5 décembre 2011

De la citerne de Simon, aux réservoirs de Georges. Petite Histoire d'eau à Rimatara.

En août dernier, lors de mon précédent voyage à Rimatara, je vous ai parlé de Simon Lenoir.
C’est un navigateur breton, (certains sites parlent d’un normand) né en 1837 qui a échoué à Rimatara vers 1871.
Il s'y fixe comme colon et marchand, et épouse une fille de l'île, Tapairu a lopu, dont il aura, 14 enfants (13 ?). Il décède à Rimatara le 14 Juillet 1916 et est enterré au cimetière de Amaru.

Le peintre de la commune était fiu, ou il manquait de peinture noire et s’est arrêté au prénom. Pas grave, car ici quand on dit Simon, c’est nécessairement Lenoir.)
Certains descendants de Simon, présentent une maladie dite héréditaire appelée "Syndrome d'Alport" (maladie très rare de l'ordre de 250 cas environ dans le monde entier)
J’ai rencontré des descendants de Simon Lenoir (arrières petites filles) et j’ai vu sa maison.
J’apprends que des études approfondies ont démontré que cette lourde hérédité venait de l’épouse de Simon, originaire des îles Cook, où des cas similaires ont été retrouvés dans sa famille, et non de Simon.
Le fare où vécut Simon est au centre du village. On y découvre une citerne à eau demi sphérique en pierres de corail.

Cette citerne a plus d’un siècle et j’espère qu’elle sera préservée, car elle est absolument unique.
Au village d'Anapoto, une autre citerne demi sphérique daterait des années 30.

En 2011, les citernes n’ont plus cours à Rimatara, car des 6 forages ont été pratiqués et fournissent de l’eau de la nappe phréatique.


La commune dispose de 2 stations de pompage et de 2 réservoirs d'eau : l'un: "marama" l'autre "raautahi" et 2 bassins de 220 m3. Deux agents spécialisés s’occupent de ces installations. Cette eau des profondeurs est déjà d’une très bonne qualité, car filtrée en traversant le sol. Avec Georges, j'ai visité les installations, dont il est très fier.
Un système très élaboré de chloration permet une grande potabilité. La commune se situe dans les 10 meilleures (sur 48) en matière de potabilité de l’eau. Elle participe au projet PAPE (Partenariat pour la potabilité de l’eau) initié en 2009 par le SPC (Syndicat pour la Promotion des Communes)
Entre la citerne de Simon et les forages et réservoirs de Georges, il s’est écoulé un siècle.

6 commentaires:

Christian P Y P a dit…

Chez les Lenoir il y a une pilosité assez particulière et un brun souvent un peu différent du brun polynésien. Deux de mes anciens employés étaient des Lenoir et j'en ai connu quelques autres. Ces deux employés m'ont laissé un excellent souvenir. Il semblerait qu'ils viennent de Bretagne et seraient les descendants de personnes du Sénégal.

Elisabeth05 a dit…

Certainement beaucoup moins de produits chimiques dans l'eau des citernes que dans celle des réservoirs actuels !

Pierre Carabasse a dit…

Ia ora na Sylvie-Anne,
Le dieu de l'eau n'aurait-il pas pour nom "Moerani" ? :-)

Sylvie-Anne a dit…

Du tout Elisabeth. Juste une légère chloration en sortie du forage mais sinon rien d'autre. Même pas besoin de filtre.

Sylvie-Anne a dit…

Moerani, Dieu de l'eau, dis tu ?
Je crois que Moerani veut dire Serge en langage "Carabasse fils", car c'est le grand arii du PAPE au SPC ton junior et il est très connu à Rimatara.

Anonyme a dit…

A part les citernes des particuliers, les villageois disposaient de puits construits par des habitants des îles Cook : celui de Mutuaura par des Mangaia et celui d'Anapoto par les Atiu. Après l'achèvement des travaux, certains sont rentrés dans leurs îles respectives, d'autres se sont mariés avec des filles de Rimatara.

H. Georges