Le 23 décembre 1787, un navire de Sa Majesté, le Bounty appareille du port de Spithead, en Angleterre. Sa mission : récupérer à Tahiti des plants d'arbres à pain pour nourrir – à peu de frais – les esclaves de la Jamaïque.
A la barre, le commandant William Bligh. Excellent marin, mais tyrannique, il est à l'origine d'une des plus célèbres mutineries navales. Après un voyage harassant, de l'Atlantique au Pacifique en passant par l'Océan Indien, le Bounty mouille dans la baie de Matavai, à Tahiti, en octobre 1788.
A l'est, la pointe Vénus bordée par une longue plage de sable noir volcanique, à l'ouest, les falaises taillées au silex du col du Tahara'a.
James Morrisson, second maître à bord, écrit : «De nombreuses montagnes surgissant de la mer s'élèvent progressivement jusqu'à former un massif montagneux au centre de l'île. Ces montagnes sont divisées par d'innombrables vallées très verdoyantes (...) et laissent apercevoir d'innombrables cascades d'un aspect charmant.»
James Morrisson, second maître à bord, écrit : «De nombreuses montagnes surgissant de la mer s'élèvent progressivement jusqu'à former un massif montagneux au centre de l'île. Ces montagnes sont divisées par d'innombrables vallées très verdoyantes (...) et laissent apercevoir d'innombrables cascades d'un aspect charmant.»
Avril 1789, le Bounty, bourré de boutures, lève l'ancre et file plein est. La mutinerie, menée par Fletcher Christian, éclate au large des îles Tonga le 28 avril. William Bligh et une vingtaine de fidèles sont débarqués sur une chaloupe.
Un mois après la mutinerie à bord, les mutins s'arrêtent à Tubuai sur le chemin de retour vers Tahiti. L'île se situait alors à la limite des terres connues et Cook l'avait décrite comme n'ayant pas de mouillage convenable, deux critères qui furent certainement déterminants dans leur choix.
De leur première rencontre avec les insulaires, le 29 mai 1789, le premier contact se transforme en massacre, 12 insulaires sont tués dans ce qui est appelé aujourd'hui "la baie sanglante", face à la passe, au nord-ouest de l'île.
Fletcher décide de revenir s'y installer, après avoir fait provision de cochons, chèvres, poulets à Tahiti. " L'île produit des uru (arbre à pain), des noix de coco, des ignames, taro, bananes et, en général, tout ce qui est commun aux îles de la Société ; le récif abonde en poissons et en grosses tortues. Le mûrier à papier atteint ici une plus grande taille, bien qu'il ne soit pas cultivé.... L'île est arrosée d'innombrables petits ruisseaux descendant des collines, et qui, étant endigués pour la culture du taro, offrent un abri aux très nombreux canards sauvages. On y trouve aussi des anguilles, des chevrettes et un petit poisson de l'espèce des gobies. L'île est très fortement peuplée et peut avoir 3 000 âmes ; leur couleur est semblable à celle des indigènes des îles de la Société mais ils sont plus robustes et leur aspect est plus sauvage, ce qui est accentué par le turmeric (rea, curcuma) et l'huile qu'ils utilisent pour colorer leurs tissus, ce qui leur donne un aspect jaune déplaisant. Les hommes portent les cheveux et la barbe de différentes façons, selon leur fantaisie."
Après un voyage de ravitaillement à Tahiti, Le Bounty est donc de retour le 23 juin 1789 à Tubuai. L'équipage débarque une partie du bétail sur l'île et le reste sur les motu. Le bétail détruira les cultures. Suite à l'échange de quelques plumes d'oiseaux rouges, les marins anglais acquirent une parcelle de terrain située sur les terres du roi Taroatoa et s'y installent.
Après un voyage de ravitaillement à Tahiti, Le Bounty est donc de retour le 23 juin 1789 à Tubuai. L'équipage débarque une partie du bétail sur l'île et le reste sur les motu. Le bétail détruira les cultures. Suite à l'échange de quelques plumes d'oiseaux rouges, les marins anglais acquirent une parcelle de terrain située sur les terres du roi Taroatoa et s'y installent.
Mais se sentant menacés par leurs premiers amis, ils construisent un fort qu'ils baptisèrent Fort George, du nom du roi d'Angleterre de l'époque.
Les relations avec les habitants de Tubuai se dégradent rapidement, au point de conduire à une bataille rangée, durant laquelle 68 insulaires furent tués. Hélas, ces troubles et la mésentente entre les mutins, amenèrent Fletcher à proposer un référendum afin de statuer sur le maintien de leur colonie. Une majorité des hommes choisit de retourner à Tahiti, en laissant le fort quasi achevé. Le 17 septembre les mutins quittèrent Tubuai pour Tahiti, et de là, pour leur destination finale, Pitcairn.
Fletcher comet des erreurs qui provoquent une véritable guerre contre une partie de la population. Quand la Bounty quitte définitivement Tubuai, le 14 septembre 1789, l'île est en partie dévastée et la guerre a fait de nombreuses victimes.
A la pension, il y a un boulet de canon du Bounty. J’essaie de le soulever.
3 films ont retracé la mutinerie du Bounty. Un seul a marqué la Polynésie, celui de Lewis Milestone. en 1962. Les équipes de la MGM ont envahi la pointe Vénus pendant des semaines. Et puis, Marlon Brando a formé un couple mythique avec une tahitienne, Tarita Teriipaia, la grand-mère de Tuki, le beau gosse de Versace.
Enfin, Marlon, s'est offert l'atoll de Tetiaroa en 1966.
3 commentaires:
Merci pour tous ces détails historiques Sylvie Anne. On s'y croirait ! C'est bien raconté.
Tu penses au livre du blog ? Bises.
Sylvie-Anne
J'ai participé , en tout petit, au tournage à la pointe de Vénus en apportant une assistance technique: location de groupe électrogène et prêt de personnel. Il y a eu aussi un bout de tournage du film à la pointe de Matira à Bora Bora. C'est à cette époque là que j'ai connu Marlon Brando qui logeait à Punaauia , en bord de mer à Papehue, Pk:18_.
Plus tard étant son électricien, j'ai entretenu pendant des années du matériel à Tetiaroa jusqu'à la fermeture de l'hôtel. Marlon Brando était un homme très respectueux de la nature, c'était visséral et en plus fidèle dans ses amitiés. C'était un homme très simple.
A l'époque il était svelte.
Petit détail du tournage à la pointe de Vénus:
Avec des historiens ils avaient évalué le nombre de pirogues qui entouraient le voilier, le Bounty, dans la baie de Matavai.(pointe de Vénus). Pendant une semaine ils avaient recherché des pirogues sur tout Tahiti, presque île comprise, pour faire de la figuration. Malheureusement il n'y avait pas assez de pirogues. Ils durent fabriquer des piroges en contre-plaqué pour compléter la figuration. C'est celles qui étaient le plus éloignées des caméras. A l'époque toutes les pirogues étaient creusées dans un tronc d'arbre, personne n'avait eu l'idée de les faire en contre-plaqué. Les pirogues en contre-plaqué sont arrivées plus tard.
Il y a plein d'anecdotes à raconter sur ce tournage. Le passage de la MGM avait laissé des traces.
Christian P Y P
Merci beaucoup Christian pour ton excellente mémoire et tes témoignages précis qui viennent donner un caractère authentique à mes écrits. Vraiment merci.
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