6 décembre 2011

Les porcelaines et les cauris de Polynésie

Parmi tous les magnifiques coquillages que l’on peut ramasser sur les plages des atolls de Polynésie, j’ai une nette préférence pour les porcelaines (poreho en tahitien).
J’ai fait quelques recherches pour mieux connaitre mes trouvailles. Du latin porcella (truie), le coquillage est nommé porcelaine, car il ressemble à la vulve d'une truie. (pas très romantique !)
Le matériau porcelaine tient son nom de sa similitude avec le coquillage (brillance, dureté).
La porcelaine est un mollusque (du latin mollusca = corps mou). C’est donc un invertébré.
C’est un gastropode marin qui respire par une branchie et a un "pied", qui lui sert à se déplacer. Elle se nourrit grâce à une radula, garnie de nombreuses dents râpeuses.
La coquille est construite par l'animal en carbonate de calcium, à partir du calcium dissout dans l'eau de mer. Chaque espèce l'enroule à sa façon, la pare des dessins et des couleurs les plus extraordinaires. Ce sont des cellules spéciales du manteau qui déposeront les pigments de la coquille.

Histoire : L’intérêt scientifique des coquillages n'arriva en Polynésie qu'avec les découvreurs européens. Ils embarquèrent à leur bord des botanistes, qui avaient la charge de récolter et d'étudier les espèces destinées aux musées. Les premières collections quittèrent la Polynésie sur l'Endeavour, navire de James COOK.
En 1823, une corvette bien nommée "La Coquille", jette l'ancre en Polynésie avec à son bord 2 naturalistes: Lesson et Garnot. Ils publieront 9 ans plus tard, de nombreux volumes sur la faune des îles de la Société, et rapporteront une collection de référence maintenant déposée au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris. (Il existe aussi une belle collection au musée d'histoire naturelle de Perpignan)
Puis ce fût Dumont d'Urville, et ses naturalistes, Hombron et Jacquinot, puis Du Petit Thouars en 1838, enfin, un nombre important d'expéditions anglaises suivirent.

La famille des Porcelaines s’appelle Cypraeidae, plus simplement les cyprées. La porcelaine est généralement herbivore, mais ne dédaigne pas aller brouter quelques éponges. Les sexes sont séparés, avec parfois une différence de taille notable. Le plongeur la trouvera tapie sous les blocs coralliens, quelquefois avec sa ponte de milliers d'œufs (ne pas toucher !)

Certaines espèces sont endémiques de Polynésie Française.
La plus jolie de toutes est la très rare Porcelaine anneau d'or
Les autres porcelaines sont :
1 - la Porcelaine-tigre Cypraea tigris (Linné, 1758) est la plus commune. Coquille à ravauder à l’île de la Réunion, car elle servait à repriser les bas et les chaussettes. De 7 à 10 cm. 2 - Porcelaine taupe (cypraea talpa) est une porcelaine assez commune. Entre 55 et 75 mm (maxi 105 mm).
3 - Porcelaines-cartes, (Leporicypraea mappa (Linné, 1758). On en trouve beaucoup aux Philippines Elles vivent aussi bien à 2m qu'à 500m de profondeur.
4 - Porcelaine souris : La convention de Berne de 1979, désigne les porcelaines souris, pure poire de Méditerranée, comme espèces protégées

Je pense avoir des exemplaires des 4 premières catégories dans ma collection.
Il y a aussi la porcelaine tête de serpent, porcelaine Pou, porcelaine bossue, porcelaine œuf, porcelaine poire, et la très rare porcelaine Cléopatrela porcelaine dorée. La porcelaine monnoie ou cauri.
Le cauri (Cypraea moneta) est une variété de coquillages découverte aux îles Maldives et aux îles Soulou (entre les Philippines et Bornéo). Le nom cauri est dérivé d'un mot grec signifiant petit cochon.

Une autre explication pense que le nom viendrait du mot sanskrit kaparda ou kapardika, transformé ensuite par les Anglais en cauri ou cowri. Utilisés comme monnaie, ils continuent aujourd'hui à être utilisés comme décorations et objets de divination.
Ce coquillage a été utilisé au cours des âges comme instrument de circulation pré-monétaire. On retrouve des traces de son utilisation en Chine dès la dynastie Shang (1600-1046 av. J.-C.). Pendant la dynastie Zhou (800-300 av. J.-C.), des cauris en jade ou en noyaux d’arbres fruitiers sont utilisés comme monnaie. Répandus par les marins arabes et européens dès le Xe siècle, ces coquillages étaient utilisés comme monnaie dans une grande partie de l'Afrique

J’ai ramassé beaucoup de cauri à Fakarava et à Fakahina. Maintenant je connais leur vrai nom.

5 commentaires:

Stéphane L. a dit…

Une chose m'a surpris : tu parles de la très rare "anneau d'or" (?).
Il me semblait qu'on les ramassait à la pelle et qu'on se penchait même plus pour les ramasser... je me trompe de coquillage ?...ou alors ça a bien changé...

Sylvie-Anne a dit…

Stéphane donnes moi vite le nom de l'île, de la plage. J'y cours ! Il me semble que tu confonds, car il y a des dizaines d'années qu'il n'y a plus de porcelaines à Tahiti.

Elisabeth05 a dit…

Lors de mon passage aux Australes j'ai ramassé des porcelaines dont l'anneau d'or...! Je ne savais pas que cette porcelaine était devenue rare : je l'époussetterai avec plus de délicatesse dorénavant.

Stéphane L. a dit…

... grosse déception ...
il n'y a plus de porcelaines à Tahiti ???
j'en suis bouche bée...
rassure moi...il en reste dans les îles quand même ?
L'anneau d'or, c'était dans mon enfance d'une BANALITE affligeante.
Certes, ça fait effectivement quelques années... mais quand même !
Idem pour les porcelaines monnaie (cauri)...
je suis vraiment déçu...

Christian P Y P a dit…

La porcelaine tigre, était autrefois dans toutes les cuisines, le "fare ahimä'a". Elles servait d'éplucheuse de "uru",et éplucheuse de divers tubercules. Pour préparer cet outil on cherchait dans la rivière une pierre basaltique bien plate et on frottait la partie la plus bombée jusqu'a ce que l'usure ouvre une ouverture ovoïde. Cette face coupante était utilisée comme nos éplucheurs métalliques modernes. C'est très efficace et même plus performant que les éplucheurs métalliques actuels.