29 novembre 2009

Lectures polynésiennes n 7

La semaine dernière, j’ai trouvé par hasard un livre dont je connaissais l’existence mais que je n’avais pas encore vu en rayon.

Georges Simenon,
(1903-1989), l’écrivain aux 400 livres et aux 10000 femmes !
Père du célèbre Maigret, Simenon restera un romancier majeur.
Je connaissais «lettres à ma mère», un livre puissant que l’on oublie jamais,
et j'ai dans mes cartons « Mémoires intimes, suivies du livre de Marie Jo » (sa fille qui s’est suicidée à 18 ans).
J'avoue n'avoir jamais lu un seul Maigret.

Georges Simenon a fait un voyage autour du monde avant la guerre et ses pas l’ont conduit à Tahiti quelques temps. (source photo : Pierre)

En 1938, il publie chez Gallimard «Touriste de Bananes »,

dont voici la couverture originale :

213 pages que j’ai dévorées cette semaine à petites ou grandes doses (soit dans les bouchons de la circulation, ou attablée en bord de lagon )
Ce roman commence par un drame et se termine par un autre drame totalement imprévisible. C’est cela tout le génie du grand Simenon.
Les descriptions de Papeete et de Tahiti à cette époque sont criantes de vérité.

L'ami Pierre m'a communiqué cette coupure de presse de l'époque !

Qui pense à quoi en 2009 ? Oh la la quelle colle !
Merci Pierre pour cette archive exceptionnelle.

Très belle étude de mœurs du Tahiti d’avant le CEP, du Tahiti tranquille d'avant.

Voici quelques extraits :
Ses lèvres tremblaient, ses yeux s’écarquillaient et il faillit éclater en sanglots Devant lui… Mais non ! Ce n’étaient pas des détails qu’il voyait. C’était un univers entier, un univers plus extraordinaire que celui qu’il ;avait rêvé, un univers rose et bleu, vert et doré, avec des tons qui n’avaient pas de nom, comme ceux que l’on voit à certaines nacres.
Les grands flamboyants formaient un cadre d’un vert sombre et le chemin était rouge, d’un rouge somptueux. …
Une gamine indigène en robe blanche à pois bleus, roulait en vélo et deux goélettes avaient hissé leurs voiles pour les faire sécher au soleil.


Et plus loin….
Il marcha, trouva un sentier qui aboutissait au bord du lagon, où s'étalait du sable rougeâtre.
Là, il se laissa tomber et, pendant un bon quart d'heure, il oublia son pain et ses sardines.
Peut-être le sentiment qui dominait en lui était-il la honte ?
Non pas de honte de lui-même vis-à-vis de lui ! Mais honte de ce que les autres pensaient !
Cet homme, tout à l'heure, à qui on avait appris à s'habiller à l'européenne et qui s'était battu en France avait bien compris qu'il ne pouvait pas payer deux cents francs de loyer par mois ! Il le prenait donc pour un touriste de bananes !


Du grand, du tendre Simenon comme je l'aime.
Les amoureux et passionnés de Tahiti se doivent de lire un jour ce livre.

Un beau livre, c’est comme une belle nuit d’amour.
Pressé de la vivre, et si nostalgique lorsqu’elle se termine toujours trop vite.

Si vous aimez la Polynésie, glissez ce livre dans votre bibliothèque.
Nana

9 commentaires:

Flo a dit…

Pour l'instant mes recherches ne donnent rien ;-)

mais j'ai trouvé un autre titre

http://www.tahitipresse.pf/2009/02/rouge-paradis/

arlette a dit…

j'ai bien aimé la petite coupure de presse.
Je peux dire qu'en 2009, les blancs ont réussi à influencer les autres dans la politique.
Le travail se fait tout seul par ceux qui en ont envie et qui sont persuadés que c'est utile.
L'amour, surtout avec internet, devient encore plus facile, c'est choisir son ame soeur sur un catalogue.
Eh oui ! comme le temps a changé !

Sylvie-Anne a dit…

J'avais repéré ce livre de Irène Bertaud : Rouge paradis, paru cette année. Je le mets dans ma liste d'achats. Merci Flo.

Flo a dit…

la liste d'achat pour Noël ?

Damien a dit…

C'est vrai que c'est un excellent livre, que j'ai découvert et dévoré lorsque j'étais à Mangareva. Merci de faire partager ton avis, et j'adore la coupure de presse!

Pierre Carabasse a dit…

Bonjour Sylvie-Anne, bonjour Damien,
Je rappelle que cette coupure de presse date de 1935 et n'engage qu'un certain Georges Simenon.
Sylvie-Anne, à ta question "Qui pense à quoi en 2009 ?", je répondrai que les maohi sont toujours "maohi", les français sont toujours "français" et les chinois sont en partie "maohi", en partie "français" et en partie "chinois".
En clair, c'est peut-être pas mieux qu'avant, mais ce n'est pas pire... Personnellement, je dirai que c'est nettement mieux qu'il y a un siècle !
Et l'île que je préfére c'est Tahiti pour des tas de raisons.

Sylvie-Anne a dit…

On en discutera à la prochaine roulotte l'ami, autour de notre bolée de cidre habituelle.
Moi je les aime toutes et chacune différemment sans oublier toutefois mes îles d'Iroise du Finistère qui resteront hors classement !
Breizh à toi.

Anonyme a dit…

de chantal kerdiles tu dois lire "chien d'atolls", de chantal spitz "l'île des reves ecrasés", mais pour des nouvelles d'un temps dejà révolu lire absolument alex duprel "le paradis en folie", "tahiti blue", et le dernier écrit en 1918 "tuimata" de Bjarne Kroepelien,
paeaitinui

Sylvie-Anne a dit…

Pour Chiens d'atoll c'est fait et Paradis en folie aussi. Merci pour les autres titres.