15 décembre 2011

Les deux amiraux Du Petit Thouars

Sébastien Du Petit Thouars, (36 ans) descendant de l’Amiral bien connu en Polynésie, est en voyage de noces sur le fenua, en ce moment.
Cette annonce m’a donné l’envie de mieux connaître le fameux Amiral dont une rue de Papeete porte le nom.
La Polynésie se souvient de deux amiraux Du Petit Thouars. Il y a souvent confusion provoquée par l'appellation de deux personnages différents mais de même nom, deux grands marins qui tous deux ont marqué la Polynésie et leur époque.
Il s'agit de l'amiral Abel Aubert du Petit-Thouars qui entre dans les eaux du Pacifique en 1838, puis de son neveu l'amiral Abel Georges Nicolas Bergasse du Petit-Thouars qui "pacifiera" les îles Marquises en 1880;. Moins connu que son oncle Abel Aubert (qui siègera comme Pair de France et sera un ennemi politique de Victor Hugo), Bergasse a été aussi une grande figure d'officier de marine. Parfois, leur nom est orthographié Dupetit-Thouars
Commençons par Abel Aubert Du Petit-Thouars, né le 7 août 1793 au château de la Fessardière à Turquant (Maine et Loire) et mort le 16 mars 1864 à Paris, est un navigateur et explorateur français.
Neveu d'Aristide Aubert Du Petit-Thouars, héros d'Aboukir, Abel Aubert Du Petit Thouars entre dans la marine en 1804.

Il sert comme mousse à la flottille de Boulogne. Embarqué comme mousse sur La Flèche à l'âge de 10 ans, il étudie ensuite au lycée d'Orléans. Il devient novice sur le Du Guesclin dans l'escadre de l'Escaut en 1808, puis sur le Charlemagne. Aspirant de 1ere classe (1811), il embarque sur l'Amélie de 1812 à 1814 en Mediterranée. Après un séjour à Saint Malo où son père est sous préfet, il est promu Enseigne de vaisseau en 1815, navigue en Manche et en Mer du nord, puis fait plusieurs campagnes hydrographiques à Terre Neuve (1816-1818). Lieutenant de vaisseau en 1819, il travaille à l'hydrographie des côtes de France et d'Algérie (1819-1820). Il sert en Haïti en 1821 sur le Colosse, puis commande La Torche en Méditerranée de 1822 à 1823. Il passe ensuite sur l'Inconstant au Brésil de 1823 à 1826 lors de l'indépendance de l'Amérique Latine.
Capitaine de Frégate en 1824, il est affecté au dépôt des cartes et des plans en 1826 et 1827. Il devient en 1827 capitaine de frégate, commandant La Provence en Méditerranée, puis commande le Voltigeur au Levant. Il prépare l'expédition d'Alger en 1830, conseille le principe d'une expédition amphibie à Sidi Ferruch et participe aux opérations sur Le Griffon. Il part ensuite avec ce navire en station des mers du sur pour protéger le commerce français au Chili et au Pérou.
Capitaine de Vaisseau en 1834, il commande La Créole à Saint Domingue. Il reçoit ensuite le commandement d'une frégate de 52 canons, La Vénus et va en mission sur la pêche à la baleine au Kamtchatka (1837-1839). Mais son champ d'activité principal se situe dans l'océan Pacifique, où la Restauration et la monarchie de juillet, renouant avec la tradition des grands voyages maritimes du 18e siècle, envoient plusieurs missions de caractère scientifique et commercial. Il est capitaine de vaisseau en 1836 et fait le tour du monde sur la Vénus jusqu'en 1839, voyage auquel participe Urbain Dortet de Tessan, ingénieur hydrographe. Il revint avec une moisson d'observations scientifiques et des vues sur l'avenir de la politique française dans le Pacifique
De retour en France, il conseille au gouvernement l'annexion des îles Marquises, en partie afin de l'utiliser comme lieu de déportation, proposition agréée par François Guizot qui le nomme au commandement de la station navale du Pacifique. Il est promu contre-amiral en 1841, commandant des forces navales d'Océanie. il est nommé commandant la station navale du Pacifique à Valparaiso sur la Reine Blanche.

Conformément aux instructions reçues, il occupe l'archipel des Marquises et les annexe en 1842.

Gravure de Max Radiguet, son secrétaire, annexion des Marquises.

Puis, de son propre chef, il fait signer un traité de protectorat à la reine Pomare IV de Tahiti en 1842. Il se heurte aux intrigues du consul et missionnaire anglais George Pritchard qui fomente des troubles contre les français. En 1843, il prend possession des îles de la Société.
Du Petit-Thouars annexe Tahiti, puis expulse Pritchard (1844). Cette initiative déclenche une grave tension diplomatique entre la France et le Royaume-Uni, tandis que l'opinion publique française se divise entre les partisans d'une politique de fermeté à l'égard de l'Angleterre, de loin les plus nombreux, et ceux du maintien de l'Entente cordiale.


En 1843, après une opposition des missions anglaises, il établit de force ce protectorat. Désavoué par le gouvernement, il rentre en France et travaille pendant 2 ans pour publier le résultat scientifique de l'expédition. Finalement, Guizot indemnise Pritchard et rappelle l'amiral, mais conserve Tahiti. En septembre 1845, il est nommé préfet maritime de Lorient.
Vice Amiral en 1846, il devient inspecteur des équipages de ligne en 1848. Membre du Conseil de l'Amirauté, il est élu député du Maine et Loire en 1849. Membre de l'Académie des sciences en 1855, il quitte le service actif en 1858. Il décède le 16 mars 1864.
N'ayant pas d'enfant, Du Petit-Thouars avait adopté le fils de sa sœur, Abel Bergasse Dupetit-Thouars. Il y a un monument à sa mémoire aux Marquises.


Abel-Nicolas Bergasse Du Petit Thouars. (1832-1890)
Abel-Nicolas-Bergasse du Petit Thouars, (ou Dupetit-Thouars) est né le 23 mars 1832 et mort à Toulon le 14 mai 1890, neveu par sa mère et fils adoptif d’Abel Aubert Du Petit-Thouars, c'est un contre-amiral de France.,
Il participe à la guerre de Crimée ; il y est blessé et en revient chevalier de la Légion d'honneur. En 1868, il commande la corvette Le Dupleix, et représente la France lors du seppuku (harakiri), qui avait été ordonné aux samouraïs qui avaient massacré 11 marins français du Dupleix, lors de l’incident de Sakai. Il est aussi mêlé aux évènements de la révolution japonaise.
En 1870, il commande une batterie flottante sur le Rhin. Contre-amiral, il est chargé en 1880 de pacifier les îles Marquises au nom des autorités de la 3eme République Au retour, naviguant à quelques encablures du Pérou, il se trouva confronté aux événements de la ''guerre du salpêtre'' (1879-1884), fameuse guerre nationale sud-américaine. Il est à Lima, au Pérou, au moment où les troupes chiliennes vont s'emparer de la ville (Guerre du Pacifique (1879-1884)). Par son attitude ferme et décidée, il empêche les excès et sauve cette capitale d'une destruction sanglante.Une avenue importante de Lima porte aujourd'hui son nom.
Il est nommé Préfet maritime du 5ème arrondissement de Toulon en octobre 1886.
En octobre 1888, Commandant en chef l'escadre de Méditerranée, avec pavillon sur le cuirassé Formidable, c'est à son bord qu'il décèdera subitement, en rade de Toulon en 1890 à 58 ans.

La famille Du Petit Thouars donna au total 4 marins célèbres à la France :
- Aristide Aubert Du Petit Thouars (1760-1798) héros légendaire d'Aboukir.
- Abel Aubert Dupetit Thouars, neveu d’Aristide.
- Abel-Nicolas Bergasse Du Petit Thouars. (1832-1890) neveu et fils adoptif de Abel Aubert.
- Louis, Georges, Marie, Félix Aubert Du Petit Thouars de Saint Georges.(1882-1915)
Le nom vient de la propriété le Petit Thouars, dont Richelieu avait fait don à Georges Aubert Capitaine de Saint Georges en 1636.
Les dernières générations de la famille Du Petit Thouars se montrent aussi entreprenantes que leurs ancêtres. Ainsi Sébastien, est directeur commercial du vignoble du Petit Thouars qui s’étend sur 15 hectares dans la région de Saumur (Maine et Loire).

14 décembre 2011

La stèle Bougainville à Hitia'a

Ce mercredi 14 décembre je vais en Presqu’île. Carole m’attend avec ma bouteille de cidre et un petit pain nou nou.
Le temps est magnifique. Je décide de partir par la côte Est que j’apprécie beaucoup. Je dépasse Mahina, Papenoo, le tunnel d’Oscar, Tiarei et passe à Hitiaa. Juste avant la rivière, je vois une pancarte indiquant "stèle Bougainville".


Trop tard pour m’arrêter, je file. Faaone, Taravao, puis côte Est de la presqu’île, Pueu, et la maison de Carole et Stéphane. Le hasard fait que je connais cette maison depuis 3 ans. Une copine (épouse d’un parachutiste tahitien) y a habité jusqu’en juillet 2010. Joli fare en bord d’océan. Nous nous baladons sur la plage et ramassons des porcelaines. Ce motu au loin, est public et il faut trouver un bateau pour s’y rendre.C’est l’heure du déjeuner. Le pain nou nou de Fakahina est servi avec de la confiture de banane-chocolat, donnée par la voisine et un verre de cidre bouché.
L’après midi nous faisons une partie de scrabble. Zen les filles. Nous échangeons quelques photos. Un coucher de soleil à l’est c’est pas banal et surtout très beau. Je rentre à Papeete par la côte Est, même si je fais 10 kms de plus que par l’Ouest.
Je guette le pont et la rivière d’Hitiaa. J’y arrive. Je décide de me stationner sur l’arrêt de bus. Mais un gros rocher gène l’arrêt, obligée d’aller 20 m plus loin. Je demande à une vahine, où se trouve la statue de Bougainville. Elle me répond par la négative, pas de statue à Hitiaa. Je lui dit : mais la pancarte "stèle de Bougainville". "Ah oui , - me répond-t-elle, c’est le caillou qui est auprès du pont". En effet, il y a une plaque sur le caillou, celui là même, contre lequel j’ai râlé, car il a gêné mon stationnement ! Cette plaque signale que les deux navires, la Boudeuse et l’Etoile de L.A Bougainville, ont débarqué à Hitiaa le 6 avril 1768.
C’est un peu court comme explication. Je cherche sur le Net pour tenter de compléter.
J’apprends qu’ils restèrent 9 jours à Hitiaa et qu’ils embarquent un homme de Hitiaa, Ahutoru, qui fit le voyage jusqu'en France.
Bougainville, sur l'insistance d'Ereti le chef du village, accepta de l'embarquer sur la Boudeuse le 15 avril. Ils arrivèrent à Saint Malo le 16 mars 1769 (soit prés d’un an après !). Le 30 avril il fut présenté à Louis XV.
Il quitta La Rochelle le 4 mars 1770, arriva à l'Ile de France (île Maurice) Une épidémie de variole faisait rage à l'Ile Maurice, Ahutoru mourut dans d'atroces souffrances le 7 novembre 1771 sans avoir revu Tahiti.
C’était l’histoire d’un gros caillou et d’une pancarte sur la route à Hitiaa. En tirant les fils d’une histoire, on en découvre plein d’autres et c’est passionnant.

13 décembre 2011

Le salon de Noël de Pirae

Le salon de Noël expose à la salle et le parc Aorai Tini Hau à Pirae, jusqu’au 24 décembre. En extérieur se tient Te Noera a te Rima’i (Noêl des artisans) sur le thème de "Noël d’hier et d’aujourd’hui ". Les deux salons rassemblent 140 exposants.
Je me suis attardée sur les stands d’artisans, coquillages, perles, tifaifai. Puis à l’intérieur je fus happée par les magasins de vêtements pour enfants et de jouets (tiens, tiens bizarre). Mes motua, les jumeaux grandissent si vite !
C’était calme ce mardi matin, plus que samedi dernier où je n’ai pas pu trouver un stationnement. J’y retournerais car certains stands méritent plus d’attention.

Fin de matinée, j’avais une livraison spéciale de Fakahina. La fille d’Annick, Manava, m’a rapporté de Fakahina, ce lundi 6 pains au coco germé préparés à mon attention pour mon anniversaire ! C’est vraiment trop bon et quel bonheur de retrouver le goût de ce délicieux gâteau traditionnel des Tuamotu. Quel super cadeau !
Manava (23 ans) repart dès mercredi rejoindre son ami marquisien à Nuku Hiva, la grande Marquise du Nord, et ainsi va assister au festival des Marquises qui débute jeudi.

Mon déjeuner a commencé par le désert. C'était Noël avant l'heure!

12 décembre 2011

Les lagons de Polynésie française

Ce livre de Jean-Louis Saquet a été publié en septembre 2011 aux Editions Polymages et réalisé en collaboration avec l'agence des Aires Marines Protégées.
Dans ses 112 pages, il réunit de magnifiques photos et illustrations des techniques de pêche, mais aussi de la faune et de la flore aquatique, accompagnées de textes très bien documentés.
Il est destiné à tous les passionnés de la mer, et du lagon, mais aussi aux pêcheurs débutants pour reconnaître les poissons et les coquillages, qui peuvent exister dans les mers chaudes (pas seulement en Polynésie) et pourquoi pas, aux futurs participants de koh-lanta !
Jean Louis Saquet
est auteur éditeur et illustrateur. Il a créé les Editions Polymages. Né en 1947, il a débarqué pour la première fois en Polynésie aux îles Marquises en 1970.
Ce livre est une véritable encyclopédie du lagon dans laquelle il est très agréable de s’y plonger !

Voici une vue du lagon de Punaauia, des hauteurs de PK 16, que j'ai prise il y a peu. Mooera, l'île soeur fait face.

Et le lagon du motu piscine à Raivavae (Australes), où je me suis bien baignée en novembre 2010 avec Poerava.
Nana.

10 décembre 2011

Histoires des enfants du quartier de la Mission - Papeete 1936-1944-.

Ce petit livre (151 pages) de Anatila Bréaud, édité en 2005 par les Editions Mini Editions (Tahiti), a été réédité en 2009. Je l’ai lu en une soirée tellement il m’a passionnée.
Dans ce livre plein de charme et de tendresse, elle nous fait partager les jeux, émotions et découvertes des enfants d'un quartier de Papeete, dans l'entre-deux guerres (1936-1944). "Anatila raconte le quotidien de son enfance, les rythmes journaliers et annuels, les odeurs et les relations humaines, l'autre, le différent et le semblable, son vécu singulier d'une période de la vie du fenua ", écrit Simone Grand dans la préface de l'ouvrage.
Sans craindre le hors sujet, la narratrice aborde même le tour de l'île et nous parle des lépreux d'Orofara, nous fait sortir de la Mission.
Les mots tahitiens sont en italique, mais ne sont pas traduits, aussi il faut connaître un peu le fenua et la langue, pour lire ce livre. Mais cela donne encore plus de charme et d’authenticité à ce récit naïf et candide.
Née en 1929, Anatila Bréaud dépeint avec exactitude les habitats de Papeete et le labyrinthe d'un quartier Elle est tahitienne et écrivain. Elle a publié :
- L’adieu à Monsieur les gouverneurs 2006 C'est le Tahiti des années 1975-1978 qui est évoqué dans ce recueil de notes adressées à l'écrivain Jean Lartéguy.
- Les rivières escamotées, lettre ouverte au pays - 2008- L'écriture de Mme Bréaud est belle, simple et chantante, jamais triste, dans ce livre quelque peu méconnu.

Note : Sacha Distel (1933-2004), a été marié pendant 42 ans à Francine Bréaud, championne de ski, et fille d'Analita et de Jean Breaud.

9 décembre 2011

La journée du tiare 49 eme édition

Cette année, la journée du tiare a eu lieu au fare manihini (office du tourisme) sur les quais, ce vendredi 9 décembre.
C’est le groupe "Solidarité des femmes" qui organise cette journée.
Fondé en 1961, le Groupement de solidarité des femmes de Tahiti, à l'origine de l'événement, fête son 50e anniversaire.
En 2010, le record de la plus grande couronne de fleurs de tiare avait été remporté dans les jardins de Paofai, lors de la journée mondiale du tourisme, avec une couronne de 2685 mètres de long.
Je suis allée au fare manihini en fin de matinée.
L’animation bat son plein. Les mamas sont au travail et composent de jolies couronnes de cou et de tête.
Sauf une mamy, qui se lance dans un tamure acrobatique avec un tahitien. Les rires et les applaudissements fusent. L’ambiance est là, et il y a comme un air de bringue tahitienne qui flotte dans l’air, se mêlant aux odeurs suaves de tiare. C’est vendredi, il fait chaud et bleu. Je m’arrête au stand des confitures de tiare.

Je bavarde et ne m’aperçois au dernier moment que TNTV est en train de nous filmer ! C'est pour le journal TV de ce soir.


Je fais le boulot du journaliste, en posant les questions à la mama. Elle me fait gouter. Hum très bon ! Il y a des pétales de tiare gélifiés complètement transparents et des pointes de vanille.


Après tout on fait bien de la confiture avec des fleurs de pissenlit en Bretagne, alors pourquoi pas avec le tiare à Tahiti. La cueillette est plus aisée car il n’y a pas besoin de se baisser, juste tendre le bras, et cela sent meilleur que le pissenlit.
Une délégation du Canada arrive. Alors tant qu’à y être, on recommence la dégustation pour la TV canadienne. Trop bonne la confiture !
Il me faudrait un pot plus petit car là je vais manger le gros pot en 2 jours !
Un stand de l’OPT est présent pour une flamme "journée du tiare".
On appelle flamme le dessin que l'on trouve à côté du timbre sur les enveloppes ou cartes postales. Cette oblitération, appliquée exclusivement par la poste est destinée à oblitérer. Pourquoi dit-on une flamme? Car la première flamme mise en service était un drapeau ondulé, dont l'ancien nom était (ori)flammes. Le collectionneur de flammes philatéliques est un marcophiliste.
Revenons au tiare : Le tiare c’est le nom générique pour "fleur", donc il faut préciser et ici c’est le tiare Tahiti ou tiare maohi. Cette fleur blanche emblème de Tahiti, au parfum doux et enivrant, est composée de 6 à 8 pétales (parfois plus) disposés en étoile. Elle fleurit toute l’année sur un petit arbuste vivace aux branches cassantes et aux feuilles très brillantes. Les botanistes qui veulent en savoir plus, iront sur le site qui lui est entièrement consacré http://www.tiaretahiti.org/

12 h : Je récupère bleuette au parking de fare Tony et je me faufile comme je peux, dans les bouchons du centre ville pour aller place Toata. Laurence m’attend pour déjeuner à la crêperie bretonne (tenue par une marquisienne !) où nous dégustons une super galette et une crêpe au caramel au beurre salé. Le tout arrosé d’un cidre brut bouché très frais. La confiture de tiare m’a assoiffée. Nana.

8 décembre 2011

Tohora, baleines de Polynésie

Voici le dernier livre que j'ai dévoré avec bonheur.Téthys Editions, Auteur Thierry Zysman (photo) Photos : pool de 8 photographes tous naturalistes ou photographes confirmés : Eric Leborgne (Raie Manta Club de Rurutu), Michel Begue, Sylvain Girardot, Yves Lefèvre, Fabien Michenet, Christophe Cordonnier, Serge Andréfoüet, Pierre Follin
Tohora veut dire baleine en tahitien.
C’est aussi le titre de ce sublime ouvrage de 320 photographies:“Tohora, les baleines de Polynésie". Ce livre nous invite à une rencontre photographique avec les baleines à bosse (Megaptera).
Après un voyage au long cours de près de 6000 kilomètres, les baleines à bosse arrivent en Polynésie en juillet. Certaines d’entre elles vont s’arrêter aux îles Australes, d’autres vont aller plus au nord et s’égailler dans tous les archipels du pays.
4 à 5 mois durant, ces mastodontes débonnaires, vont s’ébrouer autour des îles. Combats, amours, naissances.

Les eaux hospitalières de la Polynésie deviennent alors le théâtre d’ébats spectaculaires, vibrant au rythme des mélodies captivantes entonnées par les grands mâles.
Passion, persévérance et souvent même témérité, auront permis aux auteurs de cet ouvrage, tous naturalistes confirmés, de saisir de façon magistrale la splendeur de cette saga sous-marine.
Voyage au cœur de leur monde bleu, poétique et sauvage, cet ouvrage n’est pas qu’un livre d’images : les informations qu’il contient illustrent les dernières recherches effectuées sur les baleines à bosse, autant en Polynésie qu’à Hawaï ou en Australie.
le livre est également riche d’informations sur le mode de vie et les habitudes de migration de ces géantes débonnaires, que j'ai aperçues entre Tahiti et Moorea de nombreuses fois.
Il y a de nombreux et rares clichés dans ce livre. Mais il manque une seule scène, l’accouplement. Personne n’a cette image, personne ne sait d’ailleurs comment ça se passe…
Mystère de la vie des baleines! C’est un superbe livre cadeau pour Noël.

Visite de la parfumerie TIKI à Faaa

La parfumerie TIKI est située à Faaa à 200 mètres de mon ancienne résidence Diva Nui. C’est une entreprise familiale crée en 1942 par Gustave Langy. Ce sont ses 2 enfants (Sandra et Daniel) qui gérent l’entreprise aujourd’hui. Les premiers poduits sortis à l’époque étaient le monoï tiare, le monoï tipanier(frangipanier) et le monoï pitate (jasmin) ainsi que des eaux de toilette assorties. En 2011, la gamme s'est élargie et il existe des monoï au coco, à l'ylang ylang, au santal (mes 3 préférés).
Le monoî de Tahiti est reconnu officiellement en 1990 et a obtenu son AOC en 1992; C’est alors que les contrefaçons sont apparues. Aussi les producteurs se regroupent en syndicat. Groupement Interprofessionnel du Monoï de Tahiti - G.I.M.T., association de producteurs chargée de promouvoir le monoï de Tahiti sur le marché cosmétique international. L’entreprise occupe environ 1500 m2, toujours au même endroit depuis 1942, et emploie 15 personnes polynésiennes. Les installations sont modernes. Ici la machine à embouteiller. (photos de près interdites) Mais beaucoup de manipulations restent manuelles. Ainsi la petite fleur de tiare placée dans chaque bouteille, c’est Antoinette qui s’occupe de ce secteur.
Si la technique est à la modernisation, l’esprit reste le même depuis toujours : un travail d’équipe particulièrement soigné, une attention quotidienne sur la qualité du monoï, et un respect des méthodes ancestrales, qui font encore de la Parfumerie Tiki une entreprise artisanale et familiale. Elle produit plus de 50 tonnes d’huile de monoï par an. Elle est pourtant leader sur son marché, le Monoï Tiki Tahiti étant le plus utilisé à Tahiti comme dans les îles. Car, comme le dit Daniel Langy, son directeur, “on ne sait pas comment se comporterait le Monoï Tiki conditionné ailleurs. Ici, il est à température idéale et nous avons la maîtrise de notre process”. Il est peut-être là, le secret !

La fabrication des savons, nécessite l’importation de "nouilles de soude" et les shampooings, des bases lavantes. Dans la mesure du possible, certains flacons en plastique sont fabriqués à Tahiti. Les fleurs viennent toutes de l’île de Tahiti et les huiles sont achetées à l'huilerie de Tahiti.
La société a obtenu la norme ISO 9001 en 2007. C'est l’assurance de procédures respectant le produit et remplissant les engagements de sécurité et d'authenticité.
Depuis 30 ans, la parfumerie TIKI exporte dans le monde entier et ses produits sont reconnus comme une appellation d’origine.


Elle a un dépôt dans l’est de la France et les commandes faites sur le Net sont livrées dans les deux jours : http://www.monoitiki.pf/




http://www.boutique-monoi-tahiti.com/ (regroupe 6 producteurs).
La boutique de la fabrique, propose à la vente les nombreux produits tous fabriqués sur place :
gels, avons, huiles, crèmes, sels de bains…. L’évocation de l’usage de ces derniers, me donne des rêves de baignoire, de bains moussants et parfumés…… !!! (que des douches dans les apparts !) Finalement, j’achèterais des sels de bain à la vanille, ne serait ce que pour me prendre un bon bain de pied parfumé dans une cuvette ! Les visites de la parfumerie ont lieu le matin. Il est conseillé de téléphoner pour prendre rendez-vous. C’est une visite agréable et les prix de la boutique sont des prix de grossiste… alors…………… !! C’est bientôt Noël !!!

7 décembre 2011

Première exposition philatélique de Polynésie

Le président du conseil d’administration de l’OPT, Moana Tatarata, a inauguré ce mercredi 7 décembre, l’exposition consacrée aux 50 ans du timbre polynésien. C’est une première expo philatélique.
J’attendais ce rendez-vous avec impatience et mon attente a été récompensée.
C’est une magnifique exposition en 2 parcours, le premier parcours retrace l’histoire du timbre,
de 1958 à nos jours, le second regroupe les timbres par thématique.

"Les timbres polynésiens sont le reflet de la composition artistique polynésienne" a rappelé Moana Tatarata.
Christian Beslu, le monsieur philatélie de Tahiti, est présent et dédicace son dernier ouvrage.


Les établissements français de l’Océanie (EFO) deviennent TOM le 22 juillet 1957 sous l’appellation de "Polynésie française ". La première série de timbres portant désormais cette dénomination paraît le 3 novembre 1958, soit 53 ans.


En 50 ans, des dizaines d’artistes -graveurs, peintres, ont contribué à la création des timbres polynésiens.
Il y aurait plus d’un millier de philatélistes en Polynésie française, mais aussi beaucoup d’amoureux du timbre de Tahiti de par le monde.
Malgré le développement du courrier électronique, l’affranchissement reste stable, en nombre et en valeur. L’OPT a préparé 15 nouveaux timbres pour 2012, essentiellement orientés autour du thème de la culture polynésienne. Par ailleurs l’OPT réédite plusieurs collections consacrées aux personnages qui ont marqué l’histoire de la Polynésie, comme Henri Hiro.
Au stand de l’office, je retrouve les postières de Mahina et de Papeete, qui me connaissent.


Elles me vendent le tee-shirt souvenir que j'enfile et j’achète des timbres qui me manquaient. La bonne humeur est de mise. Me voici passée dernière le guichet.

La philatélie est une grande famille !
Une très belle exposition à découvrir dans les jardins de la maison de la culture jusqu’à samedi 10 décembre.
Un site agréable à surfer et très bien fait : http://www.tahitiphilatelie.pf/

6 décembre 2011

Les porcelaines et les cauris de Polynésie

Parmi tous les magnifiques coquillages que l’on peut ramasser sur les plages des atolls de Polynésie, j’ai une nette préférence pour les porcelaines (poreho en tahitien).
J’ai fait quelques recherches pour mieux connaitre mes trouvailles. Du latin porcella (truie), le coquillage est nommé porcelaine, car il ressemble à la vulve d'une truie. (pas très romantique !)
Le matériau porcelaine tient son nom de sa similitude avec le coquillage (brillance, dureté).
La porcelaine est un mollusque (du latin mollusca = corps mou). C’est donc un invertébré.
C’est un gastropode marin qui respire par une branchie et a un "pied", qui lui sert à se déplacer. Elle se nourrit grâce à une radula, garnie de nombreuses dents râpeuses.
La coquille est construite par l'animal en carbonate de calcium, à partir du calcium dissout dans l'eau de mer. Chaque espèce l'enroule à sa façon, la pare des dessins et des couleurs les plus extraordinaires. Ce sont des cellules spéciales du manteau qui déposeront les pigments de la coquille.

Histoire : L’intérêt scientifique des coquillages n'arriva en Polynésie qu'avec les découvreurs européens. Ils embarquèrent à leur bord des botanistes, qui avaient la charge de récolter et d'étudier les espèces destinées aux musées. Les premières collections quittèrent la Polynésie sur l'Endeavour, navire de James COOK.
En 1823, une corvette bien nommée "La Coquille", jette l'ancre en Polynésie avec à son bord 2 naturalistes: Lesson et Garnot. Ils publieront 9 ans plus tard, de nombreux volumes sur la faune des îles de la Société, et rapporteront une collection de référence maintenant déposée au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris. (Il existe aussi une belle collection au musée d'histoire naturelle de Perpignan)
Puis ce fût Dumont d'Urville, et ses naturalistes, Hombron et Jacquinot, puis Du Petit Thouars en 1838, enfin, un nombre important d'expéditions anglaises suivirent.

La famille des Porcelaines s’appelle Cypraeidae, plus simplement les cyprées. La porcelaine est généralement herbivore, mais ne dédaigne pas aller brouter quelques éponges. Les sexes sont séparés, avec parfois une différence de taille notable. Le plongeur la trouvera tapie sous les blocs coralliens, quelquefois avec sa ponte de milliers d'œufs (ne pas toucher !)

Certaines espèces sont endémiques de Polynésie Française.
La plus jolie de toutes est la très rare Porcelaine anneau d'or
Les autres porcelaines sont :
1 - la Porcelaine-tigre Cypraea tigris (Linné, 1758) est la plus commune. Coquille à ravauder à l’île de la Réunion, car elle servait à repriser les bas et les chaussettes. De 7 à 10 cm. 2 - Porcelaine taupe (cypraea talpa) est une porcelaine assez commune. Entre 55 et 75 mm (maxi 105 mm).
3 - Porcelaines-cartes, (Leporicypraea mappa (Linné, 1758). On en trouve beaucoup aux Philippines Elles vivent aussi bien à 2m qu'à 500m de profondeur.
4 - Porcelaine souris : La convention de Berne de 1979, désigne les porcelaines souris, pure poire de Méditerranée, comme espèces protégées

Je pense avoir des exemplaires des 4 premières catégories dans ma collection.
Il y a aussi la porcelaine tête de serpent, porcelaine Pou, porcelaine bossue, porcelaine œuf, porcelaine poire, et la très rare porcelaine Cléopatrela porcelaine dorée. La porcelaine monnoie ou cauri.
Le cauri (Cypraea moneta) est une variété de coquillages découverte aux îles Maldives et aux îles Soulou (entre les Philippines et Bornéo). Le nom cauri est dérivé d'un mot grec signifiant petit cochon.

Une autre explication pense que le nom viendrait du mot sanskrit kaparda ou kapardika, transformé ensuite par les Anglais en cauri ou cowri. Utilisés comme monnaie, ils continuent aujourd'hui à être utilisés comme décorations et objets de divination.
Ce coquillage a été utilisé au cours des âges comme instrument de circulation pré-monétaire. On retrouve des traces de son utilisation en Chine dès la dynastie Shang (1600-1046 av. J.-C.). Pendant la dynastie Zhou (800-300 av. J.-C.), des cauris en jade ou en noyaux d’arbres fruitiers sont utilisés comme monnaie. Répandus par les marins arabes et européens dès le Xe siècle, ces coquillages étaient utilisés comme monnaie dans une grande partie de l'Afrique

J’ai ramassé beaucoup de cauri à Fakarava et à Fakahina. Maintenant je connais leur vrai nom.