29 décembre 2011

Les pierres, témoins éternels du passé de Mangareva

Dimanche matin, jour de Noël, voici la vue de la baie de Rikitea que je découvre du deck de mon bungalow. Désespérant de me connecter sur le Net un jour, je décide "d'aller au couvent " qui est proche de la pension. Le soleil est ardent et brûle la peau.
Chemin faisant, je fais une pause au mausolée du roi.
La petite chapelle Saint Pierre (1847) y est entièrement consacrée. Le roi Grégorio Maputeoa (1814-1857) fut le dernier roi de Mangareva. Je fais aussi un arrêt au point de vue à 180° du site de la Météo. Perché entre ciel et eau, quel bel endroit pour regarder les nuages, la nuit et prévoir le temps. Iles et îlots font comme un cercle autour de Mangareva.
J’arrive au couvent de Rouru, situé au pied du mont Duff.Edifié du temps du père Laval, par le père Cyprien Liausu, les 75 sœurs du Sacré Cœur présentes, y ont éduqué des centaines de jeunes filles des îles.Il y a eu plus de 150 jeunes femmes hébergées. Quelques murs de bâtiments ont résisté à l’épreuve du temps. La chapelle sainte Agathe (1850), l’infirmerie, le dortoir, les toilettes.
On raconte que le père Laval y enfermait toutes les femmes de l’île, chaque fois qu’un baleinier y faisait escale.
Une grande arche triomphale en pierres de taille, construite sous l’égide du père Soulié, marquait l’entrée privée du couvent. Auprès de l’église, il y a beaucoup d’arbres fruitiers. Ce goyavier est rempli de fruits mûrs qui finissent en tapis sur l’herbe.


Un chemin appelé "chemin des sœurs" est toujours entretenu par la commune. Des restes des anciens jardins l’entourent. Des buissons d’oiseaux du paradis, d’opuhis, et autres fleurs, y poussent à l’ombre des manguiers et des pistachiers, dans un magnifique désordre sauvage, des rhizomes vestiges de 150 ans. Au bout du chemin, une pancarte désigne un gros rocher dans lequel est creusé une cuvette. C’est "la baignoire de la princesse".Les jours suivants, je me fais raconter la légende de ce caillou, mais ce n’est pas une, mais 3 légendes différentes qui s’y rattachent et chacune a ses adeptes ! Je resterais neutre en vous laissant créer votre version personnelle, selon votre imagination.
Je visiterais dans le village de Rikitea, les vestiges du palais royal près de la mer. Les arches attestent de sa présence ainsi que celles des deux tours qui le délimitaient, construites en 1850. La tour ronde servait d’arsenal et de poudrière. Désormais le palais royal héberge la cantine de l’école primaire ! Sur l’île d’Akamaru, juste en face de Mangareva, le roi avait aussi sa résidence "secondaire" dont la façade a été bien préservée. Je fais la connaissance du prêtre père Paul-Gilles, qui repart en métropole la semaine prochaine. Nous échangeons les adresses mails. Je prends quelques photos du presbytère-évêché, qui a reçu le même coup de peinture à la chaux et à l’ocre rouge, que la cathédrale en 2011. L’île d’Aukena a également ses témoins de pierre (séminaire, puits, four, pressoir, silo à chaux….). C’est pour un autre article.
Le patrimoine des Gambier est très important et bien conservé.
Les pierres ont une mémoire éternelle. Quand on sait les regarder, elles deviennent vite très bavardes. Je ne suis pas encore taravana (folle), mais j’aime écouter l’histoire des pierres…….
A suivre.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Quel heureux homme ce pere Laval ! La beautee des iles et 150 vahinees !

jacquesaulagon a dit…

Pour Sylvie-Anne,

Une très bonne et heureuse année 2012, quelle soit une année belle et douce au soleil de Polynésie

bisous de jacquesaulagon

georges a dit…

super vraiment toujour tres interessant on y est ,on respire ,c'est un plaisir ,il en faudrait un peu dans les medias actuelles qui ne cessent de jouer les rabats joies !
les belles et bonnes choses c'est bon de savoir que ca existes !!1
Merci Sylvie-Anne .