19 avril 2012

Le Tifaifai ou patchwork polynésien

Les éditions "Au vent des îles", viennent de publier un ouvrage dédié au patchwork polynésien : LE TIFAIFAI.
Histoire, techniques, organisation sociale de ceux qui le produisent, tout ce qu’il faut savoir sur le tifaifai est dans ce livre.
Dans cet imposant ouvrage de 272 pages, une large place est consacrée à 28 portraits d’artisanes. Des "tifaifaiseuses" comme les appelle les auteurs. Michèle de Chazeaux et Marie-Noëlle Frémy. Ces femmes, ont accepté de se raconter, ont confié leurs souvenirs, leurs échecs, leurs déceptions comme leurs bonheurs, leurs fiertés.
Le tifaifai, est composé soit de tissus géométriques, soit d'appliques essentiellement de fleurs, de fruits ou de feuilles.
Objets trésors, trésors cachés, sujets de passion, de désirs, de jalousies, mais aussi travaux opiniâtres, exposés, copiés, vendus, le tifaifai n'est pas seulement une couverture légère faite de deux épaisseurs de tissu de coton cousues à la main ou à la machine, mais une partie indissociable de l'art, du décor et de la vie polynésienne.
Le tifaifai d'aujourd'hui est un art métis, syncrétique, apporté par les femmes de missionnaires et apprivoisé par les Polynésiennes. Son introduction date d'environ 200 ans. Il est la version polynésienne d'un ouvrage nommé patchwork dans le monde.
Les tifaifai différent par leur partie supérieure. Pour le modèle "mosaïque", tifaifai pu en Polynésie ou encore 'iripiti, à Rurutu, elle est constituée de nombreux petits morceaux de tissu de couleurs différentes, coupés de manière géométrique, soigneusement et artistiquement cousus ensemble. Pour "l'appliqué" ou "l'applique", tifaifai pa'oti ou tifaifai tapiri, le ou les dessins généralement figuratifs, représentant surtout la flore, sont coupés dans un morceau de tissu d'une ou de plusieurs couleurs et cousus sur le drap uni d'une autre couleur.
Cet ouvrage sur le tifaifai est le premier qui aborde ce sujet de façon aussi approfondie et s'y consacre entièrement. Le tifaifai, fait partie du cœur de la culture polynésienne.


Pour un tifaifai entièrement fait main, les prix peuvent dépasser les 80.000 CFP, mais qund on connait le nombre d'heures, qui ont été nécessaires pour la réalisation de ce bel ouvrage, le prix ne signifie plus rien.
Les auteurs : Michèle de Chazeaux :
Professeur de lettres, productrice et animatrice d’émission de radio et de télévision pour Polynésie 1ère. Elle a interviewé pendant des années, pour la radio, les femmes et les hommes qui ont fait ce pays, explorant ainsi la mémoire collective de la Polynésie française. Ses relations avec le monde de l’artisanat polynésien ont permis cette étude du tifaifai et de ceux qui le produisent. Elle est à l’origine de la plupart des portraits d’artisans.
Marie-Noëlle Frémy : Historienne spécialiste d’histoire contemporaine, a associé enquête livresque et enquête de terrain auprès des institutions, des artisans et des passionnés du tifaifai. Elle a écrit une grande partie des textes.

C'est un livre unique à avoir en bibliothèque absoluement.

10 commentaires:

Stéphane L. (29) a dit…

Très heureux d'apprendre que Michèle de Chazeaux est toujours à la manœuvre !
Je l'ai connue dans une émission à la télévision qui s'appelait "Tahi Rua Toru", qu'elle animait il y a bien longtemps.
Malgré les années, je la reconnais bien sur la photo.
Bravo Madame !

Pierre a dit…

Il me semble reconnaître en Michèle de Chazeaux une prof de Français du lycée P. Gauguin des années 70. Serait-ce possible ?
En tout cas, bravo pour l'ouvrage.
Pierre Chevalier

Christian a dit…

Sylvie-Anne
Michèle de Chazeaux est une femme merveilleuse, je la connais depuis toujours, j'étais jeune quand elle est venue à Tahiti (elle aussi). Je vais te la faire rencontrer , cette femme est un enchantement , c'est du miel. En plus elle fait tout avec son coeur. Elle adorerait ton blog.
Christian P Y P

Anonyme a dit…

Christian , toujours aussi bien veillant...Susie.

Christian a dit…

Susie
Michèle de Chaseaux a vécu avec Marc Danois à partir des années 1960 et qui Marc a été mon voisin (et grand ami) immédiat à Auae, Faa'a, juste après la guerre 39/45 Marc Danois qui avait des racines aux Antilles était venu de France avec le bataillon du Pacifique (guerre où il avait perdu une jambe). Marc s'était entièrement impliqué dans la vie polynésienne au niveau de la radio locale et en suite propriétaire du Valrosa et du Maylis, deux voiliers, pour faire du tourisme. Michèle de Chaseaux en plus d'être prof s'est de son côté aussi très engagée dans la vie de la société polynésienne par l'intermédiaire de la radio puis de la télé , comme dans le Fifo (témoignages vidéo et films sur la vie des indigènes du Pacifique). Elle a passé aussi des années à recueillir et enregistrer le témoignage du Tahiti d'autre fois au près des anciens de notre pays.
Christian P Y P

laurence a dit…

Tres bel article, merci Sylviane.Il est important de mettre en valeur ces personnes exceptionnelles, qui font que la vie Polynesienne est si riche,
Laurence& Mathieu

MARTINE (de Paris) a dit…

Ia ora na,
Comment prononce-t-on : tifaifai ou "tifayifayi"?
Merci Christian...ou autre!
MARTINE

Sylvie-Anne a dit…

Martine, Je me lance sans aucune garantie.
Je dirais "tifeillefé" avec le son "eille" de "vieille". Mais je suis convaincue que Christian va me corriger très vite, aussi je m'en remets à sa sagacité.

Sylvie-Anne a dit…

Pierre. Oui Michèle de Chazeaux a été prof au lycée Gauguin. Bravo pour ta mémoire et heureuse de t'avoir rappelé quelques bons souvenirs.

Anonyme a dit…

Merci Sylvie-Anne pour les commentaires sur le livre de Michèle de Chazeaux. Je n'aime pas acheter sans voir, mais là, je me lance. Ce sera un petit bout de polynésie dans mon petit coin de métropole qui me donnera peut-être des idées pour mon prochain tifaifai.
Amitiés. Evelyne du Tarn et Garonne