Lyta m’a emmenée sur la tombe de Bobby Holcomb. C’est à la sortie de Maeva dans une propriété privée.
Selon son souhait, il n’y a aucune pancarte, ni stèle sur la tombe, juste des plantes vertes autour de la terre. Récemment, son ancienne compagne, a placé une tête de tiki. Ce tiki, dont la face est tournée vers le montagne sacrée mou’a tapu, est très expressif.
Aucun touriste ne s’arrête à cet endroit.
Bobby était très aimé des habitants de Maeva et de tout Huahine.
Je suis allée voir une exposition de ses oeuvres au musée de Tahiti et des îles en février 2011
Pour ceux qui ne veulent pas aller voir les liens voici un résumé de sa biographie.(source Wikipédia)
Bobby Holcomb est né en 1947 à Honolulu à Hawaii dans l'île de Oahu, d'un père noir originaire de Géorgie et d'une hawaiienne mi-portugaise.
Il est décédé le 15 février 1991 à Huahine, à l’âge de 44 ans.
Il passe une bonne partie de son enfance à faire des claquettes dans les décombres de Pearl Harbor. À l'âge de 11 ans, il rentre à la School of music and danse de Los Angeles près du ghetto noir de Watts.
Personnalité hors du commun de la musique et de la peinture durant les années 1970 et 1980. Doué pour la danse, la peinture, le chant et la composition musicale, l'artiste s'exprime dans un premier temps, avec une force égale dans chacun de ces domaines. Il évolue aux États-Unis auprès de Frank Zappa, en Europe auprès de Salvador Dali et participe aux groupes pop français tels que Zig Zag Community et Johane of Arch qu'il a créé .
Bobby arrive à Tahiti en 1976 et décide rapidement de s'installer dans le village de Maeva à Huahine.
Il s'investira dans la renaissance et l'éveil culturel du peuple Maohi, au sein du "pupu Arioi " groupe de troubadours, intellectuels polynésiens inspiré par le mouvement de 68. Ce mouvement de renaissance culturel sera composé de personnalités telles que Henri Hiro, John Mairai, ou Coco Hotahota. Chacun dans son domaine culturel, s'investira pour redonner la fierté d'être Maohi. Ce mouvement identitaire auquel participe Bobby, est une révolution culturelle, car elle dénonce la colonisation française, les essais nucléaires, l'évangélisation, pour valoriser l'identité Ma'ohi sa langue, son savoir faire. entre autres.
Bobby a reprit une vieille chanson de Joséphine Baker, l'adaptant pour la tourner en "J'ai deux amours" en "mon pays c'est la Polynésie".
C'est en 1985 qu'il perça auprès du grand public et son succès fut très grand. Certains ministres tenteront de le faire expulser de la Polynésie, mais n'obtiendront pas la majorité au sein du conseil de ministre, pour exécuter l'expulsion. Bobby Holcomb restera jusqu'à sa mort un citoyen américain. Il refusera la citoyenneté française en signe de protestation contre les essais nucléaires, ainsi que le colonialisme français en Polynésie.
Son succès musical est lié au fait qu'il a su mixer la musique Reggae aux mélodies tahitiennes, en s'exprimant dans la langue Ma'ohi. Mais surtout qu'il a su faire passer des messages relatifs à l'environnement, l'amour du prochain, le savoir-être ma'ohi, le respect de dieux originaires. Son expression graphique lui permettra d'atteindre une notoriété particulière et incontestable, peu avant sa disparition en 1991, des suites d'un cancer des lymphes.
Il représente toujours un mythe pour de nombreux polynésiens.





