8 août 2011

Le musée François GRELET à Omoa

Après le déjeuner, nous avons plusieurs activités prévues, encadrées par notre charmant guide Didier.
Le suisse Jules François Grelet, a vécu sur l'ile de Fatu Hiva au 19 siècle. (1830).

Il commença une collection d'objets d'art marquisiens qui fut complétée par ses descendants.
Sa maison a été conservée et est devenue le musée Grelet.
On note les fenêtres dites européennes qui étaient à l’époque un signe de richesse. Monsieur Willam Grelet, alors chef de district à Fatu Hiva, a obtenu le grade de Chevalier de l’Ordre de l’Etoile Noire en 1852.

Cette distinction était donnée à tous ceux qui travaillaient au développement de l'influence française sur les côtes occidentales d'Afrique. 5 classes : grand-croix, commandeur avec plaque, commandeur, officier, chevalier. Le décret du 1er septembre 1950 lui donna la dénomination "d’Ordre de la France d’Outre-mer". Elle fut remplacée par l’ordre national du Mérite (décret du 3 décembre 1963). Etrange fare ! curieux musée.

le umuhei : bouquet odoriférant des Marquises

Te Umuhei, c’est le nom d’un bouquet issu d’une ancienne tradition des îles Marquises. Il est composé de plantes odoriférantes utilisées depuis toujours par les femmes marquisiennes.
Après s'être enduit les mains de monoï, les femmes confectionnent de petits fagots de végétaux odorants qu'elles se mettent dans les cheveux, après les avoir assemblés avec un brin de fibre végétale.
Leur composition comporte du fenouil ou de l'aneth, de la menthe, du miri, du mati, des petits morceaux d'ananas enfilés sur un brin de paiore et recouverts de poudre de bois de santal, de feuilles d'ylang-ylang, de fleurs de vaho vaho, d'opuhi et de tiare Tahiti, de racines de mouu et de hinano, et de la vanille. C'est une spécialité de Fatu iva, que l'on peut aussi mettre dans une chambre pour la parfumer.
Les femmes l’enroulent dans leur chignon ou le mette dans une couronne.
Le bouquet ainsi composé glisse de mains en mains. Quelle odeur très agréable !

4 août 2011

Fatu Hiva, la Marquise secrète

Fatu Hiva est l'île la plus au sud dans l'archipel des îles Marquises. C'est la première île découverte par le navigateur espagnol Alvaro de Mendaña en 1595. Son relief volcanique, hérissé de crêtes et de pitons émergeant d'un épais manteau de végétation tropicale, est très impressionnant, avec des pics basaltiques de 1000 mètres comme les statues des Vierges de la baie de Hanavave. Superficie : 84 km2. Point culminant : Mont Touaouoho (1125m).
Elle se trouve à 80 km au sud de Hiva Oa et compte 629 habitants (Recensement de 2007)
Ses deux jolis villages, Omoa et Hanavave, distants de 17 kms (seule route de l'île), sont nichés au fond de baies spectaculaires : la baie des Vierges est celle dont rêvent les navigateurs. Elle offre un mouillage exceptionnel dans un décor d’Eden encore sauvage.
Il n’y a pas d’aéroport et il faut entre 3 et 4 heures de bonitier (selon l’état de la mer), de Hiva Oa pour se rendre à Fatu Hiva.

Vendredi 22 juillet : Dès 8 h, les baleinières et non les barges cette fois, sont mises à l’eau. Fatu Hiva se réveille doucement sous la brume matinale.

Depuis mardi, nous avons une vingtaine de personnes d’une mission administrative, dont 4 ministres qui sont du voyage. Ils débarquent les premiers. Ils sont attendus par toute la population pour l’inauguration de la nouvelle salle multifonctions. C’est jour de fête à Omoa.
Je ne tarde pas à mon tour, à être couronnée par Paloma qui m’accueille chaleureusement. Voilà deux ans, que je la rencontre aux salons de Papeete et elle réclamait ma venue à Fatu Hiva. Paloma est l’épouse de l’instituteur de Fatu Hiva, elle est sculpteur.
Avec la croisière c’était plus simple, mais je ne reste que la journée hélas ! Je reviendrais ! J’achète une jolie carte de la Polynésie en tapa blanc (du murier).


La population endimanchée se presse vers la salle. Les danseuses se préparent dans la bonne humeur, les enfants répètent leurs chants. Les rubans sont coupés par les personnalités. Pendant les discours, nous sommes 4 (George, Claude et Raphaël l’italien) à partir en balade vers la rivière du fond de vallée.
Les enfants me cueillent de grosses grenadines dans les arbres. et des caramboles.Un délice sucré ! Les jardins regorgent d’arbres fruitiers bien remplis. Les enfants m'en cueillent des kilos en rigolant comme des fous !!! Des enfants heureux et très gais ! De vrais enfants !
La petite église exhibe fièrement son toit rouge et ses murs bien blancs.
Il y a beaucoup de vieux fare en bois, sans boiseries de fenêtres.En cas de cyclone, le fare s’envole ! (remarquez les panneaux en pandanus tressé entre les fenêtres).
En cas de problème, toute l'île se mobilisera, alors n'y pensons pas !

Un musicien nous joue un petit morceau et accepte la pose photo auprès de la petite rivière. J'en profite pour finir mon berlingot de Fanta. Il fait vraiment très chaud ! Les gens semblent heureux, calmes, solidaires et unis. Une impression de bonheur de vivre. Une respiration, une harmonie totale avec la nature généreuse et l’océan.
Un grand tamaa (repas) est offert par l’Aranui à toute la population dans la salle des sports.
Bon appétit se dit kai-kai en marquisien ! Nous déjeunons avec les habitants de Fatu Hiva.
Les danseurs et danseuses redoublent d’élégance
et de vivacité au son des puissants tambours.

Nous sommes dans le cœur authentique des Marquises.
Pas une seule journée sans les danseuses, danseurs et tambours !

Cette ambiance est envoutante, séduisante, marquisienne à 100%.

Pas d'aéroport, pas 90 % de fonctionnaires territoriaux, mais de quoi vivent ces gens qui semblent si heureux ?

Je vais faire plusieurs articles sur Fatu Hiva (le umuhei, le musée Grelet, Hanavave, la baie des vierges….. ), j’ai tant de découvertes à vous faire partager.
A suivre.

3 août 2011

Une journée à Atunoa (île de Hiva Oa)

Jeudi 21 juillet : L’Aranui a quitté son mouillage de Nuku Hiva dans la nuit et arrive à 6 h du matin à Tahuata. Nous ne descendons pas à Vaitahu (village principal de île de Tahuata), car le cargo ne vient ce matin que pour le fret.Nous y reviendrons le dimanche prochain 24.
Tahuata est une île très proche de Hiva Oa, juste séparée par le canal du Bordelais.Les opérations de fret terminées, l’Aranui quitte le village de Vaitahu à 9 h et entre en baie d’Atunoa à 10 h. Nous descendons en barge car les quais sont en travaux. Après la visite du fare artisanal, où j’achète de jolis colliers de graines, un truck nous emmène au cimetière. Quelques minutes de recueillement sur les tombes de Jacques Brel et de Paul Gauguin. Puis le truck nous redescend au musée Gauguin. Petite pause sur le puits ou le peintre mettait ses bouteilles d’absinthe au frais.
Pour ma part, je revisite l’espace Jacques Brel, mais pas le musée Gauguin. (voir mes articles du 30 juillet 2010 sur les liens). Jacques Brel a lutté contre sa maladie, et je relis ses phrases en 2011, avec une plus grande émotion qu’en 2010. Puis nous reprenons le truck pour aller déjeuner au restaurant Hoa Nui. Danses, tambours et buffets bien garnis….
L’après midi est libre pour des balades dans le bourg.

A 16 h, dernière barge pour remonter à bord. Après le dîner, vers 21 h, notre cargo des mers du sud, prend la mer pour rejoindre l’île la plus au sud de Fatu Hiva. Nous y serons tôt le vendredi matin.
Le roulis berce mes rêves. Je ne connais pas encore Fatu Hiva et j’ai hâte de la découvrir cette Marquise isolée, sans aéroport.


Douce nuit en mer.

2 août 2011

Nuku-Hiva : Taiohae, Hatiheu, Taipivai

Mercredi 20 juillet, la première barge pour Taiohae est à l’eau dès 7h 30. Nous passerons la journée sur l'île de Nuku Hiva. Sur le quai, les vendeurs de poissons sont encore présents.
Ici les sculpteurs sculptent les troncs d’acajou qui serviront de piliers pour le village marquisien qui sera installé pour le grand festival des Marquises en décembre.
Une quarantaine de véhicules 4x4 ont été réquisitionnés par la compagnie Aranui, pour nous véhiculer dans l’île. (4 personnes par véhicule).
Nous commençons par la cathédrale de Nuku-Hiva.


Notre guide Didier, nous fait une petite conférence à l’intérieur. Puis nos véhicules prennent la route de la montagne en direction de Hatiheu.
Juste avant d’arriver à Hatiheu, nous visitons le mae Kamuihei. Le grand banian (Aoa en marquisien) accueille les danseurs de Haka. Nous visitons le site et regardons les pétroglyphes. La baie d’Hatiheu est superbe et innondée de soleil.Petite pause devant l’église.
Yvonne nous a préparé un four marquisien. Nous assistons à l’ouverture du four. Le cochon de lait cuit à l’étouffée, hum quel délice !
Après le repas, trois options nous sont proposées : Marche de 40 minutes jusqu’au col d’Anao, ou baignade à Hatiheu, ou encore départ en Jeep pour Taipivai et 20 min de marche jusqu′au Meae Paeke. Je choisis cette dernière option. La marche sera épuisante car tout en grimpette ! Les nonos ne m'ont pas épargnée, j'ai les épaules couvertes de piqures de moustiques, malgré la couche de OFF que j'avais mis ! Taipivai est le village où l'écrivain amércain Herman Melville a vécu en 1843. L’Aranui 3 a quitté la baie de Taihoae et nous récupère dans la baie de Taipivai. La barge vient nous chercher sur la plage. Journée ensoleillée, mais bien fatigante.
A suivre.