6 octobre 2009

Un dimanche d’octobre en presqu’île de Tahiti iti

Il fait grand soleil ce dimanche matin.
Cela fait longtemps que je ne suis pas descendue à Taravao et à Teahupoo, en presqu'île.

Deux amis polynésiens m’accompagnent, Eric et Sydney. il fait chaud. Le maramu nous épargne la pluie.
Nous faisons un premier arrêt à la source de la rivière Vaima.
(Vaima, est le nom d'une résurgence dans le basalte qui forme une rivière ; c'est en partie le nom d'une eau en bouteille prélevée à la source de Paepari, reconnaissable par son étiquette façon Gauguin).

La végétation est luxuriante et sauvage. C’est vert, c’est nature, c’est calme ! Les amis plongent dans l'eau claire.
Un jeune enfant pêche l’anguille et avec succès !

Il éclate de joie. Un plus grand l'aide à sortir l'animal qui se débat avec vigueur.

Il la remet à l’eau, le jeune pêcheur proteste, puis reprend sa pêche, fier de cette première touche avec sa frêle canne de bambou encore vert.
Quel bel endroit baigné de calme et de sérénité.

A Taravao, nous déjeunons chez Myriam.

Les tane mangent de bon appétit, le ma’a tahiti,

accompagné de poisson fermenté à l’eau de mer. Un truc avec une odeur pestilentielle ! le tout trempé dans du lait de coco fermenté ! le fafaru .
Ils aiment, adorent, se régalent. Je tente mais non et non j’y renonce vraiment !
C’est encore plus repoussant que le lait riboté et caillé, que ma grand-mère mettait dans les galettes ! Mais là c'est une très forte odeur d'ammoniaque qui se dégage. Les jeunes tahitiens ne mangent pas ce poisson à l'eau fermentée.

Je me contente de mes chevrettes à l’ananas avec un parfait gratin de uru.
Je termine avec mon désert favori «bananes flambées au lait de coco» que nous partageons.
Les irish coffee vont clôturer ce déjeuner entre amis de très belle manière.
Je n’ai jamais bu d’aussi bons Irish Coffee qu’à Tahiti !

Sydney me fait répéter mes cours de tahitien. Je n'aspire pas assez les h et ne roule pas bien les r. Ils reconnaissent que j'ai acquis pas mal de vocabulaire, mais il faut faire attention aux homonymies, le distinguo ne se fait que par la phonétique.

Eric nous conduit chez Poema, (perle noire), sa petite sœur faamu, qui habite un joli fare au bord de la baie de Phaeton.

Les jeux de lumière et d’ombre sont prodigieux.

Je me régale avec mon Olympus, vissé au poignet.

Poema m'offre un joli coco sculpté , fait par un de ses élèves.

Elle est professeur au centre des métiers d'art à Papeete.

Puis nous filons en bout de presqu’île à Teahupoo, là ou la route s’arrête.
Le soleil décline sous nos yeux, pour se noyer dans l’océan mordoré.

Magnifique ce coucher de soleil que nous partageons en silence, éblouis, jamais blasés de ces couleurs du soir.Quand le soleil rencontre l’océan, le silence est de mise pour ne pas ternir la vision.
Les images pénètrent, s’incrustent en nous, dans notre souvenir et nous rendent différents.
Puissance de l’astre solaire, qui laisse sa place à la lune avec sa cour d’étoiles.
Un parfait moment de bonheur.

Nous rentrons à Papeete.
C’était un très beau dimanche d’octobre, où j’ai compris que le bonheur simple existe, aussi simple et beau qu'un coco sculpté.
Maurruru mes amis, mauruuru Tahiti.

6 commentaires:

Alexandre de Biarritz a dit…

Une balade fantastique dans un paradis originel emplit de calme, de douceur, de sérénité et de beauté où les âmes se perdent pour accéder à un bonheur spirituel.

Que demande le peuple...

Sylvie-Anne a dit…

Rien de fantastique Alexandre, il suffit de savoir regarder et d'apprécier en savourant.
C'est vrai que le mot stress devient indécent dans cette belle nature sauvagement belle.
J'aime Tahiti, passionnément, à la folie.

christian Penilla y Perella a dit…

Le Fafaru c'est comme les fromages .Il y a ceux qui sont paisibles , ceux qui se sauvent en sautillant devant le couteau et ceux qui tuent les mouches . C'est une question de goût . Moi je préfère les paisibles .
Le jus de chevrettes ou le jus d'une sorte de bernard l'hermite sert de fermentation , c'est le jus de base . ( amilase , distase , pepsine , lipase , celà vous dit rien ? En réalité c'est les enzimes digestives qui font la transformation . C'est du pré-digéré . C'est pour cela que des médecins popaa le conseillent comme fortifiant .

christian Penilla y Perella a dit…

On fait du fafaru avec du poisson , des chevrettes , des langoustes . Si certaints fafaru ont une odeur trés désagréable c'est qu'une des règles de préparation n'est pas respectée .Tout doit être préparé à l'eau de mer , même les chevrettes d'eau douce pour éviter une putréfaction . Cette règle est souvent oubliée à notre époque .
J'ai des copains qui faisaient leurs études en France au début des années soixante et qui ont fait du fafaru en Bretagne . Le jus de base était des coquillages broyés avec la bête .

Anonyme a dit…

iaorana sylvie-anne je me presente helene je suis une tahitienne d'origine de tautira fenua-aihere j'ai vu tes photos sur ton blog merci j'ai vu ma famille de fenua-aihere je suis très emue Merci encore,je te souhaite une bonne continuation et profite bien de ta vie de tahiti (taipouete) nana

Le concombre masqué a dit…

à S-Anne... concernant le commentaire d'Alexandre de Biarritz : Il n'y a donc que toi , qui ai le droit de dire de belles choses sur ce pays ? Tu as la science infuse (de wikipédia) et si les lecteurs verifiaient un peu tes sources ou tout simplement s'instruisaient un peu personnellement, ils découvriraient le vrai but de tes proses... profiter de l'hospitalité des riches Popaa (pour leurs belles villas avec piscine), et Tahitiens (pour leur générosité)...