12 juillet 2009

Vallée d'Orofara

Ce samedi matin 11 juillet, direction côte Est, à PK 13 entre Mahina et Papenoo, à la recherche d’un lieu très précis : la vallée d’Orofara.


A PK 13, "tu tournes à la cabine téléphonique", m’a dit une tahitienne, 1 km avant, très intriguée quand je lui demande la vallée d’Orofara.
A la hauteur de la cabine téléphonique, avec une grande émotion, je m’engage sur la petite route à droite, côté montagne.
J’étais arrivée au village des lépreux de Tahiti.

J’ai découvert récemment l’existence de cette léproserie dans un petit guide pas très connu, dont j’ai achevé la passionnante lecture ces jours derniers.
Pas un vrai guide, un super petit bouquin : Tahiti-Mooréa- de Dominique Maury et Hinarai Rouleau, aux Éditions Avant et Après. (150 pages qui se lisent comme un roman et valent bien d'autres guides trop bavards et souvent erronés).
De même que j’ai paumé mes lunettes de vue la semaine dernière, j’avais égaré ce livre (Ou ? mystère ?). Il me manquait cruellement. Cela me contrarie de perdre un livre aussi j'en ai racheté un 2 eme.
Dans mes autres guides (Gallimard, Evasion … ) rien, pas un mot sur la léproserie de Tahiti !

Histoire : Afin d’endiguer la propagation de la lèpre, le gouvernement crée en 1914, dans la vallée d’Orofara, éloignée de la ville de Papeete, un village pour l’accueil des lépreux.
Ils viendront des 5 archipels, vivre dans cet endroit clos, dirigé par des missionnaires protestants. Les familles ont fait souche et le village d’Orofara est toujours là. Les anciens malades, non contagieux, se consacrent à l’artisanat.
L’église de la léproserie bien fleurie, invite au recueillement.


La léproserie et le fare de l’infirmerie n’existent plus.
La lèpre se guérit de nos jours, mais elle fait toujours l’objet d’études et d’observation, notamment en Polynésie. Une dizaine de nouveaux cas sont décelés chaque année à Tahiti.
Quand on pénètre dans cette ruelle étroite, un silence de plomb vous entoure .Pas un bruit, pas d’enfants dans la rue, pas de chants d'oiseaux ou de volatiles.
Une douzaine de fare, dont certains très pauvres, hébergent ces personnes isolées.

Pas de rutilants 4x4 dans les jardins. L'ambiance est pesante.
Je ne suis pas forcément la bienvenue, dans ce lieu, aussi je ne m'attarde pas.
Demi tour obligé au cimetière, (très bien entretenu) au bout de la vallée.

Cimetière des lépreux de Tahiti.
Sur ce lien, vous découvrirez quelques cartes postales anciennes de la léproserie d’Orofara.
Le linge royal pouvait transmettre la lèpre. Je vous invite à le lire pour en savoir plus.
Tahiti, n’est pas très fier de ce lieu et peu de tahitiens en parlent.
Les touristes ne connaissent pas Orofara. Leurs regards se tournent vers la gauche, côté mer, et ils ne voient pas à droite, côté montagne, les fare miséreux d'Orofara.

Je tenais à connaître ce lieu, non pas par curiosité, mais par respect obligé.
Orofara, la belle petite vallée, de la côte Est, semble être tombée dans l’oubli.
Je suis passée au moins une dizaine de fois sur la route de ceinture, et je ne savais pas. Aujourd’hui c’est fait.
Profond respect pour cette vallée et ses habitants. Je me suis recueillie devant une tombe choisie au hasard.
Devoir de mémoire pour tous ceux qui ont vécu et souffert dans ces lieux depuis près d'un siècle.
Misère et maladie existent partout dans le monde, même dans ce pacifique paradis, au milieu de l’océan. Ainsi va la vie et son mana.

11 juillet 2009

Que des marées solaires à Tahiti

La famille tiki (2+4) de Bretagne, est de retour après une semaine de vacances au bord de l’océan Atlantique.
Ils m’ont posé une question en commentaire de blog sur la marée à Tahiti
La colle ! Au fait, pourquoi il n’y a pas de marée lunaire à tahiti ?
Merci le Net, voici le fruit de mes recherches :

Tahiti se trouve sur un nœud de résonance de la marée lunaire (point amphidromique) ce qui l'annule donc totalement.
Ne reste que la marée due au soleil, qui est beaucoup plus faible et très synchronisée. Donc :
- le marnage est très faible,
- la marée est toujours basse le matin, haute peu après midi, basse le soir et haute à nouveau au milieu de la nuit.

Ce phénomène très étonnant se rencontre uniquement à Tahiti,
dans l’archipel des îles de la société, près des îles Malouines et en plusieurs endroits au large des îles britanniques.

Un point amphidromique est un point d'un système physique soumis à une force de marée où le marnage est voisin de zéro.
Un tel point apparaît lorsqu'un phénomène de résonance de marée à l'intérieur d'un bassin océanique ou d'une baie, crée un système d'onde stationnaire qui tourne autour d'un point nodal, le point amphidromique.

Voici 2 photos, prises dimanche 5 juillet vers 16 h, sur la plage de Faaone, côte Est avec en arrière plan la presqu'île Tahiti Iti, encore inondée de soleil.
C'est la plage de Marie Anne, mon amie belge. Sur cette plage, j'ai remarqué une certaine différence de hauteur de la mer, mais peut-être, était-ce du à la présence de houle plus forte ?

Quand on s'éloigne vers les autres archipels de la Polynésie, les marées retrouvent un cycle normal et il faut un calendrier des marées. (environ un mètre de marnage aux Tuamotu et jusqu'à deux mètres aux Marquises).

A Tahiti, c’est plus simple. Pas de marée du tout !
Satisfaits les tikis ? Comme vous allez en savoir des choses sur Tahiti ! D'autres questions ?
Un jour vous viendrez me voir à Papeete. Promis !

Nana

10 juillet 2009

Le parc du front de mer de Papeete

Depuis et avant mon arrivée en novembre 2008, de grands travaux se déroulent à 50 mètres de mon bureau, sur le port piroguier de Papeete, sous mes fenêtres.
Il s’agit de réaménager le littoral sur environ 400 mètres entre le place Toata et le rond-point de l’avenue Bruat. (place Chirac). C’est la création d’un grand parc de verdure.
Parc tropical bien sur nommé parc Hokulea (prononcer hokoulea).

De ma fenêtre, je vois ces transformations au quotidien.
J’ai vu les grands pieds de cocotiers transportés par camions et l’avancement de ces magnifiques et verdoyants travaux.

Deux ans de travaux! Inauguration prévue en avril mais repoussée à novembre 2009, voire plus.
A Tahiti, on prend le temps de faire. On connaît le début, rarement la fin à Tahiti !

Désormais, est venu le temps de la création des structures en dur, dont j’ignore encore l’usage futur. Constructions qui sont coiffées de pandanus, évidemment.
Le jeudi 9 juillet, je n’ai pas résisté ! J'ai lâché mes dossiers 5 minutes !
Je suis allée voir de près et prendre quelques photos.
Comme une gamine impatiente de découvrir son nouveau cadre paysager.
C'est tellement beau un jardin au bord du lagon bleu et surtout en pleine ville !

Chantier interdit ?

Mais non ! Du tout ! (EGT : Établissement des grands travaux, EAD : Établissement d'Aménagement et de Développement)

L’agent de sécurité qui surveille le site, m’autorise à pénétrer et à faire des clichés.
Je bavarde avec les ouvriers qui m’expliquent leur technique.
En quelque sorte, ce sont les artisans chaumiers de la Brière.....mais à Tahiti !

Ils sont fiers de leur ouvrage et c’est justifié. Les lianes de pandanus, justes posées,

et sur celle ci le toit est terminé.

Quel bel ouvrage !
Au niveau thermique et climatique, les végétaux c’est le top.
Sauf qu'à Tahiti, on ne s'isole pas du froid mais de la chaleur ! Comme le chaume, le pandanus absorbe la chaleur.
Au fare pote (la cantoche du ministère) tous les midis, il fait bon pour le déjeuner, car c’est un joli fare octogonal en pandanus, ouvert à tous vents.

Dans ce grand complexe végétal, d’autres infrastructures sont prévues.


Ainsi ces poteaux de béton vont être recouverts de pierres. Admirez la technique ! Quelle patience ! Les pierres de Tahiti resteront à Tahiti à tout jamais.


Tout cela devant l’océan, toujours aussi insolemment bleu, et sous un ciel encore plus bleu, surtout le matin.
Très souvent, aucun nuage de la toute la journée. Saison sèche, hiver austral, les pluies se font très rares depuis quelques mois.
Bleu que l’on regarde même plus! habitude ! Pourtant c’est un bleu permanent, notre mana polynésien.
Je retraverse le boulevard Pomaré.
4 employés pour 2 débroussailleuses. (pareil en métropole !)

Je prends le temps de bavarder avec eux. (et avec elles car il y a deux tahitiennes).

A Tahiti on ne connait pas la tondeuse, mais très bien la débroussailleuse ! C'est plus précis.

Malgré ses embarras de circulation (en période scolaire, sinon cela passe), Papeete est une belle ville. Dans mes prochains articles, je vais vous offrir quelques coins que j'avais négligés.

Certes la Polynésie a des trésors d’îles sublimes, avec des lagons insolemment bleus et transparents, que j’ai commencé à découvrir, mais il ne faut pas négliger Tahiti et Papeete.

La tropicalisation du front de mer est une opération d’envergure qui va redonner à Papeete sa beauté et son charme d’antan, lorsque les arrivées ne se faisaient que par la mer.

En décembre 2009, je m’imagine déjà, avec une barquette de thon-coco, et ou, une assiette de fruits frais, et surtout un bon bouquin, allongée dans la pelouse sous les cocotiers, (et pourquoi pas en en maillot) pour les 30 minutes de mon déjeuner à Tahiti.
C’est vrai qu’en décembre, en Bretagne, ça risque de cailler un peu plus.!

Le Cap Frehel, Ouessant, la Turballe, le Croisic et le bel océan Atlantique, me manquent beaucoup. Je l’avoue.
Résolument Fille de l’Océan, mais lequel ? Je m'y perds ! Ils sont tous si passionnants.
Hélas il n'y aura pas de framboises à cueillir dans ce jardin de Papeete !
Nana .

7 juillet 2009

Les mots tahitiens

J’ai toujours été et je le reste, d’un naturel très curieux et je m'intéresse beaucoup à l'étymologie !
Ainsi je connais la signification du nom de la ville où je suis née : Guérande (44) qui s’écrit Gwerann en breton (gwenn = blanc et ran = parcelle en breton, en référence aux salines) et de beaucoup d’autres villes de Bretagne.
Aussi très vite je me suis intéressée aux significations des noms de lieux en Polynésie.
Une méthode agréable et très mnémotechnique pour commencer mon apprentissage du langage tahitien.
Je ne résiste pas au plaisir de vous les faire partager, car ils évoquent très souvent de belles images du Tahiti ancien et sont souvent adossés à de très belles légendes.

Papeete :
La ville de Papeete porte le nom de la rivière qui prend sa source sous l’assemblée territoriale et qui à l’origine, s’appelait Vaiete.
Les deux mots Pape et Vai, désignent l’eau.
Ete signifie panier ou corbeille.
Donc Papeete signifie «corbeille d’eau »

C’est la ville où je réside et que j’apprécie beaucoup

Punaauia.
Pu ou puna signifie conque .
Littéralement Punaauia signifie « la conque est mienne ».
La conque est ce joli coquillage qui était utilisé comme moyen de transmission.


Ainsi pendant les guerres et les batailles navales, elle prévenait les troupes.
Lors des cérémonies rituelles, un long appel signifiait qu’il fallait observer le silence le plus absolu pendant le rite sacré.
Prenez un peu de temps pour aller lire la jolie légende de la conque de punaauia (sur le lien)
Punaauia, pour moi, c’est la grande surface où je vais me ravitailler, Peta mon esthéticienne et Inès ma coiffeuse, la marina et surtout les belles plages de sable blanc où je vais lézarder parfois, car les plus proches de mon domicile. (Pas assez souvent hélas!)

Paofai
Paofai est le quartier où je réside, et où je bosse. Il est très connu à Papeete par la présence de son temple protestant (temple paofai)

et sa clinique privée.
Pa veut dire mur, paofai , mur en pierre.
La fenêtre de mon bureau donne sur le temple et sur le port piroguier. Vue sur mer en permanence ! le top !

Tahiti
Hiti c’est le lever du soleil, alors Tahiti ? Mes recherches demeures infructueuses, mais je vous confirme qu’il s’agit bien du pays du soleil, présent 365 jours sur 365.

Le cours est terminé !
J’ai hâte de démarrer mon cours du soir pour apprendre le tahitien, le langage du pays du soleil.
Nana

5 juillet 2009

Insolite : une Pontiac à Tahiti

En rentrant de Faaone, le dimanche 5 juillet 2009, j'ai suivi dans les virages de la côte Est, une voiture qui roulait à 30 kms /heure et que je ne pouvais pas doubler !
Devinez ! Une Pontiac !
J'ai largement eu le temps de la photographier, vu sa lenteur !

Pour ceux qui ne savent pas, la Pontiac est une voiture américaine qui date d'au moins 30 ans si ce n'est plus !
Le numéro de celle-ci, laisse à comprendre qu'elle roule à Tahiti depuis plus de 20 ans au moins !
Le genre de bagnole qui consomme du 15 litres au 100!
C'est vrai qu'à Tahiti, l'essence n'est pas trop chère. (115 XFP le litre de gasoil, soit 0,96 € le litre- le sans plomb est un peu plus cher à 135 F )
Des voitures de collection, à Tahiti il y en a beaucoup. Le soleil les conserve sans doute !
Il lui manquait quelques chromes cependant à cette Pontiac- escargot !
Et moi de me souvenir de la rutilante Pontiac rouge vif, que le père de mes enfants avait achetée, (puis revendue rapidement bien sûr), il y a plus de 36 ans !
Frédéric, mon grand fiston, s'est baladé en Pontiac, lorsqu'il était bébé dans son couffin. Il a aussi roulé en Cadillac, très jeune. Normal son papa travaillait à la GM à Nantes.
Le Pontiac est aussi une région du Canada. Comme quoi toutes les voitures ont une histoire !

C'est fou ce que Tahiti me replonge sans cesse dans le passé !
A l'autre bout de la terre, la tête à l'envers, le mana polynésien me rajeunit et me replonge dans mes souvenirs enfouis.

Pas d'inquiétude cependant, je garde les pieds sur terre sur mon île de Tahiti, en Polynésie.
C'était juste un clin d'œil, pour vous dire qu'à Tahiti, les Pontiac roulent encore au rythme du vent des îles .
Je n'ai pas trouvé de Dauphine ou de DS, mais qui sait ?
Nana

4 juillet 2009

Le lac Vaihiria, avec Tahiti-Safari.

Depuis un mois, la route (ou plutôt la piste), qui traverse l’ïle de Tahiti a été ré-ouverte sur plus de 11 kilomètres.
Après le relais de la Maroto, de grands travaux de consolidation, avaient maintenu fermé ce tronçon pendant de longs mois.

La météo prévoit 34°C pour samedi 4 juillet. Alors vite un phone à Tahiti Safari, vendredi, et c’est bon pour une balade en montagne le samedi.
Certes je connais la première partie du voyage, pour l’avoir fait déjà 3 fois cette année, mais aller toujours plus loin et plus haut, quel suspense !
Pas très nombreux les touristes en cette période, un couple d’anglais, de retour du Canada et un couple de parisiens en vacances, partagent cette journée.
Eric, le puamotu, est le pilote de notre équipage.
Premier arrêt photo au col pour admirer la vue sur Papeete. Au loin la masse bleutée des montagnes de Moorea.
Il est 10 hs.
Nous pénétrons dans la vallée. La rivière Papenoo est très sage aujourd'hui . C’est toujours très agréable de s’y baigner.

Nous bavardons géologie et minéralogie devant toutes ces roches amoncelées. Basalte en grand nombre, mais aussi d’autres minéraux très curieux. Je consacrerais un article complet prochainement à ce sujet passionnant de la géologie et de la minéralogie de Tahiti.
Eric et moi bavardons en anglais avec le "canadien" '(ils ont vécu 2 ans à Vancouver), qui s'intéresse beaucoup à ce sujet.
Nous poursuivons notre voyage, sous le soleil.
C’est mon quatrième passage, mais je découvre toujours plein choses nouvelles. Ainsi cette belle plante verte géante nommée Oreille d’éléphants (alocasia odora).


Arrivée au relais de la Maroto, déjeuner à la terrasse. Il fait chaud et ma robe de plage, très légère, est de circonstance.

Après le déjeuner, c’est le suspense, irons nous jusqu’au lac Vaihiria ou pas ?
Car il y a eu des éboulements jeudi soir et le vendredi c’était barrière fermée (et cadenassée comme le 12 mai) pour interdire tout passage.
Eric se renseigne et est confiant. On va passer ! Super, je suis venue pour ces 11kms que je ne connaissais pas encore !


Hourra la barrière est ouverte ! Un peu plus loin nous voyons les traces de l’éboulement.
Nous grimpons, nous grimpons.

Nous nous rapprochons des crêtes et des cimes, qui se détachent nettement dans le bleu du ciel. C’est magnifique.


Par contre les a'pics sont à couper le souffle et me rappellent ceux des Marquises. La piste est bétonnée par endroits, mais c'est raidillon !

puis très caillouteuse.
Nous sommes chahutés dans le véhicule, mais si gais et si heureux d’être passés et de gravir les cimes de Tahiti.
Eric nous fait un arrêt « framboises ».
Depuis quelques semaines la nostalgie de mes framboises de Bretagne me titillait, comment est-ce possible que les framboises me poursuivent à ce point ?

Et si, des framboises, bien rouges, pas très sucrées (car gorgées d’eau), mais un goût, un parfum qui est bien celui de la framboise. Je me régale et je cueille à pleines mains !

Nul ne peut comprendre à quel point, retrouver et toucher des framboises, me remplit d’un grand bonheur. Eric fait ces quelques photos. Merci Eric.



Le silence de la montage verdoyante est très reposant. Nous grimpons à pieds sur une centaine de mètres et Eric nous suit avec le 4 x 4. Seuls, libres et heureux ! Le chemin devient très mauvais, on se dépêche de remonter dans notre bolide !
Quelques vinis (oiseaux), et des paille en queue, tournoient dans le bleu du ciel.


Nous stoppons pour admirer un u’upa, un pigeon vert. Cet oiseau d’un vert brillant est l’objet de beaucoup de légendes.
Le volatile s’est posé dans des arbres de la même couleur que son plumage, et mes photos ne donnent rien du tout ! dommage il est très beau cet oiseau vert !
Les choses se corsent, les pentes sont de plus en plus raides, et chacun se cramponne comme il peut dans le véhicule.
Nous arrivons au point de non retour, l’entrée du tunnel.
Une pancarte conseille le demi-tour ! Ah non surtout pas. !


Ce tunnel est à 887 mètres d’altitude et fait 111 mètres de longueur. Il traverse la crête.
Un arrêt pour admirer le paysage grandiose.
Au loin dans le creux des crêtes on voit la mer (côte Est). Nous sommes à plus de 30 kilomètres du littoral, dans le cœur de Tahiti !
Nous nous engageons dans ce tunnel empierré, très humide, décoré de fougères et lianes suspendues.
Au beau milieu du tunnel, la douche ! Une vraie passoire ce tunnel. !
Bien sûr, Eric ne nous avait pas prévenu et il se marre comme un gosse qui a fait sa farce.


Belle ambiance. Nous remettons chapeau et casquette illico presto.
La sortie du tunnel est encore plus secrète que l’entrée. Admirez ce camouflage végétal !


De l’autre côté nous sommes dans l’ubac (à l’ombre) c’est plus frisquet. Mais quel bonheur de l’avoir passé ce tunnel tant attendu !
Nous descendons désormais sur des sentiers caillouteux et dangereux. Ce genre de chemin serait interdit en métropole. Çà chahute vraiment dans le Ford 4x4, et je commence à avoir le dos en bouillie et ma voisine a des nausées, dues au mal des montagne. Moi j'ai les oreilles bouchées ! Altitude !
Dans la descente vers le lac, nous croisons un véhicule ! Obligés de reculer pour respecter la priorité montante.
Un 4x4 de rando (mato-nui), avec des marquisiens remonte du lac. Enfin nous ne sommes pas seuls sur ces cailloux et au milieu de Tahiti ! les deux chauffeurs bavardent gaiement en tahitien.

Nous nous approchons du but. L’arrivée au lac est éblouissante.
Sur la photo la mer paraît plus haute que le lac qui est pourtant à 473 mètres. (la mer c'est le petit fond de bleu dans le creux du V des cimes, en haut à droite, il y avait trop de lumière sur la photo !)


Effet d’optique saisissant. (je n’insisterais pas sur ce point, car l’optique et moi- ! je viens de perdre mes lunettes de vue cette semaine-) Ca y est, nous sommes arrivés. Nous cheminons à pied au bord du lac.

Le final valait vraiment de se rompre le dos en 4x4. Un pur bonheur !
Ce lac naturel, dans son écrin de végétation sauvage et silencieuse, est tout simplement un joyau admirable.
Grande leçon d'écologie et respect devant cette nature sauvage bien préservée.


Le soleil est au rendez-vous et pas toujours facile de prendre des photos! Dans beaucoup de photos, on se méfie des contre-jour,à Tahiti, mais parfois ils sont inévitables !
Les anguilles à oreille peuplent le lac. Elles peuvent atteindre 2 mètres de long et sont dotées d'une telle force qu'elles se propulsent sur le sol, sans difficulté.
J'en ai vu dans le lac du grand radier, mais ici, c'est pas facile de s'approcher.
Certes, elles sont comestibles, mais leur commercialisation est strictement interdite (dixit Eric) . Elles peuvent cependant être pêchées, mais juste pour une consommation personnelle. Dommage ! J'adore les anguilles ! J'en avais vu chez Yvonne à Nuku Hiva aux Marquises

Il est temps de rentrer. Nous reprenons la piste dans le sens inverse et repassons dans le tunnel. Zut on a oublié les casquettes et re-douche !
Pas pour moi qui suis à la place du co-pilote cette fois, pour ménager mon dos.
Nous retrouvons le grand soleil.

Voici la pancarte dans le sens de la descente à la sortie du tunnel :

No problème pour les radiers ce samedi 4 juillet, c'est bien différent du 14 mars 2009 !

Une heure de descente environ, et nous retrouvons les rivages de la côte est.

Les nuages roses annoncent la fin du jour. Nous longeons la côte.
Le soleil a déjà décliné sur Papeete et le boulevard Pomaré.

Quelle belle journée !
Vite faire quelques courses, rentrer pour trier les photos, rédiger l’article à chaud et vous faire partager ce beau samedi 4 juillet, presque in live !
Le 4 est un chiffre porte-bonheur pour moi, aujourd’hui ce fut encore le cas. Je m’en doutais !
Vivement que pour mon 5 ème voyage, je puisse descendre jusqu’à Mataeia, de l’autre côté de Tahiti, sur la côte Ouest.

Maruuru roa à Patrice le big boss de Tahiti-Safari, et à Eric son pilote très professionnel, car sans eux, pas de lac Vaihiria ce samedi 4 juillet et pas de framboises de Tahiti !
Je vous invite à découvrir la légende du lac Vaihiria en cliquant sur ce lien : le prince du lac Vahiria. Encore une belle histoire d'une princesse et d'une anguille, qui va plaire à mes petits tikis en vacances sur le littoral Atlantique.
Longue vie à Tahiti-Safari.com, car je leur dois mes plus belles émotions à Tahiti.
Nana
Encore deux ou trois articles en préparation et prévus cette semaine. A suivre donc !
Mauruuru .

3 juillet 2009

Framboises et cerises du jardin

Avec les fleurs du jardin, Flo m'a adressé la photo des framboises. De plus elle a fait un joli montage photos.Les tikis vont se regaler, car elle a fait huit pots de gelée.
Lundi soir, c'était le tour des cerises à l'eau de vie .

Quel plaisir de revoir les fruits de mon jardin sur mon écran à 18.000 kms ! à Tahiti.
J'ai planté les framboisiers, le cerisier, je les ai vu grandir et produire.
Je n'imaginais pas qu'un jour, de voir ces fruits en photo, me ferait autant plaisir.

Pour la fêtes des mères, j'ai reçu un joli sac en lin blanc avec des papillons et surtout l'inscription imprimée " Mamie -Tahiti à Papeete".
Flo n'a que des bonnes idées et a compris très vite le poids de "l'éloignement" et je la remercie de toutes ses gentilles attentions qui me rapproche de la Bretagne .