19 juin 2011

Taramea, l'étoile tueuse

Les récifs coralliens sont les écosystèmes marins les plus diversifiés et productifs de la planète au même titre que les forêts tropicales en milieu terrestre et sont souvent considérés comme des "oasis de vie dans un désert d’océan".
Parmi, les milliers d’espèces différentes qu’ils abritent, l’étoile de mer épineuse, Acanthaster planci, dite Taramea en tahitien, est une habitante naturelle du récif lorsque sa densité est faible, soit environ entre 1 à 15 individus par hectare selon la disponibilité de nourriture.

Or la nourriture proprement dite de cette étoile de mer n’est autre que le "corail dur", principal être vivant bâtisseur d'édifices remarquables.
Après le passage des Taramea tous les coraux sont blancs, morts.
le "coussin de belle-mère" ou "Couronne du Christ", la taramea adulte n’a qu’un prédateur : le triton géant (pu). Les juvéniles peuvent être mangées par le poisson globe, le baliste, le napoléon, le bec de cane et la perche.
Deux armes efficaces contre la bestiole existent :
- Le ramassage régulier sur des zones précises. Tous les individus doivent être sortis entiers. Tout morceau qui resterait dans l’eau donnerait un nouvel individu !
-L’empoisonnement comme en Australie, consiste à injecter dans le disque central des taramea à l’aide d’un fusil et d’une longue aiguille au choix du sulfate de cuivre ou de l’eau de javel… Attention pollution ! Ou encore 140 g de bisulfate de sodium dilués dans 1 litre d’eau de mer, ce qui peut tuer 40 taramea.


Autrefois les Taramea étaient pêchées avec des bâtons munis de crochets ou un patia, sur la barrière de corail et aussi dans le lagon, puis ramenées sur la plage, ou des anciens avaient fait un trou, comme pour faire le Ahima'a, et ils y mettaient le feu avec des feuilles de cocotier et de la bourre de coco,

Connaissant les éventuelles perturbations, que peut entraîner sur l’écosystème récifal, une explosion démographique de la fameuse "Acanthaster planci, la dévoreuse de corail", un appel aux bonnes volontés a été lancé par le syndicat d’initiative Taaretu, et envoyé aux différents services environnementaux, mais aussi aux clubs de plongées, aux associations, ou encore aux particuliers, pour une matinée de collecte à Faaa samedi matin, sur le site de Vaitupa.
Plus de 2000 taramea avaient été récoltées en mars dernier.
Le réseau de surveillance de l’état de santé des récifs coralliens "Reef Check" est également sollicité.


Petite fille, j'aimais ramasser les étoiles de mer sur les plages bretonnes. A Tahiti, il faut tuer ces étoiles dévoreuses de corail qui menacent gravement la vie dans les lagons.

11 commentaires:

Henri a dit…

Ces étoiles ne menaçaient pas jadis le corail (sinon il ne se serait pas développé) ; leur prédateur aurait-il disparu ? Pollution ou changement climatique ?

Pierre Carabasse a dit…

Bonjour Henri,
en effet, la prolifaration de la taramea semble dûe à la raréfaction du triton ou conque marine (pu en tahitien). Le ramassage excessif de ce coquillage par les collectionneurs et amateurs de souvenir est certainement responsable de leur disparition. Une taramea peut détruire 10 m² de récif par an. Par contre dans l'état actuel des études, le blanchiment des coraux serait dû à la perte de leur zooxanthelles, algues qui servent aux coraux à se nourrir. Peut-être le réchaffement de la planète ???

Anonyme a dit…

Bonjour tout le monde.

Si il y a bien un sujet qui me met en colère c'est bien cette affaire de Taramea.
Le Taramea n'a été un problème que dans les îles où l'on a décimé son prédateur. Cela a commencé dans le Pacifique pendant la guerre 39/45 quand les militaires américains ont péché le triton ( Pu en tahitien ) sur des atolls occupés par l'armée.
Il en est de même en Polynési avec l'arrivée de militaires et de civils de France avec la présence du CEA et du CEP.
Péché par les européens pour faire collection et les tahitiens intensivement pour les revendre aux européens qui en étaient avides, les tritons ( pu ) ont vite fait de disparaître.
Dans d'autres îles du Pacifique ils ont été plus intelligents que nous ils ont tout simplement interdit la pêche et ont reproduit le triton dans des cuves et ont ensemmencé les lagons. Ici certains ont fait croire que autrefois on faisait ceci ou cela contre le taramea , ce qui est faux.
Les tahitiens autre fois ne faisaient pas de collections de coquillages, c'est une coutume récente venue de l'extérieur, ils faisaient quelques objets décoratifs tout au plus . Quand au triton ( pu ) il servait d'amplificateur de son , comme les porte-voix. Suivant les son ( comme une trompette ) on transmettait un message ( codé ) qui correspondait par exemple à avoir à disposition une denrée pour la vente . Des pirogues faisaient le tour des île pour échanger ou vendre de la nourriture.
Je m'arrête là ayant tant à dire sur nous us et coutumes d'autre temps.

Anonyme a dit…

Re bonjour tout le monde .

Anonyme qui se met en colère quand on parle du taramea est Christian P Y P .

Christian P Y P

Sylvie-Anne a dit…

Merci à vous trois de vos contributions. Je me doutais bien que Christian allait se mettre en colère !
Je voulais aller à cette collecte samedi, mais ... panne de réveil !
une autre fois.

Anonyme a dit…

Bonjour tout le monde.

Dans le monde ancestral polynésien rien n'est inutile. Tout joue un rôle. L'univers polynésien forme un tout équilibré.
Le taramea peut même vous sauver la vie ou éviter des complications dans certains cas.
Si vous êtes piqué par un taramea, par des vanaa( oursins ) ou un animal venimeux comme le poisson pierre ( nohu ) , vous retounez le taramea et vous frottez la piqûre ou la plaie sur sa bouche suceuse et le venin est aspiré.( Cette partie du corps de l'animal ne pique pas )
Les pécheurs tahitiens connaissent trés bien cette pratique . Personnellement je l'ai plusieur fois utilisée.
Alors respectez la nature et ne la deséquilibrez pas en faisant n'importe quoi.Laissez les vivre et aidez la nature à reprendre son équilibre.
Le taramea peut vous sauver la vie ou vous éviter des séquelles graves suite à une piqûre venimeuse.

Christian P Y P

Sylvie-Anne a dit…

C'est vrai que l'achat d'un Pu est devenu impossible en 2011. Pas trop grave pour moi car, je respecte la vie des lagons de Polynésie et préfère confier du travail à mes amis sculpteurs de Ua Huka. J'ai commandé un tiki rieur (50 cm) qu'ils me remettront lors du passage de l'aranui en fin juillet.

arlette h a dit…

Super cet échange !
Si on sait que le "pu" peut faire quelque chose, on devrait en élever,Non ? bref !
je sais facile à dire !
faut avoir de bons réflexes,
comme retourner le taramea, pas facile !
En ce qui concerne la destruction de la nature, si nous en sommes conscients c'est déjà bien, maintenant il faut se donner la main et etre moins égoïste en pensant à ceux qui viendront après nous.

Sylvie-Anne a dit…

Il n' y avait pas foule samedi dernier à Vaitupa et seulement 455 taramea ont été prélevées.
Si l'extermination n'est certes pas la bonne solution, comment peut on revenir à l'équilibre naturel des espèces sous marines?
L'avenir est sombre.

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

Pour revenir à l'équilibre au niveau du Taramea il faudrait faire comme l'on a fait dans d'autres îles du Pacifique. Elever des tritons ( Pu ) et re ensemmencer les lagons. On l'a bien fait avec d'autres molusques comme les trocas ( qui viennent de la Nouvelle Calédonie )et la nacre pour repeupler les lagons. En ce moment on le fait pour le bénitier ( paua ), on repeuple les lagons pour des raisons alimentaires.
Cela permettrait de réguler les taramea et en contrôlant sa pêche d'avoir un produit touristique. D'autres l'on fait et le font encore , pourquoi pas nous?.

Christian P Y P

Anonyme a dit…

Arlette , bonsoir.

Le Taramea cela se retourne comme une crèpe avec le manche d'une rame ou une flêche de fusul. C'est comme toute chose cela s'apprend. En tout cas c'est bien utile quand on est loin de tout et que l'on a mis une main ou un pied sur un nohu.

Christian P Y P