqué ce goût pour les langues étrangères des tahitiens, mais Albert, c'est vraiment exceptionnel.

Ce grand rocher fait partie de la légende de Maupiti.

Nous visitons le marae principal de Vaiahu, où les 9 rois de Maupiti ont été intronisés.

Albert s’assied sur le trône royal

et nous indique le cocotier qu’il a planté et porte son nom.

Il est intarissable et connaît toutes les vraies légendes de Maupiti.
Nous l’écoutons bouche bée, pour notre plus grand bonheur.

Il nous fait découvrir le coffre à poissons.
Ces pierres en forme de poissons (XVIII eme siecle) étaient tournées vers l'océan pour garantir une bonne pêche.
Ouvert à tous les vents, le marae et ces pierres non scellées, n'ont jamais été dérobées car elles sont sacrées et respectées. Nous osons à peine les toucher, juste les photographier.

Nous reprenons nos montures et poursuivons la balade.
Zut une côte ! Albert avait prévenu : ça grimpe dur ! et je traîne ....

Arrivés au sommet de la colline, une obligation s’impose contempler et admirer ces superbes camaieus de bleu du lagon. Notre récompense:

Il est bientôt midi et nos estomacs crient famine .
Nous connaissons le menu !
Ma part de gâteau en chocolat est déjà pas mal liquéfiée dans le panier du vélo ! Reste un gros pamplemousse !
Albert nous précise qu’il faut que nous patientons jusqu’à la pointe terei’a varua (pointe des esprits).
Nous ignorons encore le magnifique décor, choisi par le prince Albert pour le déjeuner.
Personne n’ose contrarier Albert.
Nous continuons notre route bétonnée sur nos vélos, l’estomac dans les talons, et avec le soleil ardent qui nous brûle le dos et les cuisses.
-J’ai faim Albert !
-Pas de souci, Albert et le mana sont là et avant le corps, faut nourrir ton esprit, ton mana .
pédales, on est bientot arrivés.
-Ok dac alors, aita pea pea.

Régaler mes yeux, mais aussi mon estomac sont mes principales préoccupations dans les îles, car j'ai laissé mon stress et mes soucis à Papeete.

La suite dans un autre article, car elle trop magnifique pour la résumer en quelques lignes.
Je comptais ne faire que deux articles mais je m'aperçois que c'est impossible.
Maupiti se déguste tout doucement, au rythme des îles et du prince Albert de Maupiti.

A suivre donc
* NDRL : jamais de pluriel aux noms polynésiens

2 mai 2010

Maupiti, la petite Bora Bora des ISLV

Décollage à 14h30 vendredi de Faa'a, escale rapide à Raiatea et arrivée à Maupiti à 16 h environ.
Avant de vous présenter les premières images, parlons un peu géographie.

Située à 315 km de Tahiti et à seulement 40 km de Bora Bora, Maupiti, de son ancien nom polynésien Maurua, est la plus occidentale des îles hautes de l'archipel de la Sociéet aussi la plus petite (9 km², 10 kms de tour)

Elle est également l'une des plus belles îles des Mers du Sud.
Le mont Teurafaatui, (plus connu sous le nom de Nuupure) culmine à 380 m
Autour de l’île, un lagon peu profond aux eaux transparentes, cerné de longs motu aux plages de sable blanc.
Une seule passe accessible. Elle est réputée la plus dangereuse de toute la Polynésie.
L’aéroport est aussi très difficile d’accès, seuls des AT42 peuvent s’y poser si les vents le permettent après un contrôle minutieux des poids embarqués. La piste est très courte.

Maupiti a été découverte par le hollandais Roggeveen en 1722, bien avant Tahiti, mais fut longtemps oubliée des européens.
s 1200 habitants de l’île de de ses 5 motu, apprécient le charme sauvage et authentique de leur petite île qui a été dévastée en 1997 par le cyclone Osea .
Ils ont refusé l'implantation d'hôtels.

C’était la seule île des ISLV que je n’avais pas encore visitée.
C’est désormais chose faite .
Ce fut une merveilleuse découverte et un excellent week-end de calme, soleil et beauté bleue.


Voici le plus petit aéroport, encore jamais vu.

Pas de sol bétonné mais un simple fare sur de la soupe de corail, où la valise à roulettes ne roule pas bien sur !

En attendant la descente de la valise, je clique sur cette ile magique.
Pas une carte postale ! Vu de mes yeux ébahis, par autant de beauté.

L’aéroport est sur un motu.
Il faut prendre le speed boat pour rejoindre la pension " chez Jeannine " .
Nelson a déjà chargé ma valise dans le bateau.

C'est parti ....
Nous naviguons à vive allure sur le lagon aux eaux limpides en direction du motu.
C'est du bleu, que du bleu partout. !

Déjà l’intuition, que je vais vivre un excellent week-end et me plaire à Maupiti.
Trop charmante cette petite Bora Bora sauvage.
A suivre .