6 janvier 2010

Rano Raraku, la carrière des moai de l'île de Pâques

Les 900 (environ) moai recensés sur l’île, proviennent quasiment tous des pentes du volcan le Rano Raraku.


Ce site mythique et exceptionnel fait partie du parc et un droit d’entrée (très symbolique) est demandé.

C’est sur cette montagne, que le peuple des courtes oreilles (esclaves) a travaillé pendant plus de 5 siècles pour sculpter les moai des ancêtres disparus des longues oreilles (les nobles)
Ils se servaient de gros burins en basalte (toki).
Les moai de cette carrière sont terminés mais la plus grande partie du corps est enterrée.

Plus de 397 moai sont recensés sur ce site.

On distingue nettement les moai en cours de taille dans la montagne.

Une fois terminés, ils étaient transportés sur leur ahu sur des kilomètres, et peints en rouge.
Ils recevaient alors leurs chignons et leur yeux en corail blanc, avec la pupille en obsidienne, pierre noire brillante de volcan.
Certaines statues de chefs portent des inscriptions. Il y a aussi quelques moai femmes et des moai enfants.
L’interruption brutale de cette culture Moai, pose encore beaucoup de questions de nos jours.

Un sentiment étrange de compassion envers ces géants enterrés, qui n’ont pas eu le temps d’être transportés, m’envahit.
Pauvres moai, qui n’ont pas reçu les honneurs de l'installation sur leur ahu.
Même sans leurs yeux, ils sont criants de réalisme et de modernité.
Cette montagne fut leur berceau mais aussi leur cimetière.

Nous gardons le silence et sommes abasourdis par le réalisme de ces têtes de pierre qui surgissent de la montagne.
Je ressens une certaine sympathie envers ces moai immobiles et tristes, comme une indéfinissable tendresse.

Les archéologues ont fait le choix de les laisser enterrés pour éviter l’érosion du vent marin et des lichens. Ils ont eu raison.

Nous visiterons aussi le site Te Puna Pau, lieu d’extraction des grands chignons, les pukao. Lesquels chignons pesaient entre 9 et 12 tonnes !

Ce culte des cheveux longs a perduré. J’ai vu des pascuans avec des cheveux très très longs (au bas du dos).
L’histoire de l’humanité est inscrite dans la pierre, mais dans cette île perdue du Pacifique, les pierres ont des visages . C'est beau, grandiose, envoûtant, inoubliable.

Un paquebot de croisière (des canadiens) est arrivé dimanche matin, il est ancré au large.

Tous les véhicules, taxis de l'île ont été réquisitionnés pour transporter les 400 passagers sur les sites. Visite express, car le soir même le bateau est reparti. Disparu, comme envolé......

A suivre.

4 commentaires:

sabeth a dit…

quelle idee d aller sur l ile de paques pour une journee! il y a tellememt de choses a voir. je n irai surememt jamais la bas, mais grace a ton recit et les photos, j ai l impression d y etre!
bisous
sabeth

Sylvie-Anne a dit…

Merci sabeth de me donner ta nouvelle adresse mail par courriel, ma chère soeur. Bonne année en Suisse. Bises.

anouk a dit…

J'ai vu ce bateau de croisière aussi. Desespérée qu'ils nous envahissent le matin et abasourdie qu'ils repartent dès le soir..

Quelle frustration pour eux.

Toujours aussi envoutant. Merci de me refaire vivre ce périple

Sylvie-Anne a dit…

Bien d'accord avec toi,Anouk, mais c'est difficile d'expliquer aux marchands de rêves (les voyagistes) que l'île de Pâques mérite qu'on s'y attarde vraiment.
La vie est une longue croisière,au cours de laquelle, il est important de choisir ses escales.