12 décembre 2009

Grosses chaleurs sur Papeete le 12 décembre

Samedi 12 décembre, je tombe du lit à 6 h du matin. Je me prépare avec empressement.
7 h 15 : il fait déjà plus de 30 ° au thermomètre du balcon.
A l’intérieur, 25 ° mais avec les deux climatiseurs en marche depuis vendredi soir.
Je souhaite aller prendre un bon bain dans le lagon du côté de PK 15.
C’est entre 7 et 10 h que la plage est agréable.

Sur le parking de la plage Toaroto, Pistache a une place de choix à l’ombre du très beau flamboyant jaune.

Je m’installe en dessous de ce grand tipanier.

J’apprécie l’immersion dans l’eau déjà chaude du lagon à cette heure matinale.
Des enfants pêchent les petits crabes dans les patates de corail.
Je prends mon livre, mais le calme de l'endroit et la chaleur m’endorment doucement.
20 minutes de repos sous le soleil ardent.
Pas question de continuer à lézarder, j’ai un rendez-vous à 10 h 30 avec le tatoueur.

Je reviens en fin d’après midi pour un dernier bain. Il a fait très chaud ce samedi.
J’attends le coucher du soleil.
De gros nuages gris obscurcissent le ciel et donne une couleur argentée à l’océan.

IL est 18 h40. Puis soudain, le nuage s’en va et le ciel s’enflamme.

C’est magique.
Je rentre par la route de bord de mer de Faa’a.
Je ferais encore 2 autres arrêts, car c’est un festival.

Le ciel redevient clair et rose, comme si le jour ne voulait pas laisser sa place à la nuit et rallumait ses couleurs.

J’avais déjà remarqué ces courtes récidives de lumières du jour, alors que le soleil était déjà tombé dans l’océan.
Coucher du jour ou lever de lune ? je ne sais pas comment s’appelle cet étrange phénomène.

Le boulevard Pomare a allumé ses grands arbres avec les lumières de Noël.

Les rues se vident.
Il est 19 h , il est temps de rentrer prendre une bonne douche glacée et de rester cool sous la clim mise à fond.
En écrivant ces lignes, je regarde le Soir 3 de minuit, en France.
Une nuit glacée est annoncée avec des températures négatives.
Je préfère mille fois les 34 ° prévus pour dimanche sur Tahiti.

8 décembre 2009

Lectures polynésiennes n° 8

Je vous avais présenté Chiens d’atolls de Chantal Kerdiles.
Il me manquait l’essentiel : Itinéraire Polynésien ».
Après Simenon et son touriste de bananes, j’ai dévoré ce livre en moins d’une semaine.

Chantal Kerdilès : une journaliste de radio qui perd la voix, mais ne veut pas se taire … 3 ans de silence forcé, pourtant, puis l'écriture, et la guérison à Tahiti. Chantal Kerdilès accepte un poste d'enseignante aux Tuamotu ; 6 ans sur des atolls dont la population dépasse rarement 200 habitants. L'envers du monde se dévoile, éprouvant et merveilleux. Aux Tuamotu, derrière le sable éblouissant et les palmiers inclinés de la carte postale, se déroule une vie dense et attachante, qui fait la matière du récit de Chantal Kerdilès. Ici l'insularité est extrême, sous ses aspects les plus attachants, mais aussi les plus rudes.

Publié en 1995 aux Éditions du Vent des Iles.


J’ai choisi cet extrait qui raconte une tradition que je ne connaissais pas encore :

"Habituellement quand une personne vient en visite, on l’accueille en passant autour de son cou un collier de fleurs. On dit qu’on la couronne.
Quand elle vous quitte, on fait le même geste, mais, cette fois avec un collier de coquillages. D’après la tradition si vous lancez votre collier à la mer, alors que le bateau s’éloigne du quai, et que votre parure flotte quelques instants avant de rejoindre les profondeurs de l’océan, vous aurez toutes les chances d’y revenir un jour"».


Pas facile à faire à partir de l’avion, mais à mon prochain voyage dans les atolls et balade en bateau, je tenterais l’expérience.


Et pour finir, voici la description merveilleuse de l’ambiance nocturne dans les atolls :

"La lune animait la surface endormie du lagon de frisures argentées. Le léger « floc » d’un poisson fuyant un prédateur, l’aileron d’un mamaru (requin de lagon) cisaillant les eaux couleur de deuil, le crissement d’une amarre frôlant le corail : douces réalités de la nuit tropicale.
Au loin la plainte monotone du récif, abandonné à sa solitude, dominait les ténèbres comme un râle. Une brise tiède me ferma les paupières et m’emporta aux limites de l’oubli. "

J’ai souvent ressenti cette même impression lors de mes séjours dans les îles.
Les nuits sont magiques, douces et tièdes.
Après la nuit, le jour se lève sur un monde nouveau.
L’impression de renaître et d’avoir tout oublié.

A Tahiti, je n'entends plus le mot "stress", mais souvent ce mot plus joli a vitiviti (vite). Mais avec sous ces chaleurs épuisantes, je ne vois personne courir !

Les livres donnent encore plus de sens aux réalités.
Je rêve et je vis mon rêve, mon itinéraire de bretonne en Polynésie.

NB : 2 photos de Tetiaroa -août 2009-

7 décembre 2009

La marine américaine à Tahiti – l'US O’Kane

Un navire de guerre américain a fait escale quelques jours à Papeete. L’USS O’Kane, un destroyer lance missile.
Samedi et dimanche c’était portes ouvertes, visites gratuites.

En rentrant de la plage dimanche, j’ai réussi à faire la dernière visite de la journée.

Précaution toute américaine, un marin vérifie les sacs à main et scanne les visiteurs.
Un marine au début du petit groupe, pas plus de 20 personnes à la fois et un autre ferme le ban.

Nous voilà partis à la queue leu leu, dans ce dédale de ferraille grise. Bien sur à vitesse grand V.
Les deux marines avec un accent américain très prononcé, font des blagues qui ne font rire qu’eux, car très peu de visiteurs les comprennent.
J’ai réussi à poser une question, pas très sympa, «quand repartez vous aux US ? »
La réponse : «mercredi pour Hawai »


Pas un seul mot en français, même pas bonjour ou merci, encore moins en Tahitien. !
Ia ora na, ils ne semblaient pas savoir ce que cela voulait dire !

Le seul endroit fermé que nous aurons le droit de voir est la cabine de pilotage, sinon nous cavalons sur les ponts et regardons les big gun (les gros canons) et les tubes de lance missiles.

Le parcours de la visite est bien fléché. Gare à celui qui esquive un œil par un hublot.
Les photos sont autorisées cependant, mais restent sans intérêt.

Les accents américains me rappelaient l’aéroport de Los Angeles en novembre 2008 et la bousculade qui m’a provoqué la plus belle entorse de ma vie, celle que je nomme mon entorse américaine!
Les marines étaient tout de blanc vêtus, mais leurs bérets n’avaient pas de pompon.
Et moi de me dire, pourquoi les marins français ont des pompons ?
Si vous pouvez m’aider à trouver la solution……

J’étais ravie de redescendre de ce navire très étranger.
J'ai dit mauruuru, nana, au boy en blanc, il m'a dit "hello" !
C’était mieux le Gloria !
(le 29-09-09).

Je n’aime pas les bateaux qui font la guerre et qui crachent des missiles, quelque soit leur nationalité.
Bon vent, Bonne mer à l'USS O'Kane

6 décembre 2009

Les trésors d’un jardin de génie.

Ce samedi 5 décembre, je rends visite à mes amis de Papenoo. (côte est de Tahiti )

Il y a une compétition de surf dans l’anse de Papenoo. Pierre m’y conduit, car Serge, son grand fils est dans les meilleurs compétiteurs.
Serge a en effet gagné les premières manches de la compétition.
Il attend la suite des épreuves.


Il y a un club de surf, une bande d’amis, des fous du surf.
Sur la petite pointe, Serge habite dans un joli fare au bord de l’eau.


Pierre me dit qu’il va se baigner même la nuit ! Il passe tous ses loisirs dans l’eau !
Les jours de compétition, c’est aussi l’occasion du maa’a traditionnel entre tous les voisins.
Aujourd’hui, c’est un veau à la broche avec la salade russe (macédoine+ mayo) de Polynésie.
J’ai goûté le veau et l’uru cuit au four avec ses graines.
Serge m’a expliqué que les graines se mangent. Un goût d’amande et de noisette mêlée, fort agréable.

Nous quittons les voisins et les surfeurs et regagnons les hauteurs, pour le fare de Pierre.
Il fait chaud, très chaud. Les ombrages du fare sont les bienvenus.

Le 17 octobre, je vous ai présenté le jardin de Papenoo, chez l’ami Pierre.
Voici une deuxième visite, mais commentée cette fois par Eugénie l’épouse de Pierre, qui veille au quotidien sur chacune des floraisons. (d’ou le jeu de mots du titre de cet article, qui est très mérité).

L’hibiscus rouge semble être le roi du jardin,

devant les jaunes monettes, pleines de gouttelettes d’eau du dernier grain.

Quelques filets de pluie très chaude qui ne nous rafraîchissent même pas !

Eugénie me présente ses « handicapés ».

De beaux oiseaux du paradis.
Bien sur je l’interroge sur l’origine de ce nom : «tu ne vois pas qu’ils sont tout tordus ? ici on les appelle comme cela à cause de leur forme».

Eugénie sait derrière quelle grande feuille de bananier sont cachés ses trésors multicolores.

Celle-ci est magnifique, solide et transparente à la fois.

Pierre me dit qu’il a du éloigner du fare, certains pieds de ces superbes, car elles retiennent l’eau de pluie et deviennent vite des réservoirs à moustiques.
Celle-ci plus ancienne, se cache dans le feuillage.

Eugénie me présente le gardénia blanc.

Ce n’est pas un tiare Tahiti, mais un gardenia Taina. Son parfum est sublime et envoûtant.

Le pacayer est rempli de fleurs neigeuses et duveteuses, mais aussi de pacayes.

Pierre nous cueille une longue gousse.

Et voici le contenu de la pacaye. La pulpe cotonneuse a une saveur de banane parfumée.


Voici l’extrait du DIP (dictionnaire illustré de la Polynésie) que Pierre m’a dégotée pour être complète sur le pacayer.
Pacayer, nom masc. Inga edulis. Tahitien : patai. Grand Arbre originaire d'Amérique du Sud, de la famille des Mimosacées.On le rencontre dans les vallées et autour des maisons.
Son fruit comestible est une grosse gousse verte mesurant 4 cm de large, 2 cm d'épaisseur et pouvant
dépasser 30cm de long.
Il renferme une rangée de graines noires aplaties enveloppées dans une chair blanche cotonneuse, juteuse et sucrée très appréciée des enfants.


Viens le tour du corossolier avec ses gros fruits en forme de cœur parfois, et les trouvailles de Pierre, le botaniste des livres.

Extrait des "Plantes utiles de Polynésie" de Paul Pétard :
ANNONA MURICATA COROSSOLIER,
CACHIMENTIER EPINEUX Cet arbuste donne un fruit très connu dans tous les pays tropicaux : le corossol, avec lequel on prépare d'excellents desserts. *
Les graines sont émétiques et astringentes. Le fruit vert séché et pulvérisé est employé aux Indes contre la dysenterie.

Pour calmer les bébés trop nerveux, à Tahiti, on les baigne trois fois par jour dans une infusion tiède de feuilles de corossol, puis on les masse avec du monoi tiare en commençant par le front et les tempes.


Le bananier amoa clôturera cette nouvelle visite du jardin. Il cache son régime sur le grillage, tel un timide.

Nous rentrons nous désaltérer, car la chaleur moite est difficile à supporter à l’extérieur.
Eugénie me montrera toutes ses créations de tressage, ses collections de colliers de coquillages.

Elle me fera aussi un super massage du dos, car je me suis fait un beau claquage de muscles au niveau des dorsales. Le monoi au santal des Marquises s’avérera d’une efficacité magique.

En Polynésie il y a les plantes qui nourrissent, mais aussi les plantes qui guérissent.
La nature est généreuse. Les polynésiens la connaissent très bien et la respectent beaucoup.

Très belle journée à Papenoo.

4 décembre 2009

Les arbres multicolores de Tahiti

ll est 11 h 45 ce vendredi.
Avant d'aller déjeuner avec les collègues, vite fait je fais un saut à ma boite postale à Faaa que je n’ai pas relevée depuis 4 jours.
Arrêt obligé devant le magnifique flamboyant de la pointe de Faaa.

Deux enfants qui ont manifestement séché l'école s’amusent avec insouciance.
Cet arbre centenaire surplombe les pistes de l’aéroport.
Au loin le lagon étale son bleu insolent, avant le grand moana.

Il fait 32 °. C’est bleu c’est chaud, les odeurs des fleurs parfument délicieusement l’air.

Plus tard en fin d’après midi, j’ai rendez vous avec Rosine ma couturière.
Elle expose ses créations à l’hôtel Radisson pendant 3 jours.
La aussi des bougainvillées si fleuris qu'on pourrait les croire factices ! Non de vraies fleurs !

les tipaniers aussi s'exhibent.

Pistache arbore ses nouvelles marques bretonnes et se repose à l’ombre des arbres -fleurs de Tahiti.

Depuis le matin j'ai gardé à l’oreille, ma fleur de tiare.

Après mes colis de Bretagne, Tahiti m’offre toutes ses fleurs et ses couleurs.
Je suis enfin réconciliée avec le mois de décembre, car à Tahiti c’est le plus beau mois de l’année.
A suivre,

2 décembre 2009

Le 4 décembre, colis de Bretagne

Le 4 décembre est le 338 e jour de l'année (339e en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien.
Il reste 27 jours avant la fin de l'année.
C'est le jour du sapin, 14 eme jour du mois de Frimaire, dans le calendrier républicain français.
Je me suis amusée à faire cette recherche sur le Net «nés un 4 décembre »
J’ai retenu ces 3 noms parmi les français : Gérard Philippe (1922-1959) François Deguelt (1932) et Jacques Perrrier (1936)
Et pour le 4 décembre de l’année 1953 : Jean-Pierre Darroussin, (acteur français) et Jean-Marie Pfaff, (footballeur belge).
Le 4 décembre est aussi le jour du décès de Franck Zappa (en 1993) et de Gloria Lasso (en 2005).

Histoire de dates et de chiffres ! Vous avez compris que je suis née le 4-12-1953.

le mardi 1er décembre, qu’est-ce que j’étais en train d’attendre à 11h30, dans le bureau de L’OPT de Faaa ( île de Tahiti) ?
Jamais auparavant une attente ne m’avait semblé si douce et agréable.
Je savais que 2 colis venant de Bretagne m’attendaient, qu’ils étaient là tout près, si près.
Après 50 minutes d’attente, (avec un bon livre !) et un déjeuner en moins, telle une gamine, en plein cagnard (au moins 32 °), à 18.000 kms de la France, je déscotche mes 2 paquets avec la clé de contact de Pistache !
Après avoir bataillé avec les couches de plastique et de scotch, quand les boites s’ouvrent enfin, le rythme de mon cœur s’accélère.
Une bouffée d’air océanique et d’odeurs bretonnes envahissent Pistache, me donnent le tournis.
Des larmes de bonheur me rafraîchissent le visage et le décolleté.
J’ai quand même bien le droit de pleurer de joie !
Moment unique et privilégié d’un immense bonheur.
Seuls un bel Hibiscus tout rouge de ses grandes fleurs vaniteuses et un flamboyant jaune voient la scène.
Je suis à Tahiti, seule et si loin, si loin de mes enfants..
Ce n’est que le soir, après le bureau que je découvrirais un à un les contenus de mes deux colis.
J’ai pris mon temps, j’ai savouré, essayé de comprendre, quelle délicate attention se cachait derrière chacun de leurs choix, lu et relu les mots des petites cartes.
Frédéric et Nadège ne s’étaient pas consultés et avaient choisi des formules postales d’envoi différentes.
Quel est donc cet heureux hasard, qui a fait que leurs colis respectifs me soient parvenus le même jour ?
Voici quelques images des contenus, mais je garde très égoïstement les trésors d’amour de mes deux enfants.

Fred et Flo m'ont déniché ce livre fabuleux et ont bien compris ma passion excessive et inguérissable pour les livres :

Nadège, s'est souvenue de notre visite à la Belle Iloise à Quiberon. Que des délices iodés !

Pistache n'a pas été oubliée et va bientôt arborer ces deux super adhésifs !
Du jamais vu à Tahiti !

Un tee-shirt pour finir ! Exact je suis devenue une Breizhilienne !
Bien vu, mais je suis plus bronzée que cette bigoudenne un peu palote !

Il y avait encore plein de choses délicieuses dans mes 2 colis !
Je suis une maman curieuse, avec des enfants bourrés d'imagination et d'idées ravissantes.

Ces dernières années, j’étais un peu fâchée avec les dates convenues, car trop commerciales à mon goût et dénuées de sens profond (fête des mères, grands mères , Noël, anniversaires… ).
A Tahiti, c’est fou combien elles ont repris de l’importance et me sont devenues désormais très précieuses.
C’est une leçon de vie que Tahiti m’a donnée, une de plus.
A Tahiti j'ai retrouvé mes 20 ans et je me sens si jeune sous le soleil de Polynésie.
J'oublie l'année mais je garde le jour le 4 !

Maman expat, mais maman, mamie, et bretonne à 500 % .

La nuit est là noire et silencieuse et le ciel est très étoilé, nuit chaude et sucrée.
Je regarde la croix du sud et toutes les constellations lumineuses, en me disant que mes enfants sont les plus belles étoiles de ma vie.
Leurs messages d'amour sont bien arrivés à Tahiti, et illuminent mon cœur de maman.

Mauruuru roa.

30 novembre 2009

Cuisine : Chaud-froid de thon rouge à la tahitienne

C’est une recette simple et rapide que vous pouvez refaire à la maison sans aucune difficulté.
Parfois on l’appelle aussi « mi-cuit de thon ».

Ingrédients pour une personne :
- 2 ou 3 tranches épaisses de thon rouge extra frais
- gingembre en poudre
- une noix de beurre (salé ! )
- sel et poivre, filet de citron
- tomates, concombres, feuille de menthe, et noix de coco râpée pour la déco.

Préparation :

Rouler les tranches de thon avec le gingembre pilé de chaque côté.
Saler et poivrer selon les goûts.
Faire fondre le beurre dans une poêle.
Faire revenir pendant quelques minutes de chaque côté.

Les morceaux de thon doivent être cuits sûr l'extérieur et crus à l'intérieur.
La cuisson est donc ultra rapide. Restez devant la poêle, car ça va très vite !
Il faut évidemment, du thon ultra frais.

Les plus :
Accompagner d’une comptée d’oignons aux poivrons jaunes, et avec du riz blanc servi à part, voire une concassée de tomates à l’ail.
J'aurais bien mis des petits morceaux de pommes vertes à la place du concombre.
J’oubliais un bon verre de vin blanc sec.
Et voilà comment épater vos invités avec une recette simple et pas chère de Tahiti.

Pour le service, le paréo est obligatoire ainsi que la fleur à l’oreille (tiare- tahiti de préférence).
Avant de servir vous aurez pris soin de lancer un petit CD de musique tahitienne, ou de sons langoureux d’ukulele.

A propos d'ukulele, voici Paloma, une amie marquisienne de Fatu Hiva, qui me montre comment jouer de l'ukulele que je viens de lui acheter (bois de rose et purau finement sculpté) -
Photo prise dimanche 29-11 au salon des Marquises.

Nous avons déjeuné au salon, mais c'était le maa marquisien avec chèvre au lait de coco, et petits crabes crus !
Vous n'allez jamais trouver de chèvre dans votre hypermarché de métropole (sauf dans le Larzac peut-être !) alors pas la peine que je vous donne pas la recette !

Kai Kai (bon appétit en marquisien). et Manuia ( manouia = à la votre, pour le coup de blanc)

29 novembre 2009

Lectures polynésiennes n 7

La semaine dernière, j’ai trouvé par hasard un livre dont je connaissais l’existence mais que je n’avais pas encore vu en rayon.

Georges Simenon,
(1903-1989), l’écrivain aux 400 livres et aux 10000 femmes !
Père du célèbre Maigret, Simenon restera un romancier majeur.
Je connaissais «lettres à ma mère», un livre puissant que l’on oublie jamais,
et j'ai dans mes cartons « Mémoires intimes, suivies du livre de Marie Jo » (sa fille qui s’est suicidée à 18 ans).
J'avoue n'avoir jamais lu un seul Maigret.

Georges Simenon a fait un voyage autour du monde avant la guerre et ses pas l’ont conduit à Tahiti quelques temps. (source photo : Pierre)

En 1938, il publie chez Gallimard «Touriste de Bananes »,

dont voici la couverture originale :

213 pages que j’ai dévorées cette semaine à petites ou grandes doses (soit dans les bouchons de la circulation, ou attablée en bord de lagon )
Ce roman commence par un drame et se termine par un autre drame totalement imprévisible. C’est cela tout le génie du grand Simenon.
Les descriptions de Papeete et de Tahiti à cette époque sont criantes de vérité.

L'ami Pierre m'a communiqué cette coupure de presse de l'époque !

Qui pense à quoi en 2009 ? Oh la la quelle colle !
Merci Pierre pour cette archive exceptionnelle.

Très belle étude de mœurs du Tahiti d’avant le CEP, du Tahiti tranquille d'avant.

Voici quelques extraits :
Ses lèvres tremblaient, ses yeux s’écarquillaient et il faillit éclater en sanglots Devant lui… Mais non ! Ce n’étaient pas des détails qu’il voyait. C’était un univers entier, un univers plus extraordinaire que celui qu’il ;avait rêvé, un univers rose et bleu, vert et doré, avec des tons qui n’avaient pas de nom, comme ceux que l’on voit à certaines nacres.
Les grands flamboyants formaient un cadre d’un vert sombre et le chemin était rouge, d’un rouge somptueux. …
Une gamine indigène en robe blanche à pois bleus, roulait en vélo et deux goélettes avaient hissé leurs voiles pour les faire sécher au soleil.


Et plus loin….
Il marcha, trouva un sentier qui aboutissait au bord du lagon, où s'étalait du sable rougeâtre.
Là, il se laissa tomber et, pendant un bon quart d'heure, il oublia son pain et ses sardines.
Peut-être le sentiment qui dominait en lui était-il la honte ?
Non pas de honte de lui-même vis-à-vis de lui ! Mais honte de ce que les autres pensaient !
Cet homme, tout à l'heure, à qui on avait appris à s'habiller à l'européenne et qui s'était battu en France avait bien compris qu'il ne pouvait pas payer deux cents francs de loyer par mois ! Il le prenait donc pour un touriste de bananes !


Du grand, du tendre Simenon comme je l'aime.
Les amoureux et passionnés de Tahiti se doivent de lire un jour ce livre.

Un beau livre, c’est comme une belle nuit d’amour.
Pressé de la vivre, et si nostalgique lorsqu’elle se termine toujours trop vite.

Si vous aimez la Polynésie, glissez ce livre dans votre bibliothèque.
Nana

27 novembre 2009

Les colis de Tahiti

Fêter Noël à 18 000 kms de ses enfants, c’est toute une organisation, un art, un grand bonheur pour une maman expat à Tahiti.
C’est comme une charade :
1 - En premier lieu il faut réfléchir longtemps à l’avance au cadeau original qui va faire plaisir et qui n’a pas déjà été adressé l’an passé. Il faut prévoir, imaginer dès septembre, voire avant, n’oublier personne !

2 - Ensuite il faut faire la queue dans un guichet de l’OPT, pour acheter la jolie boite qui contiendra vos trésors. (Cette année j’ai manqué de chance et j’ai du faire 4 bureaux avant de trouver les boites ad hoc, car il y avait rupture de stock, comme l’année dernière !)

3- L’étape suivante consiste à tout emballer en papier cadeau, glisser les petits mots tendres et surtout ne rien oublier !

4 – Zut j’ai oublié de glisser le sachet de vanille, le corail blanc de Rurutu, alors je déscotches et je recommence !


5 – Puis il faut barder les boites de jolis timbres de collection, (en plus de ceux déjà mis) en priant le dieu des facteurs qu’ils seront encore la à l’arrivée. C'est Icare le dieu de la poste ?

6- Refaire la queue à l’OPT, remplir la vignette de douanes (cadeaux et divers).
Zut c’est Noël !faut garder la surprise quand même ! Pourquoi la douane au fait ? On est en France ou pas ?
7 – Taxer les colonies de jolis timbres supplémentaires, qui vont masquer les photos de la boite !

Mais qu’on aime on ne compte pas ! Flo est experte en décollage de timbres, donc no problème


8 – Soulagée, mais le cœur lourd cependant, en quittant l’OPT.
Un jus frais au Retro ou aux 3 B, avec mon bouquin de la semaine, pour me faire oublier que cela va faire 2 Noël sans mes enfants ! Très vilaine maman qui est expatriée à Tahiti !
Ils sont si grands mes petits et moi je rajeunis à Tahiti !
La vie est pleine de paradoxes incompréhensibles. C'est comme ça !

Quand mon tout est dans l’avion, je respire !
Mais avec tout le soin et l’amour que j’ai mis dans mes boites, je redoute que l’avion ne soit en surpoids ! Je connaissais le prix et le feu de l'amour, à Tahiti , je découvre qu'il a aussi un poids !

Désormais l’attente de Noël, le vrai suspense commence.
Mon Noël sera parfait, quand je lirais les mails me disant «c’est OK maman le colis est arrivé".

J’espère recevoir ces signes avant le 24 décembre, car je ne serais pas à Tahiti pour Noël, mais dans une autre île du Pacifique.
Une île que j’attendais et que j’espérais depuis …….mon enfance.
Un rendez vous que je ne veux pas manquer....... Chut ! Top confidentiel ! vous verrez en fin d'année !

C’était juste pour vous dire que le plaisir d’offrir est une joie à nulle autre comparable.

A vos petits colis ! Faites plaisir aux personnes qui vous sont chères.
A Tahiti, j’ai retrouvé la joie de faire des vrais colis de bonheur, des colis comme jadis.
Je me souviens de ceux qu'un cousin nous envoyait de Madagascar.
J'avais 8 ans. Il y avait plein de jolis timbres dessus. D'ou ma passion pour la philatélie.

Mauruuru, l'OPT et la Poste .