18 juillet 2009

Le patia fa ou lancer de javelot polynésien

Le lancer de javelot polynésien était surtout pratiqué sur les atolls de l’archipel des Tuamotu et plus particulièrement à Anaa.Justifier
Ce sport est depuis longtemps codifié à l’extrême.
Ouverte aux hommes et aux femmes, cette épreuve consiste à planter des javelots,

dans une noix de coco, plantée sur un mât de 9,50 mètres de hauteur.

Le mât est situé à 22 mètres du pas de tir.
Ce n'est pas un sport de bigleux ou de maladroit.
Pourtant je ne vois aucun concurrent avec des lunettes !

Les concurrents doivent porter une tenue locale (pareo, couronnes et colliers végétaux, pieds nus...).
Les javelots sont en bois flexible (purau, kahaia ou miro, aute murier).
Ils peuvent être de différentes longueurs.
Les pointes coniques sont des clous n°150 ou un fer à béton n°18.
Les javelots qui n'ont pas atteint la noix se fichent dans la pelouse.

À l’épreuve individuelle (patia fa), les concurrents disposent de 8 séries de jets, d’une durée de 7 minutes chacune, durant laquelle ils ont le droit de lancer 10 javelots chacun.
Tout le monde tire en même temps.
Il peut donc y avoir dans une série 60 lanceurs (soit 600 javelots) pour une seule noix de coco.

Et voilà le résultat d'une série !

On change la cible entre chaque série.
La cible est divisée horizontalement en 5 zones, la plus haute octroie 10 points et la plus basse seulement 2.
Il faut donc planter son javelot le plus haut possible dans la noix de coco.
Le concurrent additionnant le plus grand nombre de points remporte l’épreuve.
Au concours par équipe (patia ai), 3 lanceurs de chaque équipe, tentent de s’approcher le plus près possible du haut de la cible.
Un seul point est attribué à la seule équipe qui a réussi à planter un javelot le plus près du sommet de la noix de coco.
Une même équipe peut aussi gagner plusieurs points si aucun javelot adverse n’est intercalé entre les pointes d’une seule équipe gagnante.
Chaque équipe dispose de 70 javelots à lancer dans un laps de temps de 20 minutes.

Après chaque série, la cible est récupérée par l’arbitre pour le décompte des points.

La noix de coco est criblée de dizaines de javelots !

Tout est scrupuleusement organisé, désignation des arbitres, des capitaines d’équipes, pour le déroulement des rencontres

La technique : une main porteuse oriente le patia, la main gauche pour les droitiers.
L’autre main, la propulseuse, pousse le patia.
Il faut accompagner son geste avec un mouvement rectiligne.
En général, c‘est l’index qui transmet le mouvement au patia.

En visant d’un seul doigt, l’index, les bons lanceurs de javelot peuvent faire mouche 1 fois sur 4. Les meilleurs plantent 1 javelot sur 2, parfois 3 sur 4.
Ils se sont entraînés des centaines d’heures d’entraînement et raté des milliers d’essais, pour atteindre un tel niveau de précision. Chapeau !

C'est la fin de l'épreuve, les compétiteurs se pressent pour connaître leurs résultats

Ceux là, se réjouissent de leurs performances.

Les joueurs et les spectateurs expriment leur joie bruyamment, au son des ukulele et autres musiques rythmées.
Je reviendrais l'année prochaine.

1 commentaire:

Sylvie-Anne a dit…

joli reportage !
Merci pour toutes ces belles photos.
Vaite de Rurutu.