12 avril 2012

Balade au secteur et aux vieux villages d'Anaa

Vendredi matin, le lagon est calme et brillant. Hio et ses deux garçons, me conduisent dans leur potimara. Le premier arrêt sera pour Ogogo, ou le pito de Anaa. Dans le hoa, se trouve un grand trou de 5 m de diamètre dans la dalle de corail, au lieu dit Ogogo, c'est à dire Pito (Gogo est l'équivalent de pito dans le dialecte parata et signifie nombril). Ce lieu est appelé le nombril, car l'atoll a la forme d'une femme et ce trou se situerait à l'emplacement du nombril. Les pieds dans l'eau, on peut apercevoir le fond vers 10 m et l’entrée d’un lavatube, d’un tunnel sous marin (koko) qui communique avec l'océan en passant sous la plaque de corail. Il est perpendiculaire au rivage et se dirige droit vers l'océan. A marée descendante, l'eau du lagon s'y engouffre en créant un vortex (tourbillon) important. Une noix de coco serait aspirée et ressortirait du coté de l'océan pratiquement débourrée. A marée montante, le koko rejette l’eau de l’océan au rythme des vagues. Il y a deux autres koko (ogogo) à Anaa. Je ne reste pas longtemps à Ogogo, car le vertige me guette !

Nous filons sur ce magnifique lagon. Nous débarquons au premier village de Tematahoa. C'est un vieux village abandonné. Reste l’église Setephano Peato (Saint Etienne), un vieux puits en pierres de corail et le grand cimetière. Cette église, construite en 1856 a été consacrée par le Vicaire Apostolique en 1858. L’intérieur est encore très bien aménagé. Son curé, le Père Jean-Baptiste Hébert, quitte Anaa en 1858 et meurt à Mangareva le 20 mars 1859. Un jeune tahitien vient chaque semaine faire du coco au secteur. Son logement est simple, mais avec les deux petits panneaux solaires, il a au moins le jus pour sa radio et sa musique. Pendant qu’Hio me prépare le poisson et le uru grillé,

je m’offre une petite sieste dans le fare à l’abri des moustiques. Divin ! Ce Kahia est plein de verrues ! Il doit être bien vieux. Le lendemain nous irons dans un autre secteur du lagon et nous verrons le village de Otepipi. Son église est en cours de rénovation. Un timbre représentant l'église de Sainte-Anne de Otepipi a été émis le 11 décembre 1985 par l’OPT (n° 243 YT). Les vestiges d’un grand four à pain, démontrent de l’importance de ce village, il y a une centaine d’année.
Demain c’est journée pêche lagonnaire, pleine de belles surprises. A suivre.

11 avril 2012

Le souvenir des Cyclones à Anaa (1906 et 1983)

Dans cet atoll de 90 km2, et de 3771 hectares de terres émergées, la population a plusieurs fois été victime des cyclones. Les plus dramatiques se sont produits en 1878, 1906 et 1983.
En 1906, Anaa a ainsi été anéanti en quelques heures. Hommes, bêtes, végétation, tout a été balayé, entraîné soit dans le lagon, soit au large par le courant sortant. Le cyclone, à l'époque, avait fait 95 victimes.
De nouveau en 1983, l'atoll a été frappé par le cyclone Orama.

Anaa fut dévasté et son village détruit à 95 %. Le village de Tukuhora a été reconstruit, à la suite de ce cyclone, dans une zone plus protégée.
Orama a eu des effets particulièrement redoutables; car il s’est déplacé à très faible vitesse, faisant une large boucle sur tout le nord ouest de l‘archipel, sous forme d’une dépression tropicale, les 19, 20, 21 février, puis se transformant en cyclone les 22, 23, 24. Toutes les îles ont été affectées pendant presque une semaine par des vents cycloniques. Trois semaines après, à la mi-mars, le secteur subissait une attaque presque aussi violente par Reva, qui détruisait l'atoll de Mataiva et éprouvait à nouveau Anaa.

Enfin un mois après, Veena complète les deux ravages précédents : Tikehau, Mataiva, et Rangiroa sont touchés par des vents de 180/200 km/h et des houles cycloniques de plus de 9 mètres.
J’arrête là la liste des malheurs liés aux cyclones, tout en rappelant que le risque cyclonique n’a été pris en compte dans les plans de secours en Polynésie française, qu’à partir de 2008 seulement.
Les photos proviennent des archives de Pierre de Papenoo. Merci l'ami

10 avril 2012

Le film "l'ordre et la morale" a été tourné à Anaa

Alain Gerbault, le navigateur breton, est venu à Anaa. Voici ce qu’il a écrit «Un peu plus tard j'aperçus dans le sud un merveilleux reflet vert qui était la réflexion dans le ciel du peu profond lagon de l'atoll d’Anaa, le plus peuplé du groupe. » — (Alain Gerbault, À la poursuite du Soleil; t.1, de New-York à Tahiti, 1929)
Voici quelques photos de ce lagon vert : 2 photos par très grand soleil

et une autre, ou les nuages gris recouvraient le lagon. Celui-ci a vraiment pris sa couleur vert intense.


Ce vert s’est reflété sur les nuages de façon nette, mais au grand désespoir de tous les photographes, qui ont déjà tenté avant moi de capturer ces reflets verts, rien n’apparaît sur les photos ! Mystère des couleurs électriques insaisissables.
C’est sur l’atoll d’Anaa, que Mathieu Kassovitz a tourné plus de 70 % de son film "l’ordre et la morale",et notamment les scènes de grotte. Ce tournage qui s’est déroulé d’août à octobre 2010, a réuni plus de 200 figurants et plus de 50 kanaks sur l'atoll. Les habitants d’Anaa ne sont pas prêts d’oublier cet événement.
Joël m’emmène avec le nouvel infirmier, voir cette fameuse grotte.
Il s’agit de la grotte Opereue, qui se trouve derrière le village et qui sert de lieu de baignade aux jeunes depuis longtemps.


Elle est situé dans les rochers, les feo, et communique avec l’océan, situé à une centaine de mètres. Au fond de la grotte verticale, dans l'eau saumâtre, apparait un rocher en forme de siège. C'était le fauteuil royal dans cette grotte réservée aux chefs, qui se baignaient et s'asseyaient dans le fauteuil. Sur les accoudoirs du rocher servant de siège, se dressent deux stalagmites en forme de titi (sein) que l'on devait téter pour faire monter l'eau dans la grotte. En rentrant au village, nous faisons deux arrêts. Le premier pour admirer cette magnifique vigne ou les lourdes grappes pèsent sur la pergola. Le deuxième, pour photographier cette réplique d’un hélicoptère de l’armée française, que cet habitant a gardé jalousement auprès de son fare, tel un trésor. Il est en tôle et en balsa !
A suivre pour les balades lagon et la visite des anciens villages.

8 avril 2012

Anaa, l'atoll au lagon vert

Anaa est un atoll des Tuamotu, chef-lieu de la commune qui comprend 2 atolls habités, Anaa (460 hab), Faaite, (366 hab) à 66 km et deux atolls inhabités Tahanea (78 km) et Motutunga. Anaa est à 377 km à l'est de Tahiti. C'est un ovale de 28 km de long et 7 km de large pour une superficie de 38 km2 de terre émergées, composé de 11 petits motus qui bordent un lagon de 90 km2, avec un chenal creusé difficilement praticable et marqué par la présence de feo, (des blocs de corail qui émergent à 3 m de hauteur).
Vu du ciel, on distingue trois bassins qui forment ce merveilleux lagon original mais les anciens, en nommaient deux Anaa taku Tua et Anaa taku Aro. Le lagon se singularise par l'absence de véritable passe qui facilite les échanges avec l'océan, ceux-ci s'opèrent alors par l'intermédiaire de hoa, (chenal de faible profondeur praticable à pied). De même, l'absence d'ouverture dans la ceinture récifale, participe au comblement progressif du lagon, expliquant sa faible profondeur. Anaa aurait été aperçu pour la première fois par Pedro Fernandes de Queirós le 10 février 1606. Cependant c'est l'explorateur français Louis Antoine de Bougainville qui la découvre avec certitude en 1768. James Cook l'aborde en avril 1769. Les premiers explorateurs occidentaux l'appelèrent successivement Todos Los Santos, île du Prince de Galles (Walles) puis île de la chaîne.
Au XIXe siècle, Anaa devient un territoire français, le plus peuplé de l'archipel avec environ 2000 habitants, qui développe une grande production d'huile de coco. Berceau de la famille royale Pomare, Anaa avait acquis une solide réputation grâce à la vaillance de ses guerriers, allés jusqu'à envahir les atolls voisins et réussissant à imposer leur autorité jusqu'à Rangiroa.
Le principal village d'Anaa est Tukuhora, situé au Nord-Est de l'atoll. Il existait des villages anciens, aujourd'hui inhabités : Temarie, Otepipi, Mania, Tematahoa..
L'anneau corallien d'Anaa est, aujourd'hui encore, reconnu de loin par les marins polynésiens, grâce au vert intense de son lagon qui se réfracte dans les nuages surplombant l'île, signalant de très loin aux capitaines des goélettes la position de l'atoll. Anaa a été dévasté par le cyclone Orama en 1983, le village de Tukuhora a été complètement rasé par les flots, hormis l'église. Un nouveau village a été reconstruit à la hâte, à quelques centaines de mètres sur une zone plus élevée et mieux protégée
Le voyage aller, a duré 3 heures, car nous dépassons Anaa et allons plus loin, jusqu’à Hikueru., où nous faisons 15 minutes d’escale, pour ensuite revenir sur Anaa. Le pilote nous fait faire le tour de l’atoll, nous laissant le temps d’admirer les verts de ce beau lagon.
Joël, de la pension Toku Kaiga m’attend. Apres avoir déposé mon sac au bungalow dans le vieux village, nous allons déjeuner chez Romana, son épouse qui tient l’une des 3 épiceries du village.
Il y a beaucoup à voir et à découvrir à Anaa. Le programme va être dense. .... Belles Pâques. A suivre

4 avril 2012

Transport de palmes

Il y a trop de 4 x 4 à Tahiti ? OK , mais comment fais tu pour transporter des palmes dans une twingo ?

Très utile le 4 x 4 à Tahiti, sauf que le vent s'est levé et quelques chapeaux tressés se sont envolés !

2 avril 2012

La cascade secrète de la Papenoo

Pour nous reposer de la soirée fez noz de la vielle et des musiques bretonnes, un dimanche en montagne de Tahiti est le bienvenu. Arnaud de Natura Aventures nous y conduira en 4 x4. La matinée est très ensoleillée et chaude. Arnaud nous conduit dans un endroit bien caché et tenu secret, un lieu de baignade très agréable dans les hauts de la rivière Papenoo. Le chemin d'accès est un peu rude mais c'est la garantie d'une bonne tranquilité. Petits et grands s'amusent comme des fous dans les vasques claires et fraîches. Georges a découvert les bienfaits des cascades tahitiennes, inexistantes à Rimatara, son île des Australes. Le temps a ses caprices, et nous redescendrons la vallée sous de grosses pluies. La Papenoo nous fait sa petite crue. Belle journée à la Maroto sur les bords de la belle capricieuse Papenoo. Kenavo.

Sept desserts pour un café, c'est à Papeete

La mode culinaire est au café gourmand dans les restaurants depuis quelques années. La plupart du temps, trois coupelles avec crème brûlée, mouse chocolat et mini tarte, sont présentes avec deux petits doigts de café. Quand ce n‘est pas, juste trois macarons ! Le tout chiffrant de 5 à 7 € en métropole et de 1000 à 1400 CFP à Tahiti (soit 8 à 12 €).
Samedi, après ma matinée mensuelle du tour des librairies de Papeete, je déjeune au Sully. Excellent resto, façon bistrot parisien ou bouchon lyonnais, que Jean Galopin, le célèbre cuisinier de Tahiti, a ouvert auprès du marché. Il lui a donné ce nom en évocation de Sully sur Loire, sa ville de naissance.
C’est parfait comme d’habitude, le repas, le verre de chablis, le service, la climatisation. J’avais besoin de ce moment de fraicheur et de dégustation dans le calme. Je décide de tester le café gourmand et quelle surprise !

7 petits desserts délicieux avec un café parfumé, qui fait plus qu’un doigt dans une tassette de dinette comme le plus souvent !
J’ai fait honneur à ce dessert copieux et subtile. A l'avenir, en cas de petite faim, je ne commanderais que le dessert ! Le prix est aussi doux que le contenu. Quel bonheur ! Voilà un café gourmand qui mérite enfin son nom !
Au passage, voici trois de mes meilleures adresses en ville, où je me rends régulièrement pour, en plus de faire un bon déjeuner, apprécier un moment de calme et de bonheur gastronomique.
Le Sully, rue Maréchal Foch, La corbeille d’eau, bd Pomare, front de mer quartier Paofai et l'o à la bouche, passage Cardella.
Tamaa Maitai

1 avril 2012

Vif succès de la semaine du patrimoine à Takapoto

Vous trouverez ci dessous le texte intégral de l'article et les 6 photos, l'illustrant, paru dans la Dépêche de ce dimanche 1er avril 2012.
Takapoto : Vif succès de la semaine du Patrimoine.
A l’occasion de la semaine du patrimoine du 19 au 23 mars, toutes les classes de l’école primaire de Takapoto se sont mobilisées. L’école Temaramarama compte trois classes qui accueillent 62 élèves, de la maternelle au CM2, et comprend un instituteur directeur et deux institutrices.
Trois grandes thématiques étaient retenues pour la mise en valeur des patrimoines de l’atoll.: - agriculture et pêche, - art, culture et artisanat et : sport, santé et environnement.
Ainsi Les enfants se sont rendus à la pépinière de cocotiers à Motu nono Ils ont appris le travail des employés CPIA qui y sont affectés, comme savoir trier les cocos, les préparer pour les mettre en germination et surveiller la croissance des jeunes plants. Pour un meilleur rendement, on opte pour les cocos femelles. Une partie est enlevée selon une diagonale bien précise, et les cocos sont placés dans des sillons face au soleil et recouverts ensuite de palmes sèches pour leur garantir une humidité constante.
L’arrosage doit être régulier, pour être certain de récolter de jeunes cocotiers dans trois mois. Les enfants ont ainsi bien compris l’importance de la régénération de la cocoteraie de l’atoll.

Pêche, ipo, korero, pa’oti, farapu.
La visite du parc à poissons en pierre à Teavatika, à la passe sud de l’atoll, a donné lieu à une journée de pêche et à un pique-nique. Les enfants ont pu ainsi utiliser les techniques de pêche d’autrefois (pêche au filet), déguster leurs prises et mieux appréhender les espèces, les comportements des poissons, les dangers que représentent murènes, méduses…. et surtout appris à respecter le milieu marin.

Activités également très diversifiées au travers de différents ateliers. Les enfants ont aimé les tressages (ballons, chevrettes…) décorer le préau et confectionner des chapeaux.
A l’atelier cuisine, ils ont pétri les pâtes du ipo et frit des galettes de coco germé, dont ils se sont régalé. David le directeur de l’école, a dirigé les ateliers korero et de danse traditionnelle. Les enfants ont déclamé sur la pluie, le bernard l’hermite, le crabe des cocotiers.... Ils ont compris que chaque parole doit être accompagnée d’un geste. Ils ont appris à maîtriser les différentes étapes des danses masculines (pa’oti) et ou, féminine (varu, farapu) . Ils ont développé leur propre expression orale et corporelle, en harmonie avec leur patrimoine culturel, dont ils sont très fiers. Un atelier arts plastiques a expliqué l’utilisation des pochoirs, pour reproduire sur de grandes feuilles les dessins polynésiens traditionnels.

Ils ont adoré connaitre quelques techniques de sports traditionnels, tels que le tir à la corde,

la course de porteurs de fruits. David avait prévu un goûter diététique (cocos, papayes). Dans le cadre de l’environnement, les enfants ont placé quatre pancartes de noms de rue dans le village de Fakatopatere. Un jeu de piste a été organisé dans le village, pour redécouvrir le phare (1922), la prison (1879) et le marae Hikuragi.

Cette semaine du patrimoine était très attendue. Elèves et enseignants ont partagé l’histoire, le patrimoine, les cultures, de leur atoll en particulier et de leur archipel en général.

Correspondance de Sylvie Anne G, aidée des élèves de l’école Temaramarama de Takapoto.

Plus de 3000 bretons pour le Bagad de Lann Bihoué

Le nombre de bretons et de sympathisants présents, a dépassé toutes les espérances. Les 2000 chaises disponibles ont été prises d'assaut et la foule a du s'asseoir parterre.Le spectacle a commencé à 19 h par une initiation à la danse Bretonne. Les queues s'allongeaient au bar et la rupture de cidre bouché ne s'est pas fait attendre ! De même ce fut un parcours du combattant pour obtenir une galette et une crêpe. Ne parlons pas des kouign Aman, envolés en 15 minutes. A 20 h 30, la salle retient son souffle et les 32 sonneurs montent sur scène. J'en ai la chair de poule, et dèjà les yeux me piquent. L'amiral présente le bagad et c'est parti pour 2 h 30 de musique bretonne qui vous prend aux tripes. Grande découverte musicale pour Georges, arrivé hier de Rimatara, et qui m'accompagne ce soir.Cornemuses, bombardes, binious, le séduisent par leurs sons inhabituels et les rythmes mélodieux et harmoniques, que ces instruments dégagent.
Laissons parler les images, à défaut de vous avoir fait un film !Le cercle de danseurs du Croisty est admirable. Ils ont du avoir très chaud dans leur lourd costume folklorique. Par contre je n'ai pas aimé du tout l'orchestre SKOLPAD (3 musiciens, pianiste, saxo, accordéon), car leurs rythmes jazzy ne se mariaient pas bien avec les musiques plus cadencées du bagad de Lann Bihoué et provoquaient parfois une vilaine cacophonie qui perturbait les danseurs. La salle les a sifflé et ils ont cessé de jouer. Pour son 60 eme anniversaire, le bagad a reçu un grand tiki d'un groupe de danse polynésien.Le bagad a fait bis et ter car ils eurent de nombreux rappels. J'ai marqué la cadence toute la soirée, rit et chanté, avec comme une grosse nostalgie sur la patate ! J'ai vu plein d'amis et copains dont j'ignorais qu'ils étaient bretons. Les vrais bretons avaient tous le regard brillant. Leur Bretagne était là magnifique et bruyante à Papeete, chez eux en Polynésie. Oui c'était beau à pleurer et on ne s'est pas gêné !!! Merci le Bagad de Lann Bihoué. Ils restent encore deux semaines au fenua ! super ! J'ai touché un pompon rouge pour me porter chance.