J’ai découvert l’existence de ce monastère tout à fait par hasard en faisant des recherches sur le Net.
Ce monastère féminin des sœurs clarisses, s'est implanté en 1981 en Polynésie et en août 1993 sur les hauteurs de Punaauia.
Il est dédié à Sainte-Claire, de son vrai nom Claire Favarone Offreduccio, qui appartenait à une famille noble et puissante d'Assise. A 18 ans, attirée par Dieu, elle quitte famille et fortune et se retire dans le silence au monastère Saint Damien, dans la campagne d'Assise. Elle y vivra 42 ans. Très vite d'autres jeunes filles sont entraînées par son exemple.
L’ordre des Clarisses a fêté en 2011 son 8 ème centenaire. Il représente plus de 18.000 clarisses, réparties à travers les 5 continents et en 897 maisons : 617 couvents en Europe (dont 54 en France et 1 en Polynésie).
C’est le seul monastère en activité en Polynésie. Intriguée je me renseigne et téléphone. Rendez vous est pris pour une visite à 14 h 30 mercredi.
Le monastère d’Outumaoro a été prévu pour 15 religieuses. La communauté du monastère est actuellement composée de 13 religieuses : 8 professes à vœux perpétuels, 4 professes à vœux temporaires et une novice. Leurs noms à jour du 15 janvier2012, figurent dans le Net – voir ici- Il y a 1 Fidjienne,1 Vanuatu, 2 canadiennes et des polynésiennes.
Je prends un chemin côté montagne en face de Carrefour Punaauia. Au téléphone, on m’avait dit : vous allez tout droit jusqu’au bout. Au début, ça grimpe dur, puis on revient sur les bords de montagne. La route est interminable et je ne vois jamais la fin. Je double le grand séminaire. Je suis au fond de cette grande vallée et jamais j’aurais immaginé voir autant de fare si loin de la RDO. C’est avec 10 minutes de retard, qu’enfin j’atteins la grille bleue du monastère.
Je sonne à l’accueil. Une petite sœur habillée en robe écrue et voile blanc, m’accueille avec un grand sourire. C’est une des 2 canadiennes arrivées il y a 30 ans pour la fondation. C'est la doyenne. La 2eme canadienne s’appelle sœur Agnès La conversation s’engage immédiatement. Nous passerons plus d’une heure ensemble. Son accent canadien, à peine estompé, est ravissant. Elle répond à toutes mes questions avec précision et simplicité, avec un regard clair et souriant.
Elle m’explique qu’elle aurait du finir sa vie au Canada et que c’est très rare de changer de monastère. Quand on rentre dans un monastère, ou un couvent, c’est pour la vie, on ne le quitte qu’à la mort. Elle est heureuse de vivre dans ce paradis où il ne neige jamais.
Elle m’ouvre la boutique. Les religieuses font de la reliure, des icones sur bois,
des chapelets de graines ou de buis et bien sûr des confitures. Elles ont créé un verger qu'elles entretiennent elles mêmes ainsi que leur jardin d’agrément.
Un tahitien survient et demande à voir sœur Agnès, qui lui m’a mis de côté des graines de fleurs. Ma canadienne va quérir sœur Agnès. Pendant ce temps le tahitien ne tarit pas d’éloges sur la gentillesse des sœurs "elles sont chou".
Je vais visiter une partie du parc. Cet arbre m’a été signalé par le tahitien comme un arbre rare.
Il produit de jolies fleurs jaunes et de très grandes gousses de graines.
Il ressemble un peu à un acacia .Difficile de trouver son nom.
Les racines de celui-ci sont énormes. Juste au dessus des bananiers, une vue sur le pacifique au loin.
Je me rends à la chapelle. En façade, Deanna de Marigny a réalisé une magnifique mosaïque avec du vitrail en mars 1990. Un mois seulement a été nécessaire à l'exécution de cette œuvre.
Elle représente Sainte-Claire, la nativité et une branche d'arbre à pain. La chapelle a 2 nefs perpendiculaires. Ainsi les religieuses ne sont pas visibles du public.
Je regarde les horaires des offices. 6 en semaine ! le premier à 5 h et le dernier à 20 h !
Il fait doux. Nous sommes à plus de 400 mètres.
L’ambiance est calme, sereine. J’ai même entendu des oiseaux chanter.






