13 décembre 2009

Le salon des Artisans, Te Noera a te Rima’i

En rentrant de la plage, ce dimanche matin, j’ai pris quelques photos des hauts de l’UPF (Université de Polynésie française) à Punaauia.
(en contre bas le SOFITEL au loin Moorea)

La chaleur éclabousse les paysages et même les cocotiers sont fiu de se faire balayer par ces brises trop chaudes.

Le mois de décembre est le mois des salons à Tahiti.
Après le salon des Australes et celui des Marquises, c'est le tour du salon des artisans et la semaine prochaine le salon de Noël.
Le tout, à Pirae dans la salle et sur le terrain de Aroai tini hau
En 2008, c’était galère sans Pistache de me rendre dans ce lieu d’expositions situé à 2 km du centre ville. Maintenant elle connaît le chemin par cœur, ma copine.

Après un rapide déjeuner sur le pouce (non sur une pince de king crabe !) je file au salon des artisans.
La devise cette année est : Ia i to tatou rima’i i te ora, te rima puna o te ura, qui se traduit par " que nos mains soient pleines de vies " ou en raccourci : les mains sources de vie .
(j’espère ne pas avoir fait de faute, car c’est de mémoire et ma traduction est sans dico).

Je trouve très belle la formule pour qualifier l’artisanat.
En Bretagne on se contente de dire "fait main" et au singulier. Avec deux mains c'est mieux quand même !

Le parking est tristement vide. Fait trop chaud !
Tous dans l’eau ou à l’ombre de la terrasse du fare à faire la sieste.

Je suis à la recherche de 2 ukulele que j’ai promis.
En fait, je repartirais avec une jolie robe de style marquisien achetée dans cette boutique.

Incorrigibles nanas, avec leurs robes, dont je fais partie hélas !

Je m'arrête bavarder avec les artisans.
Les affaires vont mal, très mal : " les emplacements sont trop chers, on est trop loin du centre, et il n’y a pas de navettes de truck pour les gens des paquebots".
D’autres encore " pas de pub, rien du tout…. C’est fiu".

Je vous passe les commentaires plus politiques, après cette période très perturbée que le fenua vient encore de connaître ces dernières semaines.
Henriette continue de coudre à la main ses tifaifai. Admirez sa jolie couronne fleurie.

Elle est de Huahine et se plaint du passage trop rapide des touristes dans son île :
« avec l’avion ils restent une nuit et disparaissent. Avant les séjours étaient plus longs, on avait le temps d’apprendre à se connaître à se parler, maintenant les touristes ce sont des éclairs et filent plus vite que les poissons volants du lagon ».

Je l’écoute et j’essaie de comprendre son désarroi.
Que puis-je lui dire ? Que puis- je faire ? Sinon lui promettre de retourner lui rendre visite à Huahine l’année prochaine.

Maman promène bébé en recherchant l'ombre.

Je prends le temps de regarder chaque stand; Ici de belles rames de pirogue sculptées.

Une belle gravure sous verre.

Auprès de Pistache une voiture ouverte. Un tane dort profondément en exhibant ses beaux tatouages. Quand on est fiu on est fiu !

Je file vers la baie de Papenoo où se déroule une compèt "Open Bodyboard".
Plein de monde dans les vagues et les écumes blanches, mais pas de photos car panne de piles !

Au retour je fais un stop chez des amis à Mahina, que je n'avais vus depuis des mois.
Ils quittent Tahiti en juillet 2010. Déjà 2 ans !
Nous tentons de capter quelques courants d’air plus frais sur la terrasse en échangeant nos points de vue.
Je mesure combien ma solitude polynésienne est en fait une chance et une opportunité.
Les voyages inter-îles sont très chers. Seule je peux me les permettre. A deux c'est plus compliqué.

les coqs se sont tu, la brise est un souffle minuscule.
Le soleil se couche en laissant derrière lui sa douce moiteur jusqu'au matin.
Il fait vraiment hyper chaud en ce mois de décembre en Polynésie.

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Trés belle description, j'ai l'impression d'y être encore. J'échangerai bien les degrés en trop contre les moins deux de ce matin à Angoulême.
A plus...
Phil

Sylvie-Anne a dit…

Jacques et Chantal te passent le bonjour Philippe. Je t'envoie du soleil tout plein. Amitiés.

laurence a dit…

Je comprends le désarroi d'Henriette, les touristes qui ne font que passer , mais ne pas oublier les prix exorbitants pratiques dans les hôtels , restaurants , avion inter îles.

Vaea a dit…

OK les prix sont chers pour hôtels et avion.
S'agissant de l'artisanat, c'est différent selon la complexité du produit. Exemple : pour un très beau tifaifai cousu main, c'est une centaine d'heures de travail. A 30.000 Francs pacifiques le tifaifai fini, cela fait du 300 F de l'heure soit 2,60 € ! Tu travaillerais pour ce prix ? moi non.
Le travail à la main c'est beaucoup d'heures.

Flo a dit…

C'est beaucoup d'heures mais c'est tellement fait avec amour que l'on accepterais volontier de payer plus cher.
"Ia i to tatou rima’i i te ora, te rima puna o te ura" a déjà tout une histoire avant d'arriver dans nos mains.
Rien ne vaut une confiture, du pain, un petit gâteau, un pull, une couverture..........fait main !

Sylvie-Anne a dit…

Tu as raison Florence, les doigts de féée, c'est si rare désormais.
Prêt-à porter, prêt à monter... Quelle banalité. Il y a même la lettre prêt-à-poster, pour ceux qui n'ont pas le temps de coller le timbre !

Ben d'artisanat Cambodge a dit…

J'adore la photo avec les instruments de musique..

La musique étant universelle dans toute les cultures. A mes débuts de Globe trotter je ramenai toujours un instrument du pays visité..

Un parisien au Cambodge

Sylvie-Anne a dit…

Ce sont des rames de pirogue ! Pour la photo d'un ukulele, il faut aller voir l'article du 30 novembre 2009.
Merci de ta visite.

Sylvie-Anne a dit…

Réponse au Parisien du Cambodge : Pas d'accord pour recevoir des pubs déguisées de l'artisanat du Cambodge sur mon blog. Tes prix sont encore plus chers qu'à Tahiti!
Pour moi l'artisanat local d'un pays c'est chez l'habitant, pas chez les parisiens expat qui exploitent les locaux. Tu revends mais ne fabriques rien ! c'est plus de l'artisanat mais du business! En plus si tu confonds une rame de vaa'a avec un ukulele, bonjour la culture !