C’est en 1518 que Charles Le Quint autorise la traite et l’esclavage. Saint Malo participe au "commerce triangulaire" comme certains autres ports français.Il consiste à vendre à ou à troquer des produits européens manufacturés de faible qualité (armes, bijoux, tissus alcools) contre des esclaves noirs, à déporter ces captifs vers des colonies américaines en échange de produits exotiques (coton, sucre, café)
En 1688, première expédition négrière de Saint Malo "le Pont d’Or" En Entre la fin du 17e et du 19e, le port occupe le 5eme rang du trafic négrier avec 250 expéditions et 80.000 captifs, loin derrière Nantes, Bordeaux, Le Havre et La Rochelle.
Les conditions inhumaines d’enfermement sont les mêmes dans les navires malouins que partout ailleurs, même si certains documents montrent une mortalité plus faible que la moyenne (8% contre 14%).
Relativement désintéressés au début, les armateurs multiplient les expéditions au milieu du 18e siècle avec une moyenne annuelle de 4 voyages.
En 1751 Saint Malo atteint le 2eme rang français avec 10 voyages. De grandes familles malouines participent au commerce négrier : Meslé de Granclos, Magon, Beaugeard, Surcouf, Chateaubriand (père).
Il n’existe pas de problèmes de conscience, les questions sont plutôt d’ordre économique. Toutefois le "bois d’ébène" ne rapportant pas suffisamment, l'attention se porte sur d’autres activités économiques, aux débouchés plus sûrs.
La traite des noirs est déclarée illégale en 1815, mais quelques armements subsistent.
Prix d'un "nègre pièce d'Inde" au Bénin vers la fin du XVIIIème siècle :
1 pièce de mouchoir de Cholet, 1pièce de soie de Nîmes, 1 pièce de cotonnade de Rouen, 1 pièce de perse des Indes, 80 livres de tabac à chiquer, 1 fusil réformé, 1 bassin de cuivre, 1baril de poudre, 1 baril d'eau de vie, 1barre de fer, 1 collier de corail
(H. Deschamps, Histoire de la traite des noirs)
La condition juridique des esclaves : le Code Noir
On appelle "Code Noir" un ensemble de 60 articles publié à Versailles en mars 1685. Il est l'œuvre de Colbert et est le reflet de ses préoccupations commerciales. Colbert veut faire de la France un état fort et prospère et veut donner pour cela un essor considérable au commerce triangulaire et aux plantations sucrières antillaises. Juridiquement l'esclave n'est pas une personne mais un "meuble". Le maître peut considérer son esclave comme un objet, un accessoire pour le travail agricole et industriel, un des éléments du capital fixe de l'entreprise, un simple instrument de production.Le code gère la vie, la mort, l'achat, la vente, l'affranchissement et la religion des esclaves. Mais les propriétaires ne l'appliquent pas ou très peu estimant que l'État n'a pas à intervenir dans une affaire qu'ils considèrent comme privée. Populations déportées, populations, exploitées, oprimées..... Le monde "dit" moderne en a t'il vraiment fini avec ses cruautés ?
3 commentaires:
Encore et toujours de la culture dans un style accrocheur. A quand le bouquin qui va reprendre tout ces écrits sur votre blog ? On n'est plus à Tahiti mais me voilà quand même en train de vous lire avec intérêt. La Bretagne à redécouvrir grâce à vous. Ce dernier sujet est ardu et malmène la conscience, heureusement qu'on a la chance de vivre aujourd'hui ! à bientôt,
Pierre Chevalier
c est avec beaucoup d interet que je lis vos blogs ,ceux de tahiti et d ici..voila encore un sujet qui ne me laisse pas indifferente..pierre a raison.a quand un bouquin..mimosas22..a bientot
Sylvie-Anne ,bonjour de Tahiti.
Les noirs étaient considérés comme des " meubles "( ce que pensait Colbert )
Au début du siècle dernier en Nouvelle Calédonie, ma grand mère maternelle ne faisait pas encore partie des êtres humains. Pour la mission catholique il n'était pas certain qu'elle ait une âme.A cet époque là un évêque de Nouméa s'y opposait.
Tout cela n'est pas si éloigné.
Merci de ce voyage dans le temps. C'est si beau les veilles pierres. C'est tant chargé d'Histoire.
Christian P Y P
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