5 janvier 2010

Les moai, dieux de pierre de l’île de Pâques

Prologue : Au départ de Papeete, à l'aéroport de faa'a, le 24 décembre, je bavarde avec Martine qui prend le même vol et descend dans le même hôtel Manavai.
Arrive son mari Philippe, qui me reconnaît de suite. Fonctionnaire expat à Tahiti, je l’ai rencontré dans le cadre du boulot il y a quelques mois. !
Les conversations sur des sujets professionnels seront inévitables, durant le séjour, mais très vite l’île et les moai, nous accaparent et nous oublions Tahiti et son actualité.
Trois chambres mitoyennes à l’hôtel 11, 12 et 13. A la 12, Claudine (enseignante expat ) et sa fille Alexandra qui vit en Australie
Je suis donc la 5 eme française de l’hôtel.
Nous formons de suite, un groupe solidaire et nous découvrirons ensemble les sites, les volcans, les grottes … et partagerons de délicieux repas, avec le pisco en apéro.

Samedi 26 décembre 8h 30 : effervescence à l’hôtel Manavai. : les 5 frani partent en excursion autour de l’île.
Notre guide Keka arrive avec un peu de retard.
Keka est une pascuane qui a vécu 23 ans à Rouen et est revenue dans son île natale depuis peu.

Il fait beau, vite filons, les moai nous attendent ou plutôt l’inverse !

Après la sortie du village, la piste côtière en terre et les premiers sites.
Et toujours l'océan, les falaises, les chevaux sauvages, c'est magnifique.

Keka nous explique les fondations de cette maison pascuane en forme de coque de bateau.
De gros bambous composaient l'armature et supportaient le toit végétal.

Tellement de photos, je ne suis pas certaine de vous les mettre dans l’ordre du parcours .

Bienvenue au pays des yeux qui regardent le ciel " maka ki te rangi ".

Ces dieux de pierre appelés moai étaient les représentations d’ancêtres célèbres qui tournaient le dos à la mer et protégeaient leur clan, sauf ceux d'Akivi qui regardent l'océan.

Le site de Tahai a été restauré entre 1968 et 1970:

Tous les moai ont été érigés entre l’an 800 et 1680, sur des plates-formes nommées ahu.
On compte 272 ahu sur l’île, dont la plupart est disposée sur le pourtour (25 à l’intérieur).

Voici le site le plus magique, celui de Tongariki.



On ne sait à peu près rien des raisons qui ont poussé les Rapanui à les ériger à un rythme de plus en plus frénétique et en taille de plus en plus colossale, épuisant sans doute une partie significative des ressources de l’île dans cette pénible industrie.
Le plus grand des moai mesurait 21,60 m et pesait 180 tonnes.
Gaspillage de temps et d'énergie, dit-on aujourd'hui, mais réservons nos jugements et admirons sans réserve, les vestiges de cette civilisation perdue au bout du monde.
On ignore tout des rites qu’ils pratiquaient.

Nous buvons les paroles de notre guide Keka. : guerres tribales, cannibalisme important…. (présence de crématorium... )

Vers 1680, l’histoire bascule et les moai sont renversés de leur ahu.
Cyclone, tremblement de terre, vengeances entre tribus, toutes les hypothèses s’entrecroisent.

Ce n’est qu’à partir des années 1955 , à l’initiative de Thor Heyerdahl, que certains sites seront restaurés.

Moai couchés,
Une découverte bouleversante, touchante, qui restera à jamais gravée dans ma mémoire et mon meilleur souvenir de Polynésie.

Nous respectons strictement les consignes, ne pas monter sur les ahu et ne pas toucher les moai.

Moai sympathiques qui impressionnent terriblement.
Leur style moderne (façon cubisme ou Picasso) me subjugue.

Pierre a nommé les 15 moai deTongariki à sa manière !

Peut-être une actualisation s’impose pour le plus petit. ?

Pour tout vous dire, il faudrait des dizaines d’articles et vous montrer des centaines de photos.

Peu de liens sur des sites de Net volontairement, mais si vous avez un peu de temps allez voir ce que dit le Net sur Rapa Nui et ses moai.

J’écris cet article encore empreinte de toutes les émotions fortes, que ce voyage à Rapa Nui m’a procuré.
Je peine à trouver les mots justes pour traduire le choc de cette exceptionnelle rencontre de l’île perdue.
Ce profil de moai auréolé de superbes cirrus et du soleil de Pâques, restera dans mon souvenir.

Dans le prochain article, nous visiterons la carrière Rano Raraku, où ils étaient fabriqués et celle de Puna Pau, où les pukao (chignons, pas des chapeaux) en lave volcanique rouge, étaient sculptés.
Pour les passionnés et les curieux je recommande le merveilleux guide "Ile de Pâques " de Daniel PARDON aux Editions du vent des îles, paru en 2008.

Mon rêve ne cesse de se prolonger.... Le blues pascuan sans doute !
A demain pour la suite….

4 janvier 2010

Hanga Roa, capitale pascuane

J’ai parcouru Hanga Roa, la capitale pascuane, les 24 et 25 décembre 2009.
Le village s’étire en longueur, pas d’immeubles, que des petits fare de toutes les couleurs.

et des commerces artisanaux.

C'est bien 30 km/h en ville! Une idée pour le maire de Paris !

Il y a un tatoueur, mais dommage il était fermé en cette période.

Je m'attarde chez le vitrier. Histoire de vérifier si mon langage espagnol tient encore la route. Finalement je me débrouille pas si mal.

Voici la rue principale (grande caille) avec ses énormes caniveaux, qui se remplissent vite quand il tombe des cordes (car la montagne pelée ne retient rien !

Les rues ne sont pas bitumées mais pavées. Pas de feu rouge, pas de stop.
Les cavaliers sont nombreux.

Les chevaux (même sans cavalier), sont rois et traversent les rues, tranquilles !

Des fleurs de capucine ornent les murets de pierre.

Voici le buste de Atamu Tekena, grand chef de l'île, qui a signé le traité d'annexion au Chili le 9 septembre 1888.

La température est douce et agréable.
Il fait chaud mais les brises marines rafraîchissent l’air en permanence.
Le soleil est très présent et je rentrerais de ce séjour avec un bronzage très atlantique et bien doré.
J'ai poursuivi ma balade jusqu'au camping (au moins 4 km)

Voici la seule église.

J’ai assisté à la messe de minuit et enregistré les jolis carillons des cloches et les chants de la messe.
Petit tour au marché artisanal

Les moais, en pierre, en onyx, en bois, côtoient de très jolis paréos.

Les commerçants ne veulent pas de mes euros, aussi je vais faire du change à la station service (1 euro = 700 pesos chiliens, 1 dollar = 500 pesos)
Les cigarettes sont à 3000 pesos (4,20 €) le plat du jour à 5000 pesos (7,15 €).
Cela me change des prix exorbitants de Tahiti !

Premier repérage des restos du port,

La caldera, les pieds dans l'eau , c'est du top bleu !

et la taverne des pêcheurs que je n'oublierais jamais (cf supra)

Il y a aussi des roulottes, comme à Tahiti, mais très rudimentaires.

La petite plage aux tortues.

L’ambiance est très espagnole au niveau des horaires. Magasins (9 h 30 –13 h- 16 h- 20 h)
Le bureau de poste est ouvert de 9-12 –16-18. J'ai acheté moult timbres neufs pour les collections de mes enfants.

Le jour se lève vers 6h 30 et se couche guère avant 21 h30.
C'est super d 'être en dessous du tropique du Capricorne.
Cet horaire est valable toute l'année !
Enfin je retrouve le jour à 20 h 30. Cela ne m’était pas arrivé depuis août 2008 !

Je repère un bar sympa. Il fait si chaud :

"buesnas dias, una cervesa por favor Escudo ?- esta muy bien"
Marchons pour une escudo aussi bonne que la Hinano de Tahiti et surtout nettement moins chère.
Par la suite je goûterais au Pisco, l’apéro chilien par excellence, servi avec de la glace pillée et du citron. C’est top. J’en rapporterais une bouteille à Papeete pour les copains.

La balade se poursuit: collège, mairie, parlement, base navale…..
3 cyberpoints: ainsi j’ai pu téléphoner à Papeete pour 1 € les 5 minutes et faire 30 minutes de mails pour 3 €.
Mon petit vini tahitien (mobile) a capté tout seul, le réseau entel chile et j’ai pu appeler les enfants le soir de Noël.
Visiblement ils étaient très émus de m’entendre de l’île de Pâques, et moi encore plus !
Quelle joie de pouvoir leur dire "joyeux Noël de l'île de Pâques".

Je me sens bien, zen, cool, dans cette île que j’ai hâte de parcourir, découvrir.

Pour terminer, je vous raconte une rencontre du bout du monde.
Le 24 au soir je m’installe à la taverne du pêcheur, face au port.
Elle est tenue par un français.

Le patron me demande d’accueillir un client à ma table, qui est seul, et son resto est archi full.
Je lève le nez de mes cartes postales et je vois un gars sympa et rieur. Bon d’ac, j'accepte.
Il parle le français ? nada, habla espagnol ! c’est bien ma chance !
Je lui demande si il est chilien, car il y a beaucoup de touristes chiliens de Santiago en cette période. Perdu ! Il est italien de Turin !
Mi anglais, mi espagnol, nous arrivons cependant à lier conversation et à sympathiser.
Je lui parle de Tahiti, il me parle d’Argentine, Brésil, Chili, Patagonie, où il vient de passer 3 mois de vacances de globe trotter.
Me voici photographiée par Luca, l'italien.

Les rues sont très mal éclairées. Nous nous rendons à la messe de minuit.
Les chants magnifiques résonnent encore dans mes oreilles.
Lucas me raccompagne à mon hôtel.
C'était ma première soirée à l'île de Pâques.
Il m’invitera à dîner pour le lendemain, jour de Noël, dans le meilleur restaurant de l’île (le Manakau, tenu par une marquisienne) .
Fabuleuse soirée de Noël 2009 sur cette petite île du bout du monde avec Luca.
Le chiffre 13 (mon numéro de chambre) avait fonctionné à merveille.

Revenons à Pâques : Samedi 26, grande excursion pour voir tous les sites de moai, la carrière des moai...
Suite du programme des jours prochains : descendre dans les cratères des volcans, aller dans les grottes, faire un tour en bateau……. etc
Ces 7 jours seront bien remplis.
C'est un réel plaisir que de vous les retranscrire dans le blog.
A suivre.

Présentation de l’île de Pâques

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L’île de Pâques, en espagnol Isla de Pascua, en langue maori Rapa Nui, ou Easter Island, est une île isolée dans le Sud-Est Pacifique, particulièrement connue pour ses statues monumentales, les Moaïs et son unique écriture océanienne, le rongorongo, pas encore déchiffrée à ce jour. (cf article suivant).


L'ami Pierre, m'a confié ces images, glanées dans ses bouquins.

L’île, province du Chili, petit triangle volcanique de 166 km2, 12 km de large et 24 km de long, est le point le plus éloigné au monde.



Pitcairn est l’île Polynésienne habitée la plus proche, à quelques 1900 km.
Rapa nui se situe à 3700 km des côtes chiliennes et à 4050 km de Tahiti.
l’île compte environ 3500 habitants.


Elle fut découverte par l’amiral Hollandais, Jacob Roggeveen le jour de Pâques, le 5 avril 1722, et comptait alors près de 4 000 habitants.
Elle fut annexée par l’Espagne en 1770 et devint possession chilienne en 1888.

Cette île énigmatique emprunte de spiritualité est connue dans le monde entier pour ses extraordinaires sites archéologiques.

Depuis 1995, le patrimoine exceptionnel de l’île est protégé et inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO.

Des parcs ou réserves naturelles, enserrent les zones des vestiges.
La communauté Rapa Nui veille jalousement sur les traces de son histoire et constitue un pouvoir parallèle au gouvernement officiel chilien.

Selon les analyses récentes d’ADN, les pascuans sont bien des polynésiens, plus probablement d’origine mangarevienne, archipel actuel des Gambiers. (Polynésie française).

Ce petit peuple a vécu une expérience hors du commun, sans doute unique, c’est la distance entre les pascuans et l’humanité qui a forgé son histoire étrange et envoûtante.

Perdue au milieu de l’océan pacifique entre Tahiti et le Chili, l’île de Pâques (Rapa Nui) est l’une des îles les plus reculées au monde.

Après les gravures, voici trois clichés pris le 25 décembre 2009.

Et le premier coucher de soleil , le soir de Noël.

Les présentations étant faites, nous allons passer à la visite détaillée.
A suivre.

3 janvier 2010

Hôtel Manavai à Hanga Roa

En quelques minutes nous traversons le village avec le véhicule de l'hôtel et arrivons à l’hôtel Manavai à 100 mètres du port.


Les chambres sont disposées comme dans un motel au milieu d’un parc verdoyant,

la piscine occupant la place centrale.

Un deck avec transats pour les bains de soleil est perché dans les arbres et ouvre la vue sur la mer toute proche.

La salle des petits déjeuners est ouverte sur le jardin.


Le confort est simple mais suffisant.
L’endroit respire le calme et on entend les tourterelles et les perruches de la grande volière.
Le personnel ne parle pas le français, aussi il faut s’exprimer en espagnol ou en anglais.
Ma chambre porte le numéro 13 (porte-bonheur j’espère !)

Il n’y a pas d‘activités et d'excursions prévues le jour de Noël, aussi je consacre le jeudi 24 et le vendredi 25 à la découverte dHanga Roa et de ses environs.
Voici une vue d'ensemble de la seule zone habitée de l'île.

Voici le petit port

et la plage ou je me baignerais le jour de Noël à 9 h du matin.

Trois tortues de mer géantes, viennent tous les matins et tous les soirs, faire un tour sur cette plage.

Pour les photos, même problème qu’avec les baleines, il faudrait avoir un moteur sur l’appareil car quand elles sortent la tête hors de l’eau, bien sur l’appareil est éteint !
Et voici les moai du port. (Ahu = plateforme), qui comme tous les moai tournent le dos à la mer.

A suivre.

1 janvier 2010

Séjour à l’île de Pâques pour Noël 2009. (1)

Je reviens d'un séjour de 8 jours merveilleux dans une île mystérieuse et envoûtante.
Quel exercice difficile de tout vous retranscrire le plus fidèlement possible !
Je ne veux pas vous faire un reportage «cartes postales» avec des liens wikipédia trop faciles. C’est sans intérêt.
Je souhaite vous raconter le plus beau voyage de ma vie et vous faire partager mes émotions au jour le jour.
J’ai pris beaucoup de notes et je vais vous les retranscrire in extenso, assaisonnées de mes émotions.
J’ai passé mon 1 janvier à classer les 1500 photos, pour vous offrir les meilleures dans le blog.
Ce voyage va donc faire l’objet d’au moins 5 ou 6 articles dans le blog, ainsi je vais le revivre une deuxième fois avec vous.
C’est beaucoup de boulot certes, mais un réel plaisir pour moi de partager mon rêve devenu réalité.
Je vous emmène en voyage à l’île de Pâques, terre chilienne en plein pacifique sud à 4000 km de Tahiti. (c'est Paris Dakar à 200 kms près !)

L’histoire débute le 24 décembre 2009 à 00h 30.
Le boeing de Lan Chile décolle de l’aéroport de Faa’a à l’heure prévue.
Il n’est pas plein, 60 % de fauteuils vides.
Après la collation sans nom (nouilles au fromage ou l’inverse), je m’allonge sur les 3 fauteuils vides. Mon sommeil est entrecoupé par les soubresauts des turbulences aériennes.
C’est un vol de nuit. Je pense à Saint-Exupéry. Je dors et espère l’inconnu.
J’ai laissé mon stress et mon hyper activité à l’aéroport. Je suis en vacances.

6 h 30 à ma montre à l’heure tahitienne, en fait il est 11 h 30 à Hanga Roa. (plus 5 heures)

Les hôtesses nous réveillent et remontent les volets des hublots.

Bonjour le décalage horaire !
Nous allons atterrir dans 10 minutes ! Pas de café ? non pas le temps !
Pendant 5 heures nous avons survolé que le Pacifique et enfin une terre .

Il faut noter que la piste est prévue pour permettre l’atterrissage de la navette spatiale américaine en cas d’urgence.
Par le hublot j’arrive à faire quelques photos aériennes (un peu grisâtres).

Nous débarquons à l’aéroport de Matarevi, à Hanga Roa , unique commune chilienne de l'île de Pâques.

Des statues contemporaines nous plongent dans l’ambiance.

Nous sommes le 24 décembre 2009. (décalage de moins 6 heures sur Paris).
Les formalités douanières s’éternisent. Depuis le 11 septembre 2001, le monde est devenu fou et terriblement suspicieux quand l’étranger surgit ! C’est fiu !
Enfin, le chauffeur de l’hotel Manavai me couronne.
Nous traversons le village d’Hanga Roa, seul lieu de vie de l’île.
Je suis arrivée dans l’île de mes rêves. Un grand soleil m’accueille.
Je songe que je ne serais pas encore présente auprès de mes enfants pour la 2 eme fois consécutive. Me pardonneront-ils cette nouvelle absence ?
Pour moi ils sont présents et m’accompagnent dans ce fabuleux voyage du bout du monde.
Sans plus attendre voici la plus belle photo des moai, ces géants de pierre que je viens saluer avec admiration.

A suivre.....