25 septembre 2009

Attention aux poissons du lagon

Avant le départ pour l'atoll du week-end, Christian, le polynésien, m’a adressé un mail que je reproduis si dessous sans changer une virgule. Juste quelques photos des monstres du lagon.

J'ai un conseil à te donner, quand tu vas dans les îles, c'est d'emporter un équipement complet : masque, tuba et palmes.
A l'occasion des gants et un gros tournevis plat (40 cm ).

Un boîtier étanche pour faire des photos sous l'eau.
Les plus belles photo sous l'eau se font au début de la matinée avant que le vent ne se lève et surtout pas à plus de deux ou trois mètres de profondeur pour que les couleurs soient belles.
Il faut avoir le soleil dans le dos.
Quand il pleut la mer est chaude.

Si tu es piquée par un nohu (poisson pierre),

si c'est sur un membre, mettre un garrot que l'on relâche tous les dix minutes, ensuite il faut au plus vite mettre sur la piqûre des linges trempés dans de l'eau chaude à la limite du supportable, la chaleur décompose et détruit le poison. Important c'est toi qui doit juger la limite de la chaleur, surtout pas les autres.
Si tu touches un petit ver blanc qui te laisse des épines comme un cactus, l'eau chaude dissout les piquants. Tous ces venins ne résistent pas à la chaleur.

Si tu es piquée par un Taramea (coussin de belle-mère),
il faut le retrouver et frotter l'endroit piqué sur sa bouche suceuse, il va aspirer le venin.


Tataraihau (poisson dragon, poisson de feu) sont à attraper avec des gants de cuir très épais, ils sont magnifiques mais piquent.


On peut aussi faire aspirer le venin par quelqu'un avec la bouche, ces venins n'ont aucun effet dans le tube digestif, ils y sont détruits.
Ce sont les conseils d'un fana (à une longue époque) de la pêche sous marine.
Ce sont les petits inconvénients de nos lagons.
Seul le nohu est vicieux, il prend la couleur du corail environnant et l'on ne voit que les deux yeux. On peut mettre la main dessus sans le voir. En réalité c'est très rare de se faire piquer . Christian
Ps : Imprime ce e-mail et prends le avec toi .

Pourquoi faire le tournevis ? La réponse ne s'est pas fait attendre :

Le gros tournevis ?...... tous les polynésiens l'ont dans la pirogue ou le bateau, cela a de multiples usages.
On s'en sert comme un piolet (instrument inconnu des tahitiens) pour s'accrocher aux coraux sans y mettre la main .
Cela sert à repousser une murène ou un poisson trop piquant et curieux, à soulever les cailloux en toute sécurité et aussi à sortir des Pahua (bénitiers ) pour les manger, à collecter des Vanaa (oursins), etc. etc.....et à taper autour d'une piqûre de nohu pour en extraire le venin.
Bon séjour Christian.

Me voici bien prévenue ! Merci Christian.
Lili vient d'arriver.
Vite, (vitiviti), faut pas rater l'avion pour TIKEHAU. (archipel des Tuamotu à 350 kms de Tahiti).
A lundi prochain 28 septembre.

Pause congés

Absente 3 jours pour un petit séjour dans cette île polynésienne. Atoll aux sables roses.

Vous la découvrirez mardi 29 septembre.

23 septembre 2009

Les frères de Ploermël à Tahiti

Ce 23 septembre 2009 était ma journée «coïncidences étranges».
Pour photographier les arbres « dits inclinés » de la rue des remparts, j’ai stationnée ma pistache sur le parcmètre devant le mutoi oire de Papeete. (il était 17h30, je n'ai pas payé ! )


Ce qui m’intrigue le plus c’est le nom de la rue «frères de Ploermël».
Ma bretonne attitude n’en fait qu’un clic.

C’est en 1860 que 4 Frères de l'Instruction chrétienne débarquèrent à Tahiti après 13 mois de voyage ! Ils dirigeront des écoles du gouvernement à Papeete et ailleurs à Tahiti.

Puis, en 1882 fut fondé une école chrétienne, qui s’appellera longtemps « l’Ecole des Frères » et qui deviendra le Collège La Mennais de Papeete.
Cet établissement reste l’œuvre principale de la mission au service des jeunes polynésiens ; il accueille aujourd’hui quelque 2000 élèves de la 6è au BTS,


Pour lire la suite, cliquez sur le lien suivant et vous découvrirez l’œuvre toujours vivace des frères de Ploermël en Polynésie.

Ah ces bretons quels voyageurs tout de même !
Elle est très présente à Papeete ma chère Bretagne.
Quelle joie de lire Ploermël sur un nom de rue de Papeete .
J’aime Ploermël et sa région. Je m'y rendais souvent, c'est à peine à 45 minutes de Dinan.
Et tout cela à cause d'une pancarte d'arbres inclinés !
Ainsi vont et viennent mes découvertes quotidiennes à Papeete, qu'il me plait de vous faire partager en live.

Rue des remparts à Papeete

Bizarre ce panneau routier rue des remparts, derrière la mairie de Papeete.

Ils sont droits et majestueux ces arbres. Peut-être une vraie fausse raison pour interdire le stationnement ?
Je m’approche au deuxième réverbère et je prends un alignement digne d’un géomètre.
Tiens juste un truck qui passe.

Bientôt il n’y aura plus de trucks à Papeete, mais les grands arbres seront toujours là bien droits.

Avez vous les mêmes panneaux en métropole ?

22 septembre 2009

Le vieux fare de Faa’a et ma leçon de réo-tahitien

Plusieurs fois par semaine, je passe devant un vieux fare en allant relever ma boite postale à l’OPT de Faa’a.
Pourquoi une boite postale ? Tout simplement, car il n’y a pas de facteur en Polynésie, la boite postale est donc obligatoire (c’est environ 20 € par an, le prix du calendrier des Postes en métropole ). Ainsi si tu ne veux pas avoir de bonnes ou de mauvaises nouvelles, tu ne vas pas chercher ton courrier ! C’est pas plus compliqué que cela !

Impossible de prendre la photo du fare en roulant !
J’ai repéré un stationnement à proximité et j’y suis allée ce soir pour tester mon nouvel appareil photo (Olympus FE 45 X) qui remplace le Sansung S750, qui a bien bossé depuis un an.
La chaleur a raison de lui et il surexpose les vues, je peux encore l’utiliser mais que pour des photos de nuit ! (c'est une panne courante ici)

Ce vieux fare est caractéristique des constructions traditionnelles en bois avec couverture de n’iau (palmes de cocotier tressées) ou en fara (feuilles de pandanus cousues).
Les hommes fabriquaient le fara et les femmes le n’iau.

Il est encore habité. En témoignent des linges à sécher et la présence de trois gros chiens jaunes bien nourris, qui n’ont pas apprécié ma curiosité et secouaient méchamment la mince palissade de bois qui me séparait d’eux. Un 4 eme arrive ! (à droite sur la photo )

Je m'éloigne pour calmer leur fureur.

Je profite de cet article, pour une petite révision de mes cours de réo tahitien.

Autrefois , il y avait plusieurs types de fare dans le village :
fare tutu : (maison pour cuisiner) la cuisine (qui contenait le four ahima’a),
fare tao’to : (maison pour dormir), la chambre, souvent ouverte à tous vents,
fare haa (maison pour faire le tapa), l’atelier en quelque sorte
fare pote’e (maison de réunion)
fare ari’i la maison du chef
fare va’a : le hangar à pirogues (le garage ! )

Ne cherchez pas la salle de bains c’était la rivière (anavai ou tahora pape) De nos jours c’est fare pape (pape : eau canalisée).

J’aime beaucoup le nom tahitien qui désigne la fenêtre, c’est haamaramarama ! quelle ouverture !

Toujours dans la même construction de mots voici la suite :
Fare toa magasin
Fare ma’i (maison des malades) hôpital
Fare oire (maison de ville) mairie
Fare haavaraa palais de justice
Fare pure (maison de la prière) église
Fare muto’i (maison des policiers) commissariat

Je vous disais que la langue tahitienne était d’une logique implacable, le problème c’est de mémoriser les mots. Pour moi c’est bon pour tous ceux-là !

Lorsque je prenais mes photos, deux femmes m’ont abordée.
Toutes les deux étaient surprises que je prenne ce fare en photo.
Lorsque je leur ai expliqué que je le trouvais très beau, elles furent d’accord.
Elles précisent que leurs grands parents avaient les mêmes et que c’était bien mieux que les parpaings et les tôles ondulées qui conservent la chaleur.
Je suis restée bavarder (paraparau) avec elles pendant près de 45 minutes.
Je me suis même risquée à quelques expressions tahitiennes. Elles ont rit mais ont bien compris.

Un ami de Tahiti (carabass dans les commentaires ) m'a trouvé de super liens que je vous invite à découvrir sur les fare anciens. Ca vaut vraiment le détour.
Ce vieux fare existe encore et est bien entretenu et ce, en plein centre de la plus commune la plus peuplée de Polynésie française Faa’a (29.851 habitants).

C'est pas encore pour demain un article tout en tahitien ! rassurez vous !
Pourtant j'apprends vite, car j'y mets tout mon amour pour la Polynésie.

19 septembre 2009

Ahima’a, le four polynésien

Ahima’a signifie le feu (ahi) et nourriture (ma’a).
C’est une technique de cuisson à l’étouffée, restée très vivace en Polynésie.

Le ahima’a est un grand trou creusé dans le sol. La cavité est remplie de bois et de bourres de coco qui sont enflammés.
Sur le dessus, des pierres volcaniques sont disposées. Les pierres sont chauffées à de très hautes températures.
(celui qui a breveté les barbecues à la pierre de lave a du venir en Polynésie, c’est certain ! )

Une fois les pierres bien rouges, des demi troncs de bananier sont disposés pour empêcher les aliments d’être directement carbonisés.
Les mets sont disposés dans des feuilles de bananiers ou de purau.
Ensuite on remet une couche de sacs de coprah, puis une couche de terre.

Donc le ahima’a c’est une grosse cocotte, mais pas minute car la cuisson à l’étouffée dure 6 heures !
Jadis on mettait des feuilles de auti. Aujourd’hui on pose les gamelles en fonte sur les pierres et on ne met plus de terre.
Ainsi on cuit du cochon, le uru, le taro, le fei le poe, le poisson, le poulet.

Tous les grands hôtels se doivent d’avoir leur ahima’a, mais les authentiques fours sont dans les atolls isolés. Là c'est du vrai de vrai, pas du reconstitué à but touristique.
Cuisson lente qui dure des heures et préserve totalement le goût des aliments.

Voici la photo du four tahitien de Pierre, suivie d'une gravure qu'il a trouvée dans un ouvrage de sa grande bibliothèque.

Cela me rappelle le four à pain du village breton de mon enfance, qui restait allumé plusieurs jours. Ma grand-mère y allait pour y cuire ses terrines et le pain au levain, qui avait un goût divin. Ce village s'appelle "la chataigniére" dans le sud Morbihan, en bordure de la Vilaine.

Souvenir aussi du délicieux ragoût de mouton de l’île d’Ouessant, cuit de longues heures dans des fours de tourbes creusés au fonds du jardin.
La cuisson à l’étouffée, c’est le bonheur de savoir patienter de longues heures. La bonne cuisine se moque du temps et exige une grande patience.

Je hais les fours micro-ondes !

Combien de temps encore le ahima’a résistera t’il à Tahiti ?
Comme le monde change trop vite et si mal !

Ta ma'a matai
(bon appétit)
Nana

17 septembre 2009

La Polynésie en Bretagne

Entre deux dossiers, j’ai fait un peu de surf ………sur le Net, histoire de me changer les idées !
J’ai découvert le site d’une association bretonne (Lorient et Brest) qui s’intéresse de très près à la Polynésie !
Super chouette j’ai tout regardé ! c'est super complet.
Pour une native du Morbihan, amoureuse du Finistère et de la Polynésie, je suis comblée.
Je vous laisse aller voir. Les photos sont superbes. !
Si je dois me réinstaller en Bretagne un jour, je choisirais Quimper, car c’est à mi chemin entre Lorient et Brest.
En plus le site est bilingue ! français et tahitien. Que du Bonheur !
Cela me motive pour poursuivre mes cours de tahitien. Mais il va être nécessaire également, que je m’inscrive aussi à un cours de danse tahitienne et un cours d’ukulélé.
Quel programme ! (ne pas oublier pas le dentiste tous les mardis soirs ! encore un breton de Fougères qui habite mon immeuble ! )
Mareva sur le site : http://breizhpolynesia.free.fr/
Vive la Bretagne et les bretons !

13 septembre 2009

Lectures Polynésiennes n° 4

Deux nouveaux ouvrages dans ma bibliothèque polynésienne

TAHITI aux temps anciens


Auteur : Melle Teuira Henry
Publications de la Société des Océanistes
Teuira Henry est la petite fille du Pasteur J M Orsmond, de la société des missionnaires de Londres qui vécut en Polynésie de 1817 à 1856.
En 1928, elle publia à Hawaï cet ouvrage sous le titre "Tahiti in Ancient Times" d'après le manuscrit mystérieusement disparu de son grand père.
L'ouvrage est souvent considéré comme la référence pour les îles de la Société,
Il est régulièrement réédité (voir les liens)
C’est un monument ! 723 pages (dont 83 pages de lexique)

CHIENS D’ATOLLS et autres nouvelles polynésiennes


Auteur : Chantal Kerdilès
Ed : Au vent des îles 183 pages
Première édition en 1992-
Récit autobiographique.

Chantal Kerdilès, une rupture imprévue avec le monde occidental par Teva Joussin :

Chantal Kerdilès a été journaliste, spécialiste de politique étrangère à Radio Monte Carlo pendant de nombreuses années.
Un bouleversement, celui de la perte de sa voix, affectera son existence. De ses nombreuses tentatives pour recouvrer l'usage de la parole, elle ne connaîtra que l'échec. L'écriture apparaît alors comme une solution pour retrouver cet espace de la parole perdue et d'apprécier la «possibilité d'un plus grand recul» écrira-t-elle dans son roman autobiographique Itinéraire polynésien. La recherche d'un lieu propice à l'écriture lui fait découvrir la Polynésie et plus particulièrement les atolls des Tuamotu.
Peu de temps après son arrivée à Tahiti, une guérisseuse lui rend l'usage de la parole, ce qui lui permet d'accepter un remplacement d'institutrice dans les Tuamotu. Désireuse de susciter l'intérêt de ses élèves, elle écrira des dizaines de contes
.
Elle vit en Polynésie française depuis 1982 et se consacre à l'écriture.

Chiens d'atolls a été lu en un week-end (très pluvieux à Tahiti ) .


12 septembre 2009

Les perruches de Tahiti

Voici les images des perruches de Tahiti envoyées par un ami.
Merci Pierre.Les recherches sur le Net indiquent la disparition de cette espèce depuis plus d'un siècle.
Bizarre ????
Nous sommes 8 à avoir vu ces deux perruches et ce n'était pas des pigeons !
Les mêmes que celle de cette gravure.

Une bouteille de blanc moelleux pour 8, n'a pas pu altérer à ce point notre vision, ni créer une hallucination collective.
C'est un scoop : la perruche de Tahiti est revenue au mont Marau.
Momo me suggère une hypothèse : Serait-ce un coup de Pierre Perret qui a ouvert la cage aux oiseaux !

11 septembre 2009

Les verts du Mont Marau

Parlons botanique, celle du mont Marau
Dès les premières hauteurs, nous découvrons un très grand potager ( fa’a apu)

C’est un vieux chinois qui entretient ces plantations et vend ses productions au marché de Papeete. C’est du bio garanti.
Il y a des choux chinois (pota),

de la salade, du persil, de haricots des ananas (painapo),

des pieds de papayes (iita), une recette en passant sur le lien. Je les aime que cuites , crues je n'arrive pas. C'est comme ça !

des tomates, du taro et du manioc (maniota), des citrouilles (mautini).
Pas de clôture, alors parfois des vols.

Alors, il a mis une pancarte d’avertissement.

Espérons qu’elle suffise à dissuader les malins.
Les premiers coteaux ressemblent à de douces pentes alpines.

Toujours cependant les vues sur le lagon en contrebas.

Ensuite, les belles fougères arborescentes, que j’admire tant pour leur magnifique élégance et leur hauteur.

Dans le virage, les tôles ondulées servent de glissières de sécurité, car juste en dessous c’est le précipice.


Plus haut les arbres sont tous couverts de barbe. Ce sont les mousses espagnoles qui donnent cet aspect Hamilton et un aspect centenaire aux arbres. On se croirait en hiver !


Parfois des bizarreries ainsi cette fougère pousse dans l’arbre à 5 mètres du sol. Ce sont les plantes épiphytes (pas vraiment parasites, plutôt aériennes).

Nous découvrons un couple de perruches vertes superbes, mais pour les photographier, galère !
Je préfère cliquer sur les plantes géantes car au moins elles ne se volatilisent pas !

Joli pin colonaire !

Il y en a plein à l’île des pins en Nouvelle Calédonie et j’en ai vu aussi sur le plateau de Nuku Hiva aux Marquises.
Dans notre coin pic-nic choisi par Patrice, nous découvrons une plante très odorante, une sorte de menthe sauvage.

Nous cueillons des bouquets de fleurs et nous nous frottons les mains avec.
Une odeur délicieuse. Quel est le nom exact de cette plante ?

Fille du littoral atlantique, la montagne n’a jamais été mon truc. Cependant j’ai toujours aimé la botanique et curieusement, je me mets à adorer ces montagnes exotiques et verdoyantes avec leurs arbres et plantes gigantesques.

Ce silence, ces odeurs, vous plongent dans un monde de calme et de beauté, où le stress est vite oublié, et devient un gros mot !

SVP Messieurs les architectes, ne bétonnez pas le littoral de Tahiti. Ne touchez pas à la belle montagne tahitienne. Il sont si jolis les fa’a apu des collines. Elles sont trop belles ces grandes fougères de la montagne tahitienne.
Mauruuru roa.

Merci de votre visite amis lecteurs.

Vous attendrez un peu pour la sortie baleines à Mooréa (c'est la saison) car il pleut (e ua). Je vais attendre une météo plus favorable. A Tahiti, la patience est une grande qualité. Je vais reviser mes leçons de réo tahitien , car il risque de pleuvoir tout le week-end, mais comme il fait chaud cela ne m'empêchera pas de me baigner quand même !

Pas encore un an de blog et déjà plus de 10.000 visites ! Merci - Mauruuru roa
Nana.